NEW YORK, le 21 octobre 2011 - Nations unies – Dans son premier rapport, l’enquêteur nouvellement désigné sur la situation des droits de l’homme en Iran a lancé un appel au gouvernement iranien afin qu’il développe une culture dans laquelle les droits fondamentaux et les libertés des minorités et des femmes seraient protégés.
Le rapporteur spécial, Ahmed Shaheed, a aussi exhorté l’Iran à s’abstenir de réprimer la dissidence. Il a aussi exprimé ses inquiétudes quant à la détérioration de la santé de certains prisonniers et a réitéré sa précédente demande d’autorisation à visiter le pays.
Le rapport provisoire – soumis à l’Assemblée générale lors de la 66ème session actuellement en cours à New York – reprend les inquiétudes concernant l’Iran qui ont été exprimées la semaine dernière par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.
Le rapporteur spécial, qui a pris ses fonctions le 1er août, indique que, plutôt que de présenter un rapport de fond, il s’est focalisé sur la présentation de la méthodologie qu’il propose pour traiter avec l’Iran et fait la liste des orientations les plus récentes de la situation des droits de l’homme, glanées dans les témoignages qui lui ont été présentés, depuis sa désignation, par des personnes et des organisations.
Ces témoignages font état de violations très répandues à l’encontre de militants politiques et de ceux des droits des femmes, des journalistes, des cinéastes, des avocats défenseurs des droits de l’homme et des militants de l’environnement ; de l’utilisation de la torture pratiquée sur des détenus ; de l’application de la peine de mort en l’absence de vraie protection judiciaire ; de l’extorsion de cautions exorbitantes ; et du manque d’indépendance des juges.
Le rapporteur spécial exprime également ses inquiétudes en ce qui concerne les violations des droits de l’homme de groupes minoritaires comme les Arabes, les azéris, les bahá’ís, les Baloutches, les chrétiens, les Kurdes, les soufis et les musulmans sunnites.
En ce qui concerne la communauté bahá’íe iranienne, M. Shaheed précise que ses membres sont « depuis longtemps, sont en butte à divers types de discrimination, notamment à l’embauche, pour le versement des pensions et pour l’accès à l’enseignement, et voient leurs biens confisqués ou détruits ». Au moins 100 bahá’ís, dont les sept responsables de la communauté, sont actuellement emprisonnés dans la République islamique, précise le rapport. « La plupart seraient accusés d’atteintes à la sûreté nationale et auraient été jugés sans que ni la procédure régulière, ni l’équité n’aient été respectées », a écrit M. Shaheed.
En conclusion, le rapporteur spécial insiste sur son souhait d’avoir un dialogue constructif avec le gouvernement iranien, la communauté internationale et la société civile.
« Nous accueillons favorablement l’appel de M. Shaheed au gouvernement iranien afin que ce dernier s’engage plus étroitement vis-à-vis de la communauté internationale en renforçant les protections des droits de l’homme à l’égard de ses citoyens », a affirmé Bani Dugal, la principale représentante de la Communauté internationale bahá’íe aux Nations unies à New York.
« L’Iran a le pouvoir de développer une culture de tolérance qui empêche toute discrimination envers les femmes, les minorités religieuses et ethniques et qui protège leurs libertés d’association et d’expression.
« La balle est maintenant dans le camp de l’Iran. Nous les pressons de coopérer pleinement avec le rapporteur spécial qui doit être autorisé à remplir le mandat qui lui a été confié par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. »
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