Deux groupes de jeunes, bahá’ís et autochtones canadiens, se lient d’amitié grâce au football

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Kingcome Inlet, Colombie Britannique, publié le 15 février 2007 – Bilan d’une année 2006, où la fièvre de la Coupe du monde et un tournoi de football, animé par l’amitié, la solidarité communautaire et la rencontre des cultures a galvanisé les communautés bahá’íes et celles des Premières Nations, sur la côte Ouest du Canada.

DAE_photo_7793-0.jpg L’équipe de football « Twin Arrows », formée de jeunes bahá’ís de Victoria, de Nanaimo et de Vancouver en Colombie-Britannique, vient de conclure sa cinquième saison dans une ligue de football dont toutes les autres équipes sont composées uniquement de joueurs autochtones.

Établie en 1958, cette ligue se compose d’équipes représentant les diverses communautés tribales de la région du détroit de Queen Charlotte, sur l’extrémité Nord de l’île de Vancouver et le continent.

En 2001, Sonny Voyageur membre de la communauté Musgamagw de Kingcome Inlet et bahá’í, a eu l’idée d’établir une équipe de football bahá’íe. « Le football est une institution dans plusieurs des communautés indigènes, » explique M. Voyageur, notant que pendant les premières années du siècle dernier, le football était la seule manière dont disposaient les tribus pour pouvoir légalement se rassembler en vertu des lois – maintenant abrogées – qui cherchaient à interdire les cérémonies et les activités traditionnelles.

Invités à se joindre au tournoi en 2002, les bahá’ís se sont bien intégrés dans une organisation qui accorde autant d’importance à l’esprit communautaire qu’au football, sport de grande énergie.

« Le but de notre participation est vraiment de construire des ponts entre nos deux communautés », raconte Sébastien Titone, bahá’í originaire de France et habitant maintenant à Nanaimo. Il est âgé de 25 ans et il est le capitaine et entraîneur de l’équipe des Twin Arrows. « Au Canada, vous trouvez généralement les communautés indigènes d’un côté et les communautés européennes/caucasiennes de l’autre. Mais, en tant que bahá’ís, nous considérons que nous faisons tous partie d’un seul peuple. Aussi, nous essayons de participer aux événements culturels et de faire des échanges d’amitié. Et le football représente vraiment une grande partie de la vie des Première nations. Y jouer est donc une façon de s’engager dans la construction de ponts entre communautés » dit- il.

Août 2006 a vu la conclusion d’une série de matches aller-retour entre les bahá’ís et les joueurs de la Première Nation des Musgamagws. Le tournoi, surnommé la Coupe Musgamagw, est né à l’initiative des bahá’ís qui ont voulu honorer de cette façon les liens d’amitié qui se sont formés au cours des années entre eux et plusieurs des familles musgamagws de Kingcome Inlet et de l’île Gilford, située en face de l’île de Vancouver.

Les deux équipes priant ensemble avant le début du match
Les deux équipes priant ensemble avant le début du match
Le match a commencé de la même manière que les matchs précécents. Les joueurs des deux équipes se sont regroupés pour prier. Les bahá’ís ont récité une prière révélée par Bahá’u’lláh sur le thème de la guérison.

« C’était vraiment chouette de voir les membres des deux équipes se tenir les uns contre les autres, en cercle au milieu du terrain, et prier ensemble avant de commencer à jouer », raconte Mme Evelyn Voyageur, une Musgamagw de Kingcome Inlet. « Dans le passé, nous observions un moment de silence pour une personne ou une autre, mais nous n’avions jamais fait rien de pareil. Je pense que cela montre que nous sommes très à l’aise avec la présence des bahá’ís dans notre communauté. Ils ont vraiment été bien acceptés. »

Après leur victoire inattendue avec un score de 7 à 0, les bahá’ís ont été invités à participer à une fête avec les familles musgamagws, puis à une cérémonie dans « la grande maison » où ils ont été invités à prendre la parole pendant vingt minutes, un privilège rarement accordé à des visiteurs.

Un joueur de l'équipe « Twin Arrows » recevant la coupe
Un joueur de l’équipe « Twin Arrows » recevant la coupe
En avril 2006, pour la première fois, ce sont les joueurs musgamagws et environ 80 amis et membres de leurs familles qui se sont déplacés à l’École internationale Maxwell, une école d’inspiration bahá’íe située à Shawnigan Lake. L’équipe visiteur avait créé des T-Shirts spécialement pour cette occasion, sur lesquels étaient inscrits « Musgamagw-Bahá’í 2006 ». Les visiteurs ont gagné ce match 4 à 0. Cependant, la coupe est revenu aux bahá’ís du fait de la différence de buts.

A la fin du tournoi, les bahá’ís ont reçu leurs invités à dîner. Après le repas le « Maxwell Dance Workshop », dont un des danseurs vient de Kingcome Inlet, a donné un spectacle qui a été accueilli par les applaudissements enthousiastes des visiteurs et de leur famille.

Des relations entre les bahá’ís et les communautés des Premières Nations avaient été établies avant l’établissement de l’équipe de football. À la fin des années 1990, des bahá’ís de Vancouver avaient déjà pris l’habitude de monter vers le nord pour offrir leur aide lors des potlatchs de la Première Nation Namgis à Alert Bay, pas très loin de Kingcome Inlet.

La ligue qui fêtera son 50e anniversaire en 2008 a accepté d’inviter les bahá’ís à les rejoindre grâce à la bonne relation qui existe entre la communauté musgamagw et les bahá’ís. Avant aucun autre groupe non autochtone n’avait été invité et cela ne s’est pas répété depuis.

Un autre événement marquant s’est produit cette année 2006 lorsqu’un groupe de femmes bahá’íes a aussi eu la chance de jouer dans la ligue. En effet, la ligue a invité sept femmes bahá’íes à se joindre à une dizaine de femmes indigènes d’Alert Bay et de Kingcome Inlet. Leur équipe joue maintenant régulièrement dans les tournois.

« Twin Arrows », le nom de l’équipe masculine, est une réfèrence au Báb et à Bahá’u’lláh qui étaient respectivement les fondateurs de la foi bábie et de la foi bahá’íe. On parle souvent d’eux comme des « Manifestations jumelles de Dieu ». Mais souvent, dans un esprit de camaraderie, les autres équipes appellent les « Twin Arrows » tout simplement « les bahá’ís ».

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