Élever une nouvelle génération

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Nefas Silk Lafto, Ethiopie, publié le 22 février 2007 – Nefas Silk Lafto est la banlieue ouest de la capitale Addis-Abeba. Elle est non seulement occupée par des ambassades étrangères et des bureaux de développement international mais aussi par des habitants pauvres et sans emploi.

La plupart des résidents, quand ils ont un travail, sont soit ouvriers, soit employés de maison . Le VIH/SIDA est un autre défi, laissant derrière lui beaucoup de familles monoparentales ou sans parents du tout. Nefas Silk Lafto est donc un lieu où il est difficile de vivre.

Un groupe d’enfants répétant une chanson qu’ils présenteront lors d’un concert organisé pour leurs parents
Un groupe d’enfants répétant une chanson qu’ils présenteront lors d’un concert organisé pour leurs parents
Par conséquent, il n’est pas rare de trouver ici, la plupart de jours de la semaine, des enfants travaillant dans les rues, afin d’aider à subvenir au dîner du soir en cirant des chaussures, en vendant des fruits et légumes ou simplement en mendiant.

Le samedi, par contre, la scène est un peu différente. Beaucoup de ces mêmes enfants se retrouvent dans la maison d’une famille bahá’íe pour étudier attentivement, entre autres choses, l’importance de valeurs communes comme l’honnêteté, la véracité et la grandeur d’âme. Un grand nombre de ces enfants qui participent aux activités sont orphelins soit d’un parent, soit ded deux, en raison du sida.

Ces classes ont commencé en mars 2006 et très rapidement en l’espace de quelques mois, elles ont attiré régulièrement de plus en plus enfants, jusqu’à plus de cent par semaine. Les bambins sont répartis en groupes selon leur âge. C’est la communauté bahá’íe de Nefas Silk Lafto qui gère ces cours avec l’aide d’autres bahá’ís volontaires.

Tewodros Sikru est un des sept volontaires de la communauté bahá’íe d’Addis-Abeba qui a choisi d’aider à cette activité. Il explique que les classes se sont vite agrandies car il y avait très peu d’activités structurées pour les enfants dans ces quartiers de banlieue.

Avec l’aide d’enseignants formés comme M. Sikru, qui parle la langue locale, la classe du samedi matin est donc devenue extrêmement populaire. Le nombre d’enfants présents, chaque semaine, se situe maintenant entre 100 et 200.

L’enseignant met les enfants en rang afin qu’ils  puissent répéter une chanson, qui sera présentée lors du concert
L’enseignant met les enfants en rang afin qu’ils puissent répéter une chanson, qui sera présentée lors du concert
Les parents se disent extrêmement satisfaits de cette offre du samedi pour leurs enfants.

« Depuis que mon enfant fait partie de cette classe, je vois des changements positifs dans son comportement » : témoigne Ejigayehy Gemeda, une mère de ce quartier dont l’enfant participe à cette classe hebdomadaire. » Je suis certaine que la vie de mon bébé changera complètement si cette classe se poursuit et s’il acquiert plus d’éducation. »

Simplement appelées classes d’enfants bahá’íes, les activités faites à Nefas Silk Lafto reflètent un des aspect d’une initiative de la Communauté internationale bahá’íe visant à offrir des cours réguliers pour les enfants. Ces classes de proximité, qui sont ouvertes à tous, offrent des formations sur l’éducation morale et les principes spirituels.

Répétition et préparation du concert pour leurs parents
Répétition et préparation du concert pour leurs parents
Selon la Communauté internationale bahá’íe, il y aurait actuellement à travers le monde plus de 10 000 classes bahá’íes de proximité pour les enfants, similaires à celle de Nefas Silk Lafto. Ces cours fonctionnent avec plus de 90 000 participants.

Les écrits bahá’ís insistent sur l’importance de l’éducation des enfants en soulignant tout particulièrement le besoin de formation sur les vertus -valeurs morales- et la spiritualité. Bien qu’adaptées aux conditions et aux besoins locaux, partout dans le monde, les « classes d’enfants bahá’íes » mettent toutes l’accent sur l’éducation morale, visant ainsi à assurer un aspect souvent négligé dans l’éducation laïque.

Groupe d'enfants participant aux activités
Groupe d’enfants participant aux activités
Les classes d’enfants bahá’íes remplissent un vide laissé par l’école, dit Ahadu Abaineh, directeur de l’Institut Sabri pour le développement- Institut qui coordonne les classes d’enfants bahá’íes en Éthiopie-. Elles permettent aux enfants de développer leurs potentiels intérieurs : de pensée, d’imagination, de créativité afin de devenir, une fois qu’ils auront atteint l’âge de maturité, des agents actifs d’un changement positif. »

En Éthiopie, il y a environ 45 classes de proximité d’enfants, similaires à celle de Nefas Silk Lafto. Actuellement, toutes sont offertes par la communauté bahá’íe du pays, en accord avec l’Institut Sabri.

Thèmes universels

M. Abaineh, de l’Institut Sabri pour le développement, dit que les vertus enseignées dans les classes sont universelles et communes à toutes les religions. Celles-ci incluent : la confiance en Dieu, l’unité, la gentillesse, la justice, l’amour, le service à l’humanité, la véracité, la loyauté, la grandeur d’âme, l’humilité, l’honnêteté, l’usage d’un langage courtois, la générosité, la sociabilité et la patience.

« Ces classes sont vivantes grâce à des chansons, des jeux, des activités artistiques, de la mémorisation, des contes et des pièces de théâtre que les enfants, avec l’aide de leurs enseignants, écrivent et jouent », explique encore M. Abaineh.

Les classes se font en petits groupes dans les maisons des familles qui ouvrent leur foyer. « Un élément important de ces « classes d’enfants bahá’íes » est le fait qu’elles sont menées par des enseignants volontaires, explique M. Abaineh. Tous les enseignants de classes d’enfants sont bénévoles et ces classes sont faites avec beaucoup de dévotion et de sens des responsabilités. Cet esprit de service est un aspect qui différencie ces classes des autres, car les enfants apprennent alors qu’il n’y a pas de rémunération pour l’enseignant. »

Cours pour les parents

Après avoir remarqué le développement positif dans le caractère de leurs enfants, certains parents ont demandé à avoir plus d’informations. Suite à cette demande, ils ont donc été invités à des ateliers sur l’éducation.

Un enseignant face aux enfants
Un enseignant face aux enfants
« Leurs questions sont passées de « qu’est ce qu’on faisait avec leurs enfants ? » à « que pourraient-ils faire avec leurs enfants ? » : raconte M. Henne, membre d’une famille baha’ie qui accueille chez lui des classes d’enfants et Directeur national de « Project Concern International », une organisation non-gouvernementale focalisée sur la santé communautaire et le développement durable.

« La plupart des parents ont eu des enfants alors qu’ils étaient eux-mêmes encore des enfants. Ceci veut dire qu’ils n’étaient pas prêts à rencontrer les défis que représente la responsabilité de parents. » ajoute-t-il.

Depuis que les ateliers sur l’éducation ont commencé, des enfants plus âgés montrent, eux aussi, de l’intérêt pour les activités. « Maintenant, le jeudi soir, ils ont un programme artistique dans lequel ils s’impliquent » déclare M. Henne.

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