
Le professeur Tim Jackson ne se modère pas lorsqu’il décrit la société de consommation d’aujourd’hui : « Nous sommes poussés à dépenser de l’argent que nous n’avons pas, pour des choses dont nous n’avons pas besoin, pour impressionner de façon passagère des gens dont on se moque complètement. »
Le professeur Jackson, membre de la Commission du Royaume Uni sur le développement durable, a fait part de ses analyses au cours du débat qui s’est tenu cette semaine conjointement avec la session en cours de la Commission des Nations unies sur le développement durable.
La Communauté internationale bahá’íe est l’un des organisateurs du débat qui s’intitule Rethinking Prosperity: Forging Alternatives to a Culture of Consumerism (Repenser la prospérité : forger des alternatives à une société de consommation).
Les pays sont de plus en plus endettés – sans parler d’une catastrophe écologique potentielle – à cause de niveaux de consommation qui ne contribuent pas à la durabilité, a déclaré le professeur Jackson.
La solution que les participants proposent est de reconsidérer la nature de la société de consommation qui pousse obstinément les gens à adopter un mode de vie basé sur l’acquisition de plus de nouveaux biens matériels.
Un représentant de Consumers International, Luis Flores Mimica du Chili, a observé qu’il y a beaucoup de gens dans les « pays en voie de développement » qui n’ont pas encore adopté le mode vie basé sur la consommation qui, a-t il dit, était en grande partie rempli par des « ambitions creuses ».
« En aucun cas, il ne leur est possible de continuer à suivre la voie du « développement » ainsi qu’elle a été définie dans les années 1950 », a-t il affirmé.
Redéfinir le progrès

Victoria Thoresen, du Norwegian Partnership for Education and Research about Responsible Living (Partenariat norvégien pour l’éducation et la recherche d’une vie responsable), a suggéré qu’une manière d’aider l’humanité à faire un changement dans le système des valeurs durables serait de reconnaître notre unité essentielle – et de considérer que l’humanité est en train de passer collectivement de son stade d’adolescence à sa maturité.
« Un changement constructif dépend de la capacité des individus à reconnaître les principes spirituels ainsi qu’à identifier les modèles et les processus de changement dans la société », a affirmé Mlle Thoresen, qui est de confession bahá’íe.
Duncan Hanks, un représentant de la Communauté internationale bahá’íe à la Commission des Nations unies sur le développement durable, a annoncé la publication de la nouvelle déclaration bahá’íe, aussi intitulée Rethinking Prosperity: Forging Alternatives to a Culture of Consumerism.
« À un moment où le pétrole se répand de manière incontrôlée dans le golfe du Mexique, nous ressentons le besoin immédiat et l’urgence de redéfinir ce qu’est un progrès juste et équitable, a-t il déclaré. Nous avons redéfini ce à quoi ressemble la vraie prospérité. »
Ce qui est d’abord nécessaire, a ajouté M. Hanks, est un débat public sur la nature et le but du développement humain, en parallèle avec la reconnaissance que chaque individu a une contribution à apporter dans la construction d’un ordre social plus juste et pacifique.
Le professeur Jackson a marqué son accord. « Nous avons besoin d’un meilleur concept de la prospérité, une prospérité partagée, une prospérité durable, une prospérité construite autour de la capacité des gens à s’épanouir, dans les limites d’une planète limitée », a-t il précisé.
Le débat, qui s’est tenu dans les bureaux de la Communauté internationale bahá’íe de New York, était aussi organisé par l’UNESCO – l’United Nations Educational, Scientific, and Cultural Organization – et la mission permanente de la Suède aux Nations unies. La session 2010 de la Commission des Nations unies sur le développement s’est terminée le 14 mai.
Pour en savoir plus sur la déclaration, lire Rethinking Prosperity: Forging Alternatives to a Culture of Consumerism
