New York, publié le 8 mars 2010 – Lorsque Jan Floyd-Douglass a décidé d’acheter une nouvelle voiture, elle a rejeté les modèles, qui auraient pu convenir, de huit constructeurs différents – et leur a expliqué ses raisons par écrit : « J’aime beaucoup votre voiture mais je ne l’ai pas achetée parce que votre publicité est déplaisante ; elle est humiliante pour les femmes » argumente Melle Floyd-Douglass, directrice de la « Women’s National Commission » (Commission nationale des femmes) britannique.
Elle a raconté son histoire au cours d’un colloque intitulé « Portrayal or Betrayal : How the Media Depicts Women and Girls », Description ou trahison : L’image des femmes et des adolescentes dans les médias, qui s’est tenu dans les locaux des Nations unies de la Communauté internationale bahá’íe. Cet évènement était programmé dans le cadre de la session annuelle de la Commission des Nations unies sur le statut des femmes qui a débuté le 1er mars et se terminera le 12 mars. [1]]
Avec d’autres participants, elle a observé le fait que, dans la publicité, les images sexualisées des femmes sont si habituelles qu’elles en deviennent anodines. « Mon message est que, si nous n’agissons pas, nous devenons complices », a ajouté Melle Floyd-Douglass.
Une autre participante, Srah Kasule, directrice de « Mother’s Union » (Union des mères) ougandaise a également fait le constat que l’image des femmes diffusée par les médias africains pouvait être également négative. « Elles sont présentées comme des symboles sexuels ou comme un élément du bien-être masculin destiné à prendre soin de lui », remarque-t-elle.

Cette tendance est le résultat aussi bien de choix individuels que de forces institutionnelles, a précisé le Dr. Michael Karlberg, professeur associé au Département des communications à la Western Washington University. Il ajoute : « D’une part, partout, le choix populaire se porte sur des médias qui nourrissent nos appétits fondamentaux hérités de notre nature animale ; d’autre part, ces institutions ont pour objectifs de stimuler, renforcer et exploiter ces pulsions. Le résultat est un "cycle de réponses" qui a développé un environnement médiatique "injuste, destructif et indéfendable". Tout effort pour traiter le problème doit prendre en compte la structure des institutions médiatiques. On peut faire l’hypothèse que les médias ne sont qu’un autre type de service. Mais ce n’est pas exact : il s’agit d’un outil facilitant les délibérations démocratiques, un processus créateur de culture.
Une partie du problème, a-t-il ajouté, est que la véritable production des médias n’est pas le contenu mais l’offre d’une audience à des firmes publicitaires. La constitution d’audience à des prix aussi bas que possible, au moyen de contenus hautement sexuels, violents et conflictuels en est le résultat. Le talent, la recherche ou l’investigation journalistique ne sont pas nécessaires. Ainsi, nos appétits sont stimulés, comme le ferait une nourriture malsaine, trop salée, trop sucrée et trop grasse. »

La baronne Joyce Gould, présidente de la Women’s National Commission britannique a dirigé cette rencontre datée du 3 mars.
Elle a affirmé que des études récentes démontrent que les images humiliantes pour les femmes sont de plus en plus utilisées par les médias et ont un impact malsain sur le développement psychologique aussi bien des filles que des garçons. « Les filles, doivent être de plus en plus attirantes et les garçons eux sont poussés à considérer les filles en tant qu’objets sexuels, tel est le message. »
Le Dr. Karlberg a évoqué les efforts de la Communauté bahá’íe pour tenter de contrecarrer les effets nocifs d’une exposition à de telles images médiatiques en offrant aux enfants et aux jeunes une éducation morale. « Les bahá’ís, comme les populations partout dans le monde, s’efforcent d’élever et d’éduquer les enfants, a-t-il précisé. Ils essayent de développer cette formation en cultivant leur noblesse inhérente, en libérant leur potentiel spirituel qui permet de reconnaître les sources profondes de l’objectif, de la signification de la vie et du bonheur. Il est clair qu’une telle éducation spirituelle peut être un facteur très important rendant les enfants moins vulnérables aux messages diffusés par l’environnement médiatique. Elle est aussi un facteur important de développement, chez les enfants, d’aptitudes à faire des choix réfléchis concernant la consommation des médias au cours de leur croissance. »
Quelques exemples ougandais peuvent être utiles, explique Melle Kasule, qui a décrit comment les niveaux d’alphabétisation et d’éducation des femmes et des filles ont augmenté dans ce pays. « De nombreux programmes offrent aux filles l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Ce qui est important car elles ont ainsi accès à l’information, aux comptes rendus médiatiques et peuvent développer un avis personnel. Donc, je pense que les choses évoluent dans la bonne direction. »
[1] Sites des Nations unies sur la commission du statut des femmes : en langue anglaise : Division for the advancement of womens http://www.un.org/womenwatch/daw/beijing15/index.html et en français [http://www.un.org/fr/ecosoc/index.shtml->http://www.un.org/fr/ecosoc/index.shtml
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