GENÈVE, publié le 15 janvier 2012 – La Communauté internationale bahá’íe a exprimé ses condoléances après le décès de Abdelfattah Amor, le célèbre avocat et juriste tunisien, défenseur des droits de l’homme.

M. Amor est décédé à l’âge de 68 ans à la suite d’une crise cardiaque. Il était bien connu à l’échelle internationale en raison de ses 11 années de service (de 1993 à 2004) en tant que rapporteur spécial des Nations unies pour la liberté de religion ou de conviction.
« En tant que rapporteur spécial, M. Amor a été l’un des principaux défenseurs à l’échelle mondiale du droit à la liberté de religion ou de conviction », a déclaré Diane Ala’i, la représentante de la Communauté internationale bahá’íe aux Nations unies à Genève.
« Il s’est courageusement fait le porte-parole d’individus et de groupes du monde entier, victimes de discrimination religieuse, sans se préoccuper des conséquences politiques », a-t-elle précisé.
En 1995, M. Amor s’est rendu en Iran – un des rares enquêteurs des droits de l’homme de l’ONU à le faire – et, ultérieurement, il a proposé un rapport novateur qui cataloguait la discrimination généralisée dans ce pays à l’égard des minorités religieuses, y compris des membres de la foi bahá’íe.
De confession musulmane, M.Amor a audacieusement souligné le degré d’incapacité de l’Iran à respecter les normes internationales concernant les droits de l’homme sur la liberté de religion ou de conviction.
« Son rapport s’est appuyé sur des entretiens détaillés et des analyses juridiques minutieuses. Aujourd’hui, il est toujours considéré comme un jalon important en matière de rapports des droits de l’homme », a ajouté Mme Ala’i.
Pour prendre un exemple parmi d’autres, M. Amor a souligné, en 1996, que tout individu avait la liberté « d’avoir ou d’adopter » une nouvelle religion, tout comme celle de garder sa propre croyance religieuse, quelle que soit la législation nationale qui prétendrait le contraire, comme c’est le cas en Iran.
Dans un autre rapport publié en 1997, M. Amor a précisé que les gouvernements ne doivent pas être les arbitres de ce qui est la religion légitime, méritant la protection en vertu de la loi sur les droits de l’homme. « Il n’appartient ni à l’État ni à un quelconque autre groupe ou communauté d’agir comme le gardien de la conscience des gens et de favoriser, d’imposer ou de censurer une croyance religieuse ou une conviction », a-t-il écrit. Cette déclaration a été considérée comme significative face aux affirmations faites par l’Iran au sujet des bahá’ís.
« Nos pensées ont vers sa famille, vers le peuple tunisien et vers la communauté des droits de l’homme dans le monde entier, qui portent certainement le deuil de son décès soudain », a déclaré Mme Ala’i.
M. Amor est né le 4 mars 1943 en Tunisie. Après avoir obtenu une licence en droit en 1967, il a entrepris des études juridiques avancées à Paris. Au début de sa carrière, il a exercé les fonctions de professeur d’université en Tunisie, occupant, par exemple, de 1987 à 1993, le poste de doyen de la faculté des Sciences juridiques, politiques et sociales à l’université de Tunis.
En 1998, durant son mandat de rapporteur spécial des Nations unies, il a été élu au poste de membre du Comité des droits de l’homme des Nations unies, où il a continué à être un fervent défenseur du droit à la liberté de religion ou de conviction. Il était toujours membre de ce comité au moment de son décès.
En 2011, suite à la révolution tunisienne, il a été nommé président de la Commission nationale d’investigation sur la corruption et la malversation (CNICM) sous le régime de l’ancien président tunisien Ben Ali.
Lire le rapport de 1995 de M. Amor (en anglais). http://www.onecountry.org/oc74/oc7409as.html
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