55ème Commission de la condition de la femme aux Nations unies, 22 février – 4 mars 2011

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New York, publiée le 24 mars 2011– L’éducation des femmes et des filles, qui est fondamentale pour l’avancement de la société, devrait inclure des éléments qui reconnaissent l’importance du développement spirituel et moral.

Ce sujet était un des points principaux d’une déclaration et d’un programme d’activités présentés par la Communauté internationale bahá’íe (BIC) durant la Commission annuelle de la condition de la femme des Nations unies.

Des participants venus du Belize, du Canada, de France1, d’Allemagne, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Vietnam ont formé la délégation de la BIC à cette Commission qui s’est tenue du 22 février au 4 mars.

L’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet – directrice exécutive de ONU Femmes – s’est adressée à la 55ème session de la Commission de la condition de la femme à l’occasion de son ouverture dans l’Assemblée générale des Nations Unies, le 22 février 2011. Photo ONU de Devra Berkowitz.
L’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet – directrice exécutive de ONU Femmes – s’est adressée à la 55ème session de la Commission de la condition de la femme à l’occasion de son ouverture dans l’Assemblée générale des Nations Unies, le 22 février 2011. Photo ONU de Devra Berkowitz.
Le thème de la Commission de cette année était : « Accès et participation des femmes et des filles à l’éducation, à la formation, à la science et à la technologie, y compris à la promotion d’un accès égal des femmes au plein emploi et à un travail décent ». Des délégués de gouvernements et d’organisations non-gouvernementales du monde entier se sont exprimés sur ce thème sous forme de causeries, de débats et d’ateliers.

« Éducation et apprentissage pour l’amélioration de la société »

Dans sa déclaration2 à la Commission, la Communauté internationale bahá’íe a remarqué comment, dans le domaine de l’éducation, « le développement spirituel et moral a souvent été dissocié de la formation intellectuelle et professionnelle ».

«Transmettre la capacité à réfléchir et à appliquer des principes spirituels, moraux et éthiques sera par conséquent indispensable à l’édification d’une civilisation mondiale prospère », est-il énoncé dans cette déclaration. Ceci requiert également de repenser les processus éducatifs.

La déclaration indique encore : « Tout programme éducatif se fonde sur des hypothèses fondamentales sur la nature humaine. Il faut considérer un enfant, non pas comme un récipient vide qu’il faut remplir, mais comme « une mine riche en gemmes d’une valeur inestimable » dont les trésors sont dévoilés et développés au bénéfice de l’humanité, uniquement grâce à l’éducation. »

Réforme du curriculum

Mme Changu Mannathoko, principale conseillère en stratégie d’éducation pour l’UNICEF, participant à un débat dans les bureaux de New York de la Communauté internationale bahá’íe le 23 février, dans le cadre de la Commission annuelle de la condition de la femme.
Mme Changu Mannathoko, principale conseillère en stratégie d’éducation pour l’UNICEF, participant à un débat dans les bureaux de New York de la Communauté internationale bahá’íe le 23 février, dans le cadre de la Commission annuelle de la condition de la femme.
Un débat, intitulé Rethinking Education for Girls and Women: Beyond the Basic Curricula (Repenser l’éducation des filles et des femmes : au-delà des curriculums de base), s’est tenu le mercredi 23 février, dans les bureaux de New York de la BIC.

Parmi les intervenants, Mme Changu Mannathoko – principale conseillère en stratégie d’éducation pour l’UNICEF – a noté que, dans beaucoup de pays, le programme actuel pour les filles est trop souvent centré sur la prévision qu’elles occuperont certains emplois précis.

Elle a déclaré : « Le programme actuel n’est pas assez transformateur pour qu’il puisse changer la vie des filles et des femmes. Nous devons arriver à assurer les mêmes opportunités pour les filles que pour les garçons. Le curriculum ne doit pas être conçu pour les seuls garçons, mais pour les deux. »

Mme Mannathoko a aussi parlé du problème du HIV/SIDA au sud de l’Afrique et du besoin d’envisager le comportement sexuel en termes de prévention du viol et des violences envers les femmes.

Les garçons s’expriment

La Communauté internationale bahá’íe a aussi présenté une série d’activités parrainées par une coalition d’organisations non-gouvernementales, comprenant la National Alliance of Women’s Organizations (NAWO) du Royaume-Uni.

Un aspect inhabituel du programme était la participation – patronnée par Widows Rights International – de six jeunes gens et garçons qui ont proposé leurs propres réflexions originales sur ce qui peut être fait pour soutenir l’égalité.

Au cours d’un atelier intitulé « Les garçons s’expriment », Charlie Clayton du Royaume-Uni, âgé de 17 ans, a mentionné un projet scolaire en Suède dans lequel l’égalité des sexes était mise en avant dès le plus jeune âge. Lorsque les deux sexes étaient supposés travailler ensemble à égalité, il a expliqué que «les garçons étaient plus calmes et les filles plus confiantes ».

Mibaku Mollel, 23 ans, de la Tanzanie a témoigné de ses expériences relatives à la participation de jeunes hommes africains qui se sont occupés d’aider, dans des villages, plus de 130 veuves afin qu’elles puissent accéder à des microcrédits pour démarrer leurs entreprises.

« Si plus d’hommes et de garçons aidaient les femmes, plus de femmes seraient éduquées. Elles deviendraient des enseignantes et la communauté se développerait », a déclaré M. Mollel.

La création de ONU Femmes

L’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet – directrice exécutive de l’organisation nouvellement créée ONU Femmes – présente le logo de la nouvelle organisation au cours de la conférence de presse sur les priorités de ONU Femmes pour l’année 2011. Photo UN de Paulo Filgueiras.
L’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet – directrice exécutive de l’organisation nouvellement créée ONU Femmes – présente le logo de la nouvelle organisation au cours de la conférence de presse sur les priorités de ONU Femmes pour l’année 2011. Photo UN de Paulo Filgueiras.
L’un des sujets les plus discutés au cours de la Commission de cette année a été la création d’une nouvelle agence, ONU Femmes.

Créée par l’Assemblée générale des Nations unies en juillet de l’année dernière, ONU Femmes renforce le travail sur la question de la femme, précédemment effectué par quatre agences différentes.

La directrice exécutive de ONU Femmes, l’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet, s’est présentée à la commission le 22 février en expliquant les buts de l’organisation.

« Nous avons la vision d’un monde où les femmes et les hommes ont des droits et des opportunités égaux et où les principes de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes sont fermement intégrés dans les programmes du développement, des droits de l’homme, de la paix et la sécurité », a affirmé la présidente Bachelet.

Au cours des quatre dernières années, un certain nombre d’ONG – y compris la Communauté internationale bahá’íe – ont été profondément impliquées dans le soutien à la création de ONU Femmes. En fin de compte, une coalition de plus de 27 organisations de 50 pays s’est jointe à la campagne de Gender Equality Architecture Reform (GEAR), un effort reconnu comme essentiel, par de nombreux observateurs, parmi ceux qui ont abouti à l’approbation de ONU Femmes par l’Assemblée générale.

« Nous nous réjouissons de la création de cette nouvelle organisation, a déclaré Bani Dugal, la représentante principale de la Communauté internationale bahá’íe auprès des Nations unies. C’est une étape importante et qui, nous l’espérons, donnera un plus grand élan et une cohérence plus importante au travail des Nations unies dans ses actions pour l’égalité des sexes et l’avancement des femmes. Nous espérons, à présent, que les gouvernements vont financer pleinement ONU Femmes pour qu’elle puisse tenir ses promesses. Nous voulons aussi qu’ONU Femmes s’engage dans la société civile de façon marquante à tous les niveaux, mondial, régional et national. »

Témoignage d’une des membres de la délégation bahá’íe de France

De droite à gauche: Michèle Bachelet, directrice-exécutive d’ONU-Femmes et ancienne présidente du Chili ; Sophie Ménard, membre de la délégation de la Communauté internationale bahá’íe à la 55ème session de la Commission de la condition de la femme et Carmel Irandoust, membre de la Communauté internationale bahá’íe.
De droite à gauche: Michèle Bachelet, directrice-exécutive d’ONU-Femmes et ancienne présidente du Chili ; Sophie Ménard, membre de la délégation de la Communauté internationale bahá’íe à la 55ème session de la Commission de la condition de la femme et Carmel Irandoust, membre de la Communauté internationale bahá’íe.
Sophie Ménard était une des participantes françaises de la délégation officielle de la Communauté internationale bahá’íe à la 55ème Commission de la condition de la femme qui s’est tenue du 22 février au 4 mars aux Nations unies à New York.

« Le lancement officiel d’ONU Femmes a été un vrai temps fort historique cette semaine, témoigne Sophie Ménard, représentante des bahá’ís de France. C’est un signe encourageant de voir une entité onusienne dédiée à l’égalité des sexes et à la responsabilisation et l’autonomisation des femmes.

« Car si des progrès ont été réalisés, il reste de nombreux défis à relever. Par exemple, nous pensons qu’il ne s’agit pas seulement de permettre aux femmes de trouver leur place dans l’organisation sociale actuelle, mais que les femmes et les hommes doivent travailler au coude à coude à l’amélioration de la société tant sur les plans matériels que spirituels à la recherche de la justice, la paix et la prospérité collective.


Documents joints

La déclaration complète de la BIC en anglais

La déclaration complète de la BIC en français


  1. voir dans cet article le témoignage de Sophie Ménard 

  2. voir cette déclaration de la BIC dans les documents joints à cet article 

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