
Budapest, Hongrie, publié le 23 septembre 2008 - Tous les joueurs de foot étaient des jeunes âgés de 10 à 14 ans, mais récemment durant un match, l’équipe adverse a eu des railleries verbales féroces envers le club de football des Juniors du Black Stars.
« La plupart du temps, quand les enfants jouent au foot, ils jurent beaucoup, explique Nabil Switzer, 15 ans, un joueur d’une autre association qui assiste le coach des Black Stars. C’est tout à fait normal ».
Mais à certains égards, les Black Stars ne sont pas “normaux”. Au lieu de jouer aux plus durs, ils n’ont pas répondu aux provocations au cours de leur dernier match. En conséquence, certains des parents des joueurs de l’équipe adverse ont reproché à leurs enfants d’avoir proféré de telles insultes.

Gabor Farkas, l’entraîneur des Black Stars, âgé de 31 ans, était très satisfait du comportement de ses joueurs, mais c’était exactement le comportement qu’il attendait d’eux. Son objectif, dit-il, est « d’éduquer les enfants à être de bons êtres humains et pas seulement de bons joueurs de foot ».
Le fait qu’il prend cette question au sérieux se reflète dans la double nature de son programme proposé aux jeunes, à savoir la pratique du football deux fois par semaine et un cours dispensé deux fois par mois, le samedi.

Les garçons, qui sont environ une vingtaine, ont donné à leur classe le nom de "Forro Csoki Klub" (Club du chocolat chaud) et là ils parlent de football. Mais ce n’est pas tout.
« Nous évaluons comment l’entraînement s’est passé, explique l’entraîneur au sujet de ce cours du samedi. Nous regardons ce qui peut rendre possible un jeu plus uni et ce qui s’est passé si nous n’avons pas assez porté d’attention les uns envers les autres. Nous parlons aussi de sujets concernant notre comportement, ce que cela signifie d’être bon, ou encore la responsabilité de chacun envers les autres et envers la société… ».

Pour ce projet, M. Farkas reçoit un soutien financier d’une organisation de Hongrie, non lucrative et d’inspiration bahá’íe, qui s’appelle "the Unity in Diversity Foundation", (la Fondation l’Unité dans la diversité).

La directrice de cette Fondation, Madame Furugh Switzer, raconte que les garçons participants à ce programme de foot sont issus de familles défavorisées qui n’ont généralement pas les moyens de payer ce type d’entraînement sportif. Le programme, ajoute-t-elle, est proposé gratuitement aux participants et offre, non seulement, une éducation de qualité mais il contribue également à ce que ces adolescents se tiennent à l’écart de problèmes comme la drogue et l’alcool.

Le coach de l’équipe, Gabor Farkas, qui est bahá’í, avait travaillé auparavant comme entraîneur de football pour les jeunes durant six ans et témoigne que la seule chose qui l’intéressait à cette époque c’était d’être vainqueur du match.
Il s’est ensuite inscrit à un programme de formation d’éducation morale proposé par la communauté bahá’íe et qui lui a permis de devenir un “animateur” d’activités de jeunes. Cela lui a donné l’idée d’un nouveau type de club de football et il a débuté le concept il y an un an déjà.

« En fondant ce club, je n’étais pas à la recherche d’une nouvelle carrière en tant qu’entraîneur de football, a-t-il expliqué. Je désirais juste aider les garçons à développer du respect pour eux-mêmes et pour la société. Je désirais également les aider à comprendre que la finalité n’est pas toujours de gagner ».
Mark Molnar, 10 ans, est membre des Black Stars et explique que son club de foot est différent des autres. Par exemple dans la plupart des équipes de foot : « on se moque des gens quand ils font des fautes ».
Selon leur entraîneur, au début de cette aventure, certains parents semblaient suspicieux concernant les intentions de ce programme, aussi bien vis-à-vis des siennes que vis-à-vis de celles de la Fondation. Mais après qu’ils soient venus en personne assister à quelques séances d’entraînement, ils se sont montrés de plus en plus enthousiastes aussi bien pour l’enseignement de la pratique du football que pour le Club du chocolat chaud.
Et Gabor Farkas de citer fièrement un passage d’une lettre reçue de la part d’une des mamans des jeunes : « Nos amis, qui sont venus pour la première fois à l’entraînement ce samedi, avaient du mal à réaliser l’esprit de ce groupe. […] L’ambiance durant l’entraînement est tellement bonne ».

Pour en savoir plus :
« Durant les six années où j’ai été entraîneur, je n’ai jamais eu ce type de soutien de la part des parents, confie le coach. Au début, c’était bizarre de recevoir tant de coups de téléphone, mais maintenant je sais vraiment que leur soutien aide beaucoup le travail que nous effectuons ».
Monsieur Farkas explique aussi qu’une part de sa motivation à réaliser ce projet provient de sa propre histoire : « Quand j’étais enfant, j’avais quelques réelles difficultés. J’ai démarré ce club de foot afin d’aider ces garçons à éviter certaines des erreurs que j’ai commises ».

Il œuvre à créer parmi les membres de son équipe un esprit coopératif plutôt que compétitif. « Nous avions un enfant qui pensait que cette équipe était semblable à toutes les autres, celle où vous devez être le meilleur joueur, a-t-il expliqué. Au début, il lui était difficile de se faire des amis parmi les autres garçons parce qu’il était sans cesse en compétition avec eux. Mais maintenant, il a compris la façon dont son équipe fonctionne. Il est en harmonie avec tout le monde et s’amuse bien avec eux ».
Un autre des joueurs avait l’habitude de passer tout son temps seul dans sa chambre face à son ordinateur. Maintenant, il aime aller aux entraînements de foot et au Club du chocolat chaud pour passer du temps avec ses amis, a dit le coach.
Madame Switzer, la directrice de la Fondation pour l’Unité dans la Diversité estime que ce programme aide ses jeunes sportifs à développer une vision sociale.
« Gabor a organisé un match entre son équipe et une équipe issue d’un orphelinat, a-t-elle communiqué. Par la suite, les enfants de l’orphelinat leur ont fait visiter les lieux et maintenant tous les garçons sont devenus amis. Après cette visite, ils ont alors discuté de l’importance d’être aimables avec les autres et de leur rendre service ».
(Edit Kalman a contribué à la plupart des photos de cet article)
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