BARCELONE, Espagne, publié le 2 septembre 2011 – Une réflexion sur les possibilités de contribution des religions aux Objectifs du Millénaire des Nations unies (OMD) a été concrétisée avec une nouvelle publication en espagnol.
En Espagne, une initiative interreligieuse significative prise par les bahá’ís, les bouddhistes, les juifs, les musulmans et les chrétiens – évangéliques, orthodoxes, catholiques romains et unitariens universalistes – a permis d’étudier chacune de ces croyances en relation avec les Objectifs du Millénaire. Objectifs qui ,en coordination avec les 193 états membres des Nations unies et d’autres organisations internationales, devraient être réalisés entre les années 2000 et 2015.
« La Catalogne est, en Espagne, une pionnière du dialogue interreligieux », explique Lluís Cirera Font, bahá’í actif depuis plusieurs années dans le groupe fondateur du dialogue interreligieux créé sous les auspices du centre catalan de l’UNESCO.
L’idée d’une publication reflétant les discussions du groupe a émergé après deux années de réunions régulières, relate-t-il.
« Cet ouvrage ne sera pas utile seulement pour nous mais aussi pour la société en général. Lorsque nous avons décidé de discuter des Objectifs du Millénaire pour le développement et des éventuelles contributions des religions, alors l’idée de ce livre s’est confirmée. »
Ce livre a d’abord été publié en catalan, publication suivie d’une édition en espagnol – intitulée Religiones y Objetivos del Milenio (Religions et objectifs du Millénaire) par le Centre catalan de l’UNESCO, soutenu par la Foundation for Pluralism and Coexistence (Fondation pour le pluralisme et la coexistence). Une version anglaise est en préparation.
« Sans une volonté sincère de dialogue et un désir d’apprendre et de comprendre les autres par un dialogue approfondi entre des personnes d’origines diverses, ce livre n’aurait pas vu le jour », a ajouté M. Cirera.
Principes spirituels

Il s’agit d’un effort qui exige non seulement des décisions économiques et politiques mais également énormément de volonté, explique M. Cirera.
« Le livre est un essai de réflexion quant aux capacités des religions à motiver les personnes à agir et à surmonter les limites et la paralysie de la volonté dans un monde qui sombre dans l’hédonisme et le matérialisme. Si les principes spirituels offerts par les religions étaient mieux pris en compte par les décideurs, le résultat des efforts serait meilleur et durable. »
Un autre apport du livre est l’inclusion de passages des Écritures saintes concernant la promotion des progrès sociaux et économiques.
« Cet ensemble de citations permet de comprendre que tous les peuples, même s’ils sont d’origines religieuses différentes, peuvent travailler ensemble à des objectifs communs », souligne encore M. Cirera.
Des exemples de bonnes pratiques venant de différentes communautés sont présentés, chaque exemple étant choisi afin d’inspirer les membres respectifs, aussi bien que d’autres lecteurs, dans leur contribution personnelle au processus. Des déclarations de dirigeants mondiaux ou de représentants de chaque communauté s’y ajoutent.
« La culture de paix et de dialogue, tout aussi bien que la volonté de travailler ensemble à un développement plus égalitaire de l’humanité, se rencontrent dans cette publication de manière emblématique, explique Francese Torradeflot, secrétaire du groupe fondateur du dialogue interreligieux et membre du Centre catalan de l’UNESCO.
« Leurs activités sont un exemple de cohérence entre le niveau local – dialogue interreligieux d’un groupe barcelonais – et le niveau planétaire, en raison des contributions de dirigeants religieux mondiaux », a ajouté M. Torradeflot.
Et de poursuivre : « les traditions religieuses et spirituelles contribuent et continueront à contribuer effectivement à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Cette publication est un exemple de bonne pratique qui peut être une source de guidance pour nombre d’entre nous ».
La publication a été accueillie avec enthousiasme, aussi bien par les organisations religieuses que par d’autres. Par exemple, le Roman Catholic religious teaching order Carmelitas Vedrunas (ordre enseignant catholique romain des Carmélites de Vedrunas) a organisé, pour ses religieuses, quelques sessions de formation basées sur le livre. Maintenant, elles sont capables d’appliquer les différentes perspectives religieuses dans des écoles où les étudiants proviennent de milieux divers.
« Je pense que le dialogue interreligieux doit permettre de construire des ponts entre les personnes », explique Luís Cirera Font. « Ce n’est pas un débat pour désigner qui a raison dans des questions, parfois complexes, mais plutôt pour distinguer les aspects essentiels que nous pouvons tous partager et pour construire quelque chose à partir d’eux.
« Bien que la réponse aux questions spirituelles puisse être différente – résultat des conditions historiques et sociales de chaque époque – fondamentalement, ce qui justifie de telles actions provient d’une seule source et a la même origine. En fait, c’est une seule foi commune. »
Les Objectifs du Millénaire pour le développement
Les Objectifs du Millénaire pour le développement (ODM) ont pour origine la Déclaration du Millénaire adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2000 suite au sommet du Millénaire de trois jours des dirigeants mondiaux.
La Déclaration affirme que chaque individu a droit à la dignité, la liberté, l’égalité, à un niveau de vie décent qui inclut une liberté sans faim ni violence, et encourage la tolérance et la solidarité.
Les huit objectifs du Millénaire pour le développement sont : réduire l’extrême pauvreté et la faim, assurer l’éducation primaire pour tous, promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies, préserver l’environnement et mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
