Savoir résister à l’effet de groupe

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Les bahá’ís de Perth, en Australie Occidentale, parrainent plus de 20 groupes pour les jeunes de 12 à 14 ans
Les bahá’ís de Perth, en Australie Occidentale, parrainent plus de 20 groupes pour les jeunes de 12 à 14 ans
Perth, Australie, publié le 2 juillet 2007 – « Au lycée, si vous regardez le groupe le plus « cool », vous constaterez qu’ils prennent souvent de la drogue, explique Jani SONG, âgée de 14 ans. Vous voyez des gens qui boivent ou qui prennent d’autres substances. Et vous, vous avez simplement envie de le faire aussi parce que vous désirez faire comme tous les autres, suivre la masse ! »

Comme tous les adolescents, Jani ressent souvent la pression sociale imposant de se soumettre aux comportements et activités vécus au sein de groupes de jeunes, y compris lorsque ce qui est à la mode peut se révéler nuisible.

Un programme mis en place à Perth (Australie Occidentale) par la communauté bahá’íe pour les jeunes de 12, 13 et 14 ans, aide Jani et d’autres adolescents comme elle, à développer leurs capacités afin de résister à de telles influences et d’être ainsi en mesure d’édifier leurs propres valeurs.

Jani témoigne ainsi de son vécu : « Lorsque vous suivez ces cours et que vous connaissez réellement la raison pour laquelle il ne faut pas faire de choses dommageables, alors votre cerveau vous dit automatiquement de ne pas les faire ».

Ce genre d’impact est une des raisons pour laquelle environ 20 groupes d’activités pour les jeunes de 12 à 14 ans, parrainés par les bahá’ís, ont pris naissance à Perth au cours de ces trois dernières années.

Cela représente quelques 160 adolescents (dont la moitié seulement sont membres de la foi bahá’íe). Réunis en petits modules, ils se retrouvent régulièrement pour suivre ce parcours d’activités qui a été spécialement conçu à leur intention.

« Le contenu de ce parcours a été étudié de manière à ce qu’il affermit les jeunes tant spirituellement que moralement, explique Shirin Reyhani1, il leur donne les outils nécessaires pour identifier les valeurs morales qui motivent les choix qu’ils sont amenés à faire et il développe également chez les jeunes des capacités d’expression. »

En effet, ce programme d’études proposé par la communauté bahá’íe d’Australie, mais également partout dans le monde, a été conçu pour réaliser des objectifs spécifiques, incluant une méthode de résolution de problèmes, étape par étape, et aussi de développement de vertus et de conscience sociale. Les organisateurs disent que ces activités favorisent également un meilleur apprentissage de la lecture, de l’écriture, des mathématiques et des sciences.

Cette activité destinée aux adolescents a été développée au cours de la décennie passée dans diverses organisations bahá’íes à travers le monde, et l’on estime actuellement que les communautés bahá’íes assurent le fonctionnement de quelques 3 000 groupes de jeunes âgés de 12, 13 et 14 ans rassemblant près de 25 000 participants.

Le groupe se réunit généralement une fois par semaine, les participants font des jeux, discutent de problèmes, étudient la littérature et planifient des projets de services. Les sessions sont dirigées par une personne plus âgée, l’animateur, qui sert plutôt de modérateur que d’enseignant.

Les jeux sont une composante importante du programme d’apprentissage
Les jeux sont une composante importante du programme d’apprentissage
Les jeunes qui y sont impliqués trouvent ces réunions non seulement enrichissantes spirituellement, mais aussi plaisantes. « C’est un très bon programme, explique Calvin Martin, âgé de 14 ans, en parlant du groupe auquel il participe. Vous y apprenez beaucoup de choses inédites et de plus j’y ai rencontré beaucoup de nouvelles personnes. C’est vraiment divertissant, nous avons beaucoup d’activités différentes. »

Yann Vissac, 14 ans aussi, acquiesce. « Je viens à ces cours parce qu’ils m’apprennent des choses intéressantes et mes amis y sont aussi. Beaucoup de gens ne se sentent pas sûrs d’eux-mêmes de nos jours. Ils n’ont pas assez confiance en eux-mêmes. Peut-être que ces classes peuvent aider ces individus. »

Jani Song indique encore que ces cours l’aident à voir plus efficacement la valeur des comportements corrects, parce que les thèmes de discussion viennent de ces semblables. C’est différent des conférences entendues au lycée, dit-elle, comme celles par exemple au sujet des drogues, où elle ne se sent pas très concernée, alors qu’ici au sein de son groupe d’activités, elle comprend pourquoi il est nécessaire d’éviter certains comportements.

Les parents témoignent eux aussi de l’efficacité de ces activités, ils disent que ce programme aide leurs adolescents à se doter de la capacité de faire des choix, qui sont basés sur leurs propres valeurs plutôt que sur ce que leurs semblables font.

« Mon souci principal est que mon fils ait une solide perception de lui-même afin de savoir comment régler les demandes de son environnement social, ainsi que les problèmes auxquels il est confronté. C’est, selon moi, ce qu’il obtient en suivant ces cours », atteste Vivian Vissac, la mère de Yann, elle ajoute : « J’apprécie l’accent mis sur le développement de l’intégrité des étudiants, leurs ressources intérieures, leur sens de développement personnel et leur sentiment qu’ils sont aptes à réaliser, ou à contribuer, à quelque chose.»

Gayle Corbauld est la mère de deux filles, qui participent aussi à ce programme. Elle pense que cette formation a permis le développement de leurs meilleures qualités personnelles.

« Elles sont plus mûres et elles ont acquis un sens de la responsabilité dans ce qu’elles entreprennent, dit-elle au sujet de ses filles. Elles perçoivent qu’elles ont le contrôle de ce qu’elles sont capables de gérer dans une situation sociale donnée. Plutôt que de juste imiter un comportement de groupe, elles peuvent l’améliorer et rendre les choses meilleures pour elles-mêmes et pour les autres. »

« Les enfants eux-mêmes adorent venir à ces classes, complète-t-elle, ils aiment l’interaction avec les autres jeunes. Ils aiment également examiner certaines difficultés qu’ils ont rencontrées à l’école ou ailleurs au cours de la semaine. Ils peuvent les exposer au groupe et ils savent qu’ils peuvent en discuter ouvertement. »

Un des buts du programme est de développer chez les jeunes gens leurs capacités à mieux s’exprimer
Un des buts du programme est de développer chez les jeunes gens leurs capacités à mieux s’exprimer
Les animateurs sont des volontaires qui reçoivent une formation spéciale. Mademoiselle Reyhani, âgée de 24 ans est une enseignante et une coordinatrice des groupes de jeunes de 12 à 14 ans. Elle relate que beaucoup des animateurs de Perth sont eux-mêmes d’anciens élèves, issus d’un précédant programme.

« Ces groupes ont du succès parce qu’ils mettent les jeunes dans un groupe avec leurs amis, explique encore Mademoiselle Reyhani. Ils se sentent donc dans un environnement sécurisant. » Elle ajoute que la connaissance qui est acquise au sein de ces groupes est différente de celle des écoles traditionnelles.

« Un des objectifs dans le système scolaire est la compétition, souligne-t-elle, la compétition avec vous-même afin d’être toujours meilleur que la fois précédente. La compétition avec vos camarades afin d’être le plus méritant de la classe, bref ce type de choses. Dans les cours pour les jeunes de 12 à 14 ans, nous essayons de faire en sorte que les jeunes se concentrent sur leur propre développement personnel plutôt que de se comparer aux autres. De même, dans le système scolaire actuel, l’enseignant doit être une personne autoritaire qui maintient la discipline ; dans notre programme à destination des jeunes de 12 à 14 ans, l’animateur est plutôt un ami », indique-t elle encore.


  1. La coordinatrice pour la région occidentale de l’Australie de ce que les bahá’ís appellent « des groupes d’activités pour les adolescents de 12 à 14 ans » 

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