Conférence : La religion se joint à la science pour débattre des questions d’environnement

Partager cet article :

Washington, publié le 4 octobre 2009 – Les croyances religieuses affectent l’attitude des individus envers le changement climatique, des groupes religieux contribuant de plus en plus à formuler des réponses aux problèmes environnementaux.

C’était l’un des messages d’une session de la 33ème conférence annuelle de l’Association pour les études bahá’íes, qui s’est tenue à Washington à la mi-août. La réunion a attiré près de 1 000 participants de quelque 20 pays.

Peter G. Brown de l’université McGill parle de la construction d’une économie mondiale basée sur une « relation correcte » entre les hommes et leur environnement. Il a pris la parole au cours de la conférence annuelle de l’Association pour les études bahá’íes le 14 août 2009 à Washington. (Photo de Evan Wilder)
Peter G. Brown de l’université McGill parle de la construction d’une économie mondiale basée sur une « relation correcte » entre les hommes et leur environnement. Il a pris la parole au cours de la conférence annuelle de l’Association pour les études bahá’íes le 14 août 2009 à Washington. (Photo de Evan Wilder)
Le thème de la conférence était « Les environnements » et l’un des orateurs était Peter G. Brown, professeur de géographie à l’université McGill de Montréal qui a participé au Moral Economy Project du Quaker Institute for the Future.

Selon Monsieur Brown l’actuel paradigme économique est en train de provoquer le chaos sur la planète et que les gens ont besoin d’apprendre à se considérer comme des citoyens et non comme des consommateurs.

« Nous avons besoin d’une image différente de nous-mêmes, a-t-il fait remarquer, une image qui voit l’humanité comme une partie d’un long processus « co-évolutionnaire ». Au lieu de se demander comment mieux exploiter les ressources terrestres, l’humanité devrait plutôt se demander comment vivre avec une éthique de respect et de réciprocité pour toute forme de vie ».

Le professeur Peter Brown a discouru sur le développement d’une économie mondiale. (Photo de Evan Wilder)
Le professeur Peter Brown a discouru sur le développement d’une économie mondiale. (Photo de Evan Wilder)
Le concept de moralité de la société est trop limité, a-t-il poursuivi, suggérant qu’un cadre moral devrait s’appliquer aux systèmes et pas uniquement aux individus.

« Nous n’avons pas été capables d’associer notre connaissance scientifique à nos systèmes de morale », a-t-il ajouté.

Un orateur bahá’í, Peter Adriance, a expliqué comment les groupes religieux et les communautés spirituelles collaborent de plus en plus avec le courant environnemental. Il a cité Mary Evelyn Tucker, cofondatrice du Forum on Religion and Ecology, en disant « qu’aucun autre groupe d’institutions ne peut exercer l’autorité morale particulière des religions ».

Monsieur Adriance a passé en revue une douzaine d’initiatives prises par différents groupes qui se concentrent sur les aspects spirituels et moraux d’un environnement durable. Parmi les initiatives qu’il a mentionnées se trouvaient :

• Un rapport unique en son genre du Sierra Club intitulé Faith in Action : Communities of Faith Bring Hope for the Planet.

• Des programmes sponsorisés par la Coalition on the Environment and Jewish Life.

• Un document provenant du Worldwatch Institute intitulé Engaging Religion in the Quest for a Sustainable World (Engager la religion dans la recherche d’un monde durable) ; une partie du texte était incluse dans le State of the World report de 2003.

• Le Green Sanctuary Program initié par le Unitarian Universalist Ministry for Earth.

Il a cité Gus Speth dans le Yale Conference Report de 2007 : « Les religions jouent un rôle essentiel dans la fin de l’esclavage, dans le mouvement des droits civils et dans l’abolition de l’apartheid en Afrique du Sud, et elles orientent maintenant leur attention avec une fermeté croissante vers l’environnement ».

Monsieur Adrian a aussi cité un passage de la déclaration de 1991 de la Communauté internationale bahá’íe appelant à une réponse spirituelle pour traiter les problèmes planétaire : « Les changements nécessaires afin de réorienter le monde vers un futur durable impliquent certains sacrifices, l’intégration sociale, des actions désintéressées, et l’unité de motivation rarement réalisée dans l’histoire de l’humanité. Ces qualités ont atteint leur plus haut degré de développement à travers le pouvoir de la religion ».

D’autres nouvelles de la conférence de l’Association d’Études Bahá’íes, section Amérique du Nord :

La conférence annuelle de l’Association pour les études bahá’íes (section de l’Amérique du Nord) a eu lieu du 13 au 16 août simultanément avec la réunion annuelle du Forum international sur l’environnement, une organisation d’inspiration bahá’íe qui traite de l’environnement et du développement durable.

Arthur Dahl qui a prononcé le discours d’ouverture et a ouvert la conférence en déclarant que le thème « Les environnements » de la conférence explorait la relation « entre nos propres environnements intérieur et extérieur, entre la planète et nos âmes, entre la science et la spiritualité ».

« Nous considérons toujours les problèmes économiques séparément des questions sociales ou environnementales malgré tous les efforts pour les associer », a expliqué le Dr. Dahl, qui est président du Forum international de l’environnement et un ancien membre officiel du Programme des Nations unies pour l’environnement.

S’adressant à une audience qui comprenait de nombreux scientifiques, il a mis en garde contre « le danger spirituel engendré par l’orgueil de penser que nous pouvons tout savoir grâce à la science ».

La science révèle des faits, a-t-il fait remarquer, et il a donné l’exemple de la science prouvant que l’usage du tabac provoque le cancer des poumons.

Mais la science est impuissante à changer le comportement des gens – ce qui change le comportement des gens est la spiritualité et la transformation culturelle, a-t il ajouté.

L’allocution commémorative Balyuzi :

Cette allocution commémorative a été nommée en l’honneur de Hasan M. Balyuzi, un historien distingué de la foi bahá’íe.

C’est l’artiste Otto Don Rogers du Canada, qui a prononcé le discours commémoratif Balyuzi 2009, se concentrant sur les arts comme entreprise spirituelle. (Photo de Evan Wilder)
C’est l’artiste Otto Don Rogers du Canada, qui a prononcé le discours commémoratif Balyuzi 2009, se concentrant sur les arts comme entreprise spirituelle. (Photo de Evan Wilder)
Un des temps fort de la conférence a été l’allocution commémorative Balyuzi donnée par l’artiste canadien Otto Don Rogers, a expliqué Kim Naqvi, l’un des organisateurs du rassemblement.

Les travaux réalisés par Monsieur Rogers sont exposés dans de nombreux musées – parmi lesquels la collection permanente de la National Gallery du Canada, du Montreal Museum of Fine Arts et du Museum of Fine Arts de Boston.

« Il a invité la communauté à considérer les arts comme étant une tentative à la fois intellectuelle et spirituelle », rapporte Kim Naqvi.

Monsieur Rogers a exploré le concept de l’espace et a expliqué que même les scientifiques ne le comprennent pas très bien ; dans le passé, on s’y référait parfois en tant qu’« éther ».

Cézanne, a-t-il fait remarquer, a été l’un des premiers peintres à laisser des blancs – des espaces – dans ses peintures, donnant la possibilité à l’esprit de se déplacer dans son œuvre. « L’espace n’est pas simplement un rideau qui pend derrière tout, ainsi que l’ont découvert les physiciens, mais il a une intelligence et une forme », a-t il ajouté.

« Des recherches récentes sur le fonctionnement du cerveau ont révélé des choses intéressantes, a-t-il poursuivi. Les physiciens croyaient que les milliards de neurones du cerveau étaient connectés en une longue chaîne. Mais maintenant, avec le développement de microscopes à fort grossissement, ils ont découvert que chaque neurone est relié à sa propre mémoire. Un groupe de neurones est relié à un autre par un certain type de mémoire, mais ils ne se touchent pas ».

Il a ajouté que les scientifiques avaient conclu que les synapses entre les cellules sont les lieux secrets de la communication. De même, une peinture porte sur l’espace entre les objets, la façon dont les ombres rencontrent la lumière, la rapidité et la lenteur, l’immobilité et le mouvement, tout cela se présentant simultanément. Il a pris des dispositions pour que huit de ses œuvres les plus récentes soient projetées sur un écran géant pendant son discours et il a encouragé l’audience à « apprécier l’immobilité ».

« Nous les artistes, a-t il commenté, nous nous émerveillons devant des spectateurs qui lisent le titre d’un ouvrage, attendent quelques secondes, puis continuent ».

Pour en savoir plus :

Des informations supplémentaires sur la conférence sont disponibles sur les sites du Service Canadien des Nouvelles Bahá’íes et du International Environmental Forum

(Julia Berger, Sandra Blaine, et Parvin Rowhani ont contribué à cet article)

Partager cet article :