Paris, publié le 3 mars 2009 – Le procureur général de l’Iran a annoncé vendredi dernier que les sept bahá’ís incarcérés depuis huit mois et plus à la prison d’Evin auraient «reconnu les charges» retenues contre eux.

Pendant 3 à 5 mois, les prisonniers ont été détenus au secret. Ils se trouvent à présent à la prison d’Evin à Téhéran, dans la section 209 qui dépend des services de renseignement. Les deux femmes sont ensemble, les cinq hommes enfermés dans une même cellule de 10m2, sans lit. Après avoir été interdits de visite pendant cinq mois, ils voient leurs proches au cours de brèves visites sous surveillance, qui leur sont refusées si leurs conversations déplaisent.
Pour Amnesty International, ces personnes sont des «prisonniers d’opinion », et « si elles étaient condamnées, elles risqueraient de se voir infliger de longues peines d’emprisonnement, voire la peine de mort ». Environ 200 bahá’ís ont été exécutés en Iran depuis 1979 et 27 autres sont actuellement incarcérés, au seul motif de leur appartenance religieuse.
Les charges ne tiennent pas. Les sept inculpés sont les intermédiaires de la communauté bahá’íe auprès des autorités. Leurs activités sont connues et ils sont surveillés depuis des années. Leur rôle consistait à gérer les affaires courantes de la communauté bahá’íe, mais aussi, tenter d’alléger la pression sur cette minorité, privée des droits les plus élémentaires depuis l’avènement de la République islamique en 1979.
Considérés comme des « infidèles non protégés », les 300.000 bahá’ís d’Iran sont la minorité religieuse la plus importante du pays. Ils ne sont pas reconnus par la Constitution et, 30 ans après la révolution islamique, continuent de faire l’objet de persécutions systématiques. Ils ont été expulsés de la fonction publique. Dans le secteur privé, les employeurs sont encouragés à s’en séparer. Les personnes âgées sont privées de retraite, les bacheliers interdits d’accès à l’université. Dans les écoles, les enfants de bahá’ís sont victimes, de la part de certains professeurs, d’humiliations publiques répétées.
Les cimetières bahá’ís sont régulièrement profanés. Dernier en date, le cimetière bahá’í de Semnan, le 19 février. Cinquante tombes détruites, les arbres abattus et les murs des bâtiments souillés de graffitis injurieux.
Pour en savoir plus:
• Amnesty International, 12 février 2009 : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/013/2009/fr
• Union européenne, 17 février 2009 : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/cfsp/106134.pdf
