
Alberto est l’un des nombreux jeunes de Portici, une ville de 60 000 habitants au sud est de Naples, qui s’est engagé dans un programme bahá’í destiné aux jeunes adolescents, comme il en existe en Italie et partout ailleurs dans le monde.
En Italie, il existe à peu près 25 groupes semblables, constitués de jeunes adolescents, comprenant chacun plus de 130 membres. Les trois-quarts de ces jeunes ne sont pas bahá’í.
Conçu pour les jeunes âgées de 11 à 14 ans, ce programme a pour objectif d’aider les participants à comprendre leur nature spirituelle, à se respecter et à respecter les autres et à être au service de la société qui les entoure.

« Discussions, projets de service et étude de certains textes, et encore jeux et musique aident le jeune à prendre conscience de sa valeur et de sa noblesse en tant qu’être humain, explique Antonella Demonte, la responsable de ce programme.
À son tour, celui-ci aidera les plus jeunes à résister aux pressions négatives de leurs pairs et offrira de l’espoir et un modèle pour une vie au service des autres. Ce qui est particulièrement important dans des endroits où le chômage, le crime, les jeunes filles enceintes et d’autres problèmes contribuent au manque d’optimisme des jeunes. Bien que Portici soit densément peuplée et rencontre des problèmes économiques, c’est un lieu de vie stimulant ».
Comme Alberto, Anna Deluca a seulement 12 ans mais elle est assez mâture pour voir la situation de la plupart des jeunes de son âge : « Ils connaissent de mauvaises conditions de vie, témoigne-t-elle. Ils séjournent longuement dans la rue, ils se battent, ils fument… Ils vivent déjà comme des adultes… À 12 ans, ils vont danser en boite de nuit dans d’autres villes ».

A Portici, en ce mois de septembre qu’est la rentrée scolaire, les organisateurs, de ce que les bahá’ís italiens appellent le Attivita per giovanissimi – programme pour les pré-jeunes – commencent une nouvelle année et, comme l’année précédente, ils attendent au moins une douzaine de jeunes en plus.
Plus de détails :
Irène Cuce, 21 ans, une étudiante bahá’íe à l’Université de Vérone a séjourné 6 mois à Portici en tant que bénévole responsable du programme. Elle le décrit comme un projet qui aide les jeunes à reconnaître leurs qualités spirituelles à travers des discussions et des actions de service à leur communauté.
« Nous pouvons voir les résultats du programme, dit-elle. Les enfants se sentent plus à l’aise. Ils comprennent qu’ils peuvent donner un sens à leur vie. Aujourd’hui, ils se respectent les uns les autres ; vous pouvez le voir à la manière dont ils se parlent ».
Ciro Cangiano, 16 ans, a suivi le programme pendant trois ans et considère également qu’il soutient les jeunes adolescents à développer de nouvelles valeurs. « J’ai découvert des qualités que je ne pensais pas avoir, atteste-t -il, telles que la patience ou la volonté d’aider les autres ».
Concetta Rosetti, la mère de Carla, une fille de 12 ans qui participe au programme, semble également enthousiaste : « Je pense que ma fille est devenue plus serviable. Elle a toujours été peu sûre d’elle mais depuis qu’elle fréquente le centre bahá’í, elle s’est ouverte aux autres, elle manifeste plus de confiance en elle », affirme Madame Rosetti. Elle espère que, ce que sa fille apprend actuellement l’aidera à faire son chemin dans la vie et elle poursuit :« Il est très difficile de trouver un travail et, malheureusement, Portici n’offre pas beaucoup d’opportunités pour l’avenir de nos enfants ».
Ivana Carluccio, 32 ans, une bahá’íe de Portici, soutient le programme qui, pense-t-elle, aborde les causes de certains problèmes et se focalise sur les qualités spirituelles de chaque personne et les talents qui permettent de soutenir les autres. « Quand tu travailles pour ce projet, tu réalises que tu le fais parce qu’il présente la seule solution, le seul moyen concret d’aider vraiment ces jeunes », explique-t-elle.

A propos du programme :
Les groupes sont généralement réduits, six à douze jeunes, afin de permettre une participation générale, particulièrement lors des discussions. A Portici, les douze jeunes qui nous ont rejoints l’année dernière étaient divisés en deux groupes. Ils se rencontraient chaque mercredi au centre bahá’í.

Ce n’est pas comme une classe à l’école et il ne s’agit pas non plus d’un rassemblement informel d’amis. Les réunions sont joyeuses mais en même temps sérieuses. Un autre aspect intéressant du programme est la présentation de l’excellence matérielle, intellectuelle et spirituelle en tant que objectif important et son intégration dans les activités des pré-adolescents ».
Pour participer à ce type de programmes en France, vous trouverez des informations ici.
