Windsor, Royaume-Uni, publié le 7 novembre 2009 – Les dirigeants des principales religions du monde, y compris la foi bahá’íe, se sont rencontrés le 3 novembre au château de Windsor pour le lancement officiel de plans d’actions communautaires à long terme concernant la protection de l’environnement.


« En fait, les communautés religieuses mondiales occupent une position unique dans les discussions relatives au destin de notre planète et à l’impact sans cesse croissant du changement climatique. »
La rencontre de trois jours – qui a pris fin le 4 novembre à midi – était patronnée par le Programme des Nations unies pour le Développement, (PNUD) et par l’Alliance of Religions and Conservation ou ARC (Alliance des religions et de la conservation) fondée en 1995 par le prince Philip.
La session principale s’est tenue le 3 novembre au château de Windsor. Les représentants de chaque groupe religieux y ont développé un plan de sept ans dont l’objectif était la promotion d’un « changement générationnel » des conceptions environnementales.

En général, ils décrivaient les étapes concrètes d’actions.
Par exemple, le plan présenté par les musulmans appelait à l’établissement d’un programme-cadre Muslim Associations for Climate Change Action (Macca) sensé représenter les nations islamiques et les communautés religieuses du monde entier. Il proposait également l’établissement d’un label environnemental islamique, un « Green Hajj » afin que, dans un délai de 10 ans, le traditionnel pèlerinage islamique soit reconnu comme respectueux de l’environnement et la construction de « mosquées vertes » intégrant les techniques les plus efficaces dans les domaines du chauffage, de l’éclairage et de l’aménagement.
Le plan sikh exhortait tous les gurdawaras sikh – ou temples – à recycler, à composter, à utiliser l’énergie verte, les poêles écologiques, à commencer la récupération de l’eau de pluie et à acheter des assiettes et des tasses réutilisables.

« Les bahá’ís pensent que la croyance religieuse et la spiritualité sont les fondements de la motivation et du comportement humain, a expliqué Tahirih Naylor représentant la Communauté internationale bahá’íe aux Nations unies et une des deux délégués bahá’ís au château de Windsor.

Les quelque 200 représentants des communautés religieuses, des groupes écologiques et des agences internationales réunis à Windsor se sont également consultés au cours d’une série de sessions plénières et d’ateliers de travail tenus à l’hôtel Harte and Garter sur les moyens d’atteindre un niveau supérieur de collaboration face au réchauffement climatique, la pénurie d’eau, la déforestation et autres menaces environnementales.
« La question du changement climatique est complexe et le traitement de ce problème exige de nous des changements à de nombreux niveaux » précise Olav Kjorven, assistant du secrétaire général aux Nations unies, dont un changement moral. Les religions ont une capacité sans égale d’atteindre les populations locales, à toucher les cœurs et les esprits. Les institutions religieuses sont le troisième acteur du marché international et des décisions d’achats respectueux de l’environnement de leur part auraient un impact mondial très important. »

« Le rationalisme scientifique a donné naissance à une science exacte qui, a son tour, a permis le développement de puissants arguments politiques d’assainissement de l’environnement », a-t-il précisé
« Comme résultat, des gouvernements se sont penchés sur le problème des pluies acides et autres menaces environnementales. Mais ces changements étaient superficiels. »
« Le rationalisme purement scientifique ne peut pas changer notre compréhension fondamentale de qui nous sommes et de comment nous devrions vivre. La religion et la science doivent travailler ensemble afin de conduire à une transformation de notre relation au monde. Ce type de changement a besoin d’un fondement spirituel. »
