NATIONS UNIES, le 21 septembre 2006 – Enrayer la marée globale de la violence envers les femmes exigera des changements d’attitudes profondément enracinés en nous- mêmes et qui, pour la plupart, transcendent la culture et les frontières nationales.

Initiée par la Communauté internationale bahá’íe et l’Association Internationale de Présentation, cette discussion a été organisée comme un des éléments de la 59ème conférence annuelle du Département d’Information Publique des Nations Unies et des Organisations Non -Gouvernementales.
Les invités à la conférence ont tous convenu que la violence envers les femmes demeure un problème grave dans presque toutes les nations et cultures.
«Nous savons tous aujourd’hui qu’au moins une femme sur trois dans le monde a été battue, forcée à avoir des relations sexuelles ou bien a encore été maltraitée d’autres manières durant sa vie» dit Letty Chiwara, une spécialiste du programme avec la section africaine du Fonds des Nations Unies pour les Femmes (UNIFEM).
«Dans certains endroits, tels qu’en Ethiopie rural, environ 71 pour cent des femmes sont maltraitées, rapporte encore Mme Chiwara, les pratiques traditionnelles néfastes – mutilation génitale des femmes, meurtre pour la dot, prétendus meurtres d’honneur et mariage précoce – apportent la mort ou l’invalidité ou encore un dysfonctionnement psychologique pour des millions de femmes. »

«Nous ne parlons pas simplement des vestiges de pratiques culturelles dans quelques pays du Sud» : a dit Mme Bunch, « Structurellement, c’est central à tout le monde occidental aussi bien qu’au reste du monde. La violence en général et la violence contre des femmes est culturellement acceptée à beaucoup de niveaux. »
En dépit des avancées dans la législation contre la violence à l’égard des femmes, dit encore Mme Bunch, un bon nombre de personnes semblent estimer qu’ «un peu de violence envers les femmes n’est pas un si grave problème.»
Fulya Vekiloglu, représentante de la Communauté internationale bahá’íe auprès des Nations Unies et modératrice du débat, a expliqué que les structures internationales conçues pour protéger l’avancement des droits des femmes, telles que la Convention sur « l’Elimination de Toutes les Formes de Discrimination Contre les Femmes (CEDAW) » et les « Buts de Développement du Millénium (MDGs) », doivent être soutenues par un nouveau climat social global.
«Il est évident qu’il reste une différence importante entre les droits légaux et les pratiques culturelles» a encore dit Mme Vekiloglu, « Le défi que la communauté internationale doit relever se rapporte à : comment créer l’environnement social et les conditions structurelles qui stimuleront le développement spirituel et physique des femmes ? ».
De «telles tentatives auront non seulement comme but de changer les structures politiques, économiques et légales de la société mais également de façon plus importante, la transformation des individus dans cette société » a déclaré Mme Vekiloglu.

« Beaucoup de ces pratiques sont, en fait, perpétuées par la pression des femmes, elles-mêmes, sur d’autres femmes, au nom de « valeurs culturelles » » a dit Sœur Burke. « Les partisans de ces valeurs — dans de nombreux cas hommes et femmes ensemble – sont en train de commencer à les examiner à nouveau et s’interrogent à la lumière d’autres valeurs fondamentales. Je pense que le changement véritable se produira seulement quand on aura atteint un niveau suffisant de conscience qui, éventuellement, sera partagé par un plus grand groupe.»
Layli Miller-Muro, avocate et fondatrice du Centre de Justice de Tahirih, une organisation de soutien des femmes en Virginie s’inspirant des convictions Bahá’íes, a exposé que souvent les lois ne sont pas suffisantes pour s’attaquer à des attitudes profondément enracinées.
Elle a décrit le cas d’une fillette de 12 ans, violée par son beau-père en représailles qu’elle ait signalé à la police sa façon brutale de battre sa mère.
Toutes les lois appropriées étaient en place, la fille avait des avocats gratuits et elle était entourée par une force de police compatissante et qualifiée, mais aucune de ces choses n’a pu empêcher l’abus de cet enfant, a raconté Mme Miller-Muro.
« Nous avons un système qui fonctionne en plein jour, mais qui ne peut pas empêcher quelqu’un de laisser libre cours à ses propres tendances violentes derrière des portes fermées.» a-t-elle encore formulé.
Mme Miller-Muro a conclu en disant que de telles attitudes peuvent seulement être abordées par une transformation spirituelle de la société autant que des individus.
Selon Mme Miller Muro : «La religion a la capacité de faire le bien pour inspirer, pour motiver, pour transformer le comportement humain. Les gens sont tout disposés à changer leur comportement pour une Puissance plus élevée, pas pour un prêt de la banque mondiale. »
