
«La plupart du temps, quand les enfants jouent au foot, ils jurent beaucoup, explique Nabil Switzer, 15 ans, un joueur d’une autre association qui assiste le coach des Black Stars. C’est tout à fait normal ».
Mais à certains égards, les Black Stars ne sont pas “normaux”. Au lieu de jouer aux plus durs, ils n’ont pas répondu aux provocations au cours de leur dernier match. En conséquence, certains des parents des joueurs de l’équipe adverse ont reproché à leurs enfants d’avoir proféré de telles insultes.

Le fait qu’il prend cette question au sérieux se reflète dans la double nature de son programme proposé aux jeunes, à savoir la pratique du football deux fois par semaine et un cours dispensé deux fois par mois, le samedi.

« Nous évaluons comment l’entraînement s’est passé, explique l’entraîneur au sujet de ce cours du samedi. Nous regardons ce qui peut rendre possible un jeu plus uni et ce qui s’est passé si nous n’avons pas assez porté d’attention les uns envers les autres. Nous parlons aussi de sujets concernant notre comportement, ce que cela signifie d’être bon, ou encore la responsabilité de chacun envers les autres et envers la société… ».



Il s’est ensuite inscrit à un programme de formation d’éducation morale proposé par la communauté bahá’íe et qui lui a permis de devenir un “animateur” d’activités de jeunes. Cela lui a donné l’idée d’un nouveau type de club de football et il a débuté le concept il y an un an déjà.

Mark Molnar, 10 ans, est membre des Black Stars et explique que son club de foot est différent des autres. Par exemple dans la plupart des équipes de foot : « on se moque des gens quand ils font des fautes ».
Selon leur entraîneur, au début de cette aventure, certains parents semblaient suspicieux concernant les intentions de ce programme, aussi bien vis-à-vis des siennes que vis-à-vis de celles de la Fondation. Mais après qu’ils soient venus en personne assister à quelques séances d’entraînement, ils se sont montrés de plus en plus enthousiastes aussi bien pour l’enseignement de la pratique du football que pour le Club du chocolat chaud.
Et Gabor Farkas de citer fièrement un passage d’une lettre reçue de la part d’une des mamans des jeunes : « Nos amis, qui sont venus pour la première fois à l’entraînement ce samedi, avaient du mal à réaliser l’esprit de ce groupe. […] L’ambiance durant l’entraînement est tellement bonne ».

« Durant les six années où j’ai été entraîneur, je n’ai jamais eu ce type de soutien de la part des parents, confie le coach. Au début, c’était bizarre de recevoir tant de coups de téléphone, mais maintenant je sais vraiment que leur soutien aide beaucoup le travail que nous effectuons ».
Monsieur Farkas explique aussi qu’une part de sa motivation à réaliser ce projet provient de sa propre histoire : « Quand j’étais enfant, j’avais quelques réelles difficultés. J’ai démarré ce club de foot afin d’aider ces garçons à éviter certaines des erreurs que j’ai commises».

Un autre des joueurs avait l’habitude de passer tout son temps seul dans sa chambre face à son ordinateur. Maintenant, il aime aller aux entraînements de foot et au Club du chocolat chaud pour passer du temps avec ses amis, a dit le coach.
Madame Switzer, la directrice de la Fondation pour l’Unité dans la Diversité estime que ce programme aide ses jeunes sportifs à développer une vision sociale.
« Gabor a organisé un match entre son équipe et une équipe issue d’un orphelinat, a-t-elle communiqué. Par la suite, les enfants de l’orphelinat leur ont fait visiter les lieux et maintenant tous les garçons sont devenus amis. Après cette visite, ils ont alors discuté de l’importance d’être aimables avec les autres et de leur rendre service».
(Edit Kalman a contribué à la plupart des photos de cet article)
