Nations unies, publié le 23 mai 2011– Se focaliser uniquement sur les aspects matériels de la crise environnementale en ignorant ses dimensions morales et éthiques n’assurera pas la survie à long terme de l’humanité.

C’était l’un des thèmes abordés cette année, lors de la réunion de la Commission du développement durable des Nations unies qui s’est tenue du 2 au 13 mai.
Le 11 mai, Jeffrey Sachs, directeur du Earth Institute et conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a déclaré à la Commission : « Nous avons dépassé le point d’inflexion mondiale que nous avions prévu depuis des décennies. »
« Nous vivons désormais sur une planète traversant une crise environnementale », a continué M. Sachs, mentionnant une augmentation du nombre des inondations, des sécheresses et des pénuries de nourriture et d’eau partout dans le monde.
« Fondamentalement, nous connaissons une crise éthique mondiale, a-t-il ajouté, parce qu’au moment où nous avons besoin de trouver une voie vers le développement durable, nous nous précipitons à la recherche de ressources et de profits. »
Ashok Khosla, ancien directeur du programme des Nations unies pour l’environnement [(PNUE)- http://www.unep.org/french/], a également souligné la nécessité de reconnaître les valeurs qui sous-tendent le développement durable.
Le produit intérieur brut « mesure tous les éléments qui ne comptent pas dans notre vie réelle. Ce dont nous nous soucions réellement – le bonheur et l’amour – ne figure pas dans le PIB », a expliqué M. Khosla.

Une table ronde - tenue également le 11 mai et parrainée par la Communauté internationale bahá’íe - a cherché à explorer les manières dont les composantes culturelles, éducatives et spirituelles peuvent être introduites dans le discours sur le développement durable. Intitulé Making the Invisible Visible : Values and the Transition to Sustainable Consumption and Production (Rendre visible l’invisible : les valeurs et la transition vers la consommation et la production durables), ce colloque avait pour modérateur Duncan Hanks de l’Agence bahá’íe canadienne de développement international.
M. Hanks a expliqué : « Il n’y a aucun doute sur l’importance de comprendre et de prendre en compte l’aspect matériel de cette discussion – pour aborder adéquatement les considérations politiques, les cadres juridiques et les mécanismes financiers.
« Cependant, permettre à cette table ronde de se focaliser essentiellement sur les aspects matériels ... ne traite qu’une partie de l’histoire.
« Nous entendons de nouveaux discours et un nouveau langage sur la cohérence dynamique entre les dimensions matérielles et celles basées sur des valeurs morales ou spirituelles d’une consommation et d’une production durables, entre le hardware et le software – le physique et le spirituel – et nous sommes témoins d’une volonté accrue d’explorer non seulement les ramifications politiques et techniques mais aussi les valeurs mêmes qui, en fin de compte, influencent les attitudes et transforment les comportements. »

Cinq autres participants venus de quatre continents ont proposé leurs idées quant à la manière dont la prise en compte de ces valeurs pouvait être introduite dans le débat concernant la consommation et la production durables, afin de motiver des changements dans le comportement humain nécessaires à la survie sur notre planète.
« La question des valeurs est au cœur de ce que sera notre avenir », a avancé Vanessa Timmer, co-fondatrice et directrice exécutive de One Earth Initiative, « Rethinking the Good Life ».
Elle a précisé que valeurs et comportements sont intimement liés et qu’un débat sur les valeurs oriente aussi la discussion et influence les comportements.
« Les chercheurs ont découvert que si l’argument avancé pour pousser à l’achat d’une voiture hybride est de faire des économies au lieu d’agir aussi pour la protection de l’environnement, le débat reste alors uniquement axé sur les considérations matérielles, a-t-elle indiqué. L’idée est d’utiliser les deux arguments : donner des chiffres, mais aussi les intégrer dans une conversation plus importante sur la manière de nous aider à nous orienter vers une nouvelle conscience communautaire et de nouveaux liens sociaux. »
Victoria Thoresen, membre du PERL soit lePartnership for Education and Research about Responsible Living in Norway (Partenariat pour l’éducation et la recherche d’un mode de vie responsable en Norvège), a analysé une série de valeurs spécifiques qui influencent le développement durable – comme le détachement, la modération, la confiance, la justice et l’espoir.
Le concept de justice, a-t-elle expliqué « nous fournit la possibilité d’évoluer de l’égocentrisme qui domine notre vie vers une manière d’être, un mode de partage, une façon de dépasser notre monde compliqué et confus où l’espoir n’existe pratiquement plus ».

Etaient également présents à ce colloque : Luis Flores Mimica, Consumers International, Bureau d’Amérique latine (Chili) ; Elona Hoover, chercheuse, ESDinds Project : développement des indicateurs basés sur des valeurs pour un développement durable, université de Brighton (GB) et Kiara Worth, spécialiste du développement durable (Papouasie-Nouvelle-Guinée).
La rencontre était co- parrainée par PERL, One Earth et Consumers International.
En tant que contribution complémentaire au débat de la Commission de cette année, la Communauté internationale bahá’íe a attiré l’attention sur sa déclaration de 2010, Rethinking Prosperity : Forging Alternatives to a Culture of Consumerism (Repenser la prospérité : forger des alternatives à une culture de consommation). Voir l’article en ligne sur ce site.
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