La religion pourrait aider à combattre le SIDA, selon une étude

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Georgetown, Le Guyana1, publié le 3 septembre 2007 – Les stratégies destinées à empêcher la propagation du SIDA dans les populations jeunes pourraient être plus efficaces si elles s’appuyaient sur le pouvoir de la croyance et de la pratique religieuse, c’est la conclusion de chercheurs qui se sont intéressés à l’attitude des jeunes gens par rapport au SIDA et à leurs comportements sexuels.

En Guyana, des jeunes gens engagés dans le programme Youth Can Move the World (Les jeunes peuvent faire bouger le monde) ont participé à la collecte d’informations dans le cadre d’une étude sur la corrélation entre la croyance religieuse et la propagation du SIDA
En Guyana, des jeunes gens engagés dans le programme Youth Can Move the World (Les jeunes peuvent faire bouger le monde) ont participé à la collecte d’informations dans le cadre d’une étude sur la corrélation entre la croyance religieuse et la propagation du SIDA
L’étude, financée par l’UNICEF et conduite par la Fondation Varqa locale, a montré que les jeunes gens qui connaissaient et respectaient les enseignements de leur religion étaient beaucoup moins susceptibles d’avoir des relations sexuelles que les autres, dans des proportions respectives de 18 % contre 45%.

Dans un article publié dans le numéro de mars 2007 du « International Journal of STD and AIDS », les auteurs de l’étude affirment : « Les stratégies de prévention de la propagation du SIDA devraient s’appuyer sur la croyance et la pratique religieuse, en particulier dans des sociétés comme celle du Guyana, où l’affiliation religieuse demeure forte. »

Le Guyana est le troisième pays le plus touché par le SIDA dans les Caraïbes, sachant que cette région est elle même la seconde la plus touchée au monde.
L’auteur principal de l’étude, Brian O’Toole, déclare dans une interview : « De nombreux spécialistes du domaine du développement international ne sont pas à l’aise avec l’idée de s’appuyer sur la foi pour des projets de transformation personnelle ou communautaire, comme la prévention du SIDA. »

Le Dr O’Toole, qui est aussi directeur de la fondation Varqa, une agence de développement social et économique d’inspiration bahá’íe basée au Guayana, affirme encore : « Cette étude suggère que dans un pays comme le Guyana, où beaucoup de gens ont de fortes croyances religieuses, il devrait être possible de tirer partie de l’inspiration spirituelle pour répondre à certains problèmes auxquels est confrontée la société. »

Plus de 2 000 personnes entre 12 et 20 ans ont été interrogées pour cette étude. Elles ont rempli des questionnaires anonymes sur leur comportement sexuel, sur leur compréhension du SIDA et de la manière dont il se propage et sur leur attitude à l’égard de sujets comme la virginité et l’utilisation du préservatif.

95% de ceux qui ont répondu étaient conscients que le VIH peut se contracter par contact sexuel avec une personne séropositive. Cependant, moins d’un tiers (29,5 %) étaient capables de citer jusqu’à trois autres modes de transmission du VIH et seulement 37 % étaient capables de citer trois moyens de protection.

Le sondage a aussi montré qu’en Guyana, près de 25 % des jeunes de 12 à 14 ans étaient sexuellement actifs, un pourcentage qui s’élève à plus de 33 % chez les 15 ans et plus.

Il était demandé aux personnes interrogées si elles connaissaient les enseignements de leur religion concernant le sexe et si elles suivaient ces préceptes. Un peu plus de 35 % des jeunes gens ont répondu « oui » aux deux questions, alors qu’un autre groupe composé de 22% de personnes ont répondu qu’ils les connaissaient mais ne les appliquaient pas.

7977-0_bahai.fr_.jpg Les auteurs ont aussi conclu que l’éducation par les pairs devrait être un autre élément de toute stratégie de prévention du SIDA.

D’après les auteurs : « le contenu et le mode de transmission d’un programme éducatif doit pouvoir être adapté aux contextes locaux, de préférence par des personnes qui sont familières avec ces situations. A cet égard, l’éducation par les pairs semble une piste prometteuse. »

Selon le Dr O’Toole : « Habituellement, dans ce type de sondage, on reçoit quelques centaines de réponses. Grâce au réseau de jeunes volontaires établi par le projet Youth Can Move the World (YCMTW – Les Jeunes peuvent changer le monde), un programme également financé par la Fondation Varqa, nous avons pu en recevoir plusieurs milliers. »

Fondé par Varqa en 1997, le programme YCMTW a utilisé les méthodes de l’éducation par les pairs pour former plus de 7 000 Guyaniens aux stratégies de prévention de l’alcoolisme et de la drogue, du suicide, du SIDA et de la violence domestique.

Entre autres choses, le programme utilise des extraits de textes issus des écrits sacrés des grandes religions du Guyana pour aider les jeunes gens à tirer partie de leur héritage spirituel et ce dans le but de prévenir les comportements à risque. En Guyana, environ 50 % de la population est chrétienne, 35 % est hindoue et 10 % est musulmane. Les 5 % restants se répartissant entre d’autres religions, dont la foi bahá’íe.


  1. Le Guyana ou la Guyana, officiellement la République coopérative du Guyana, est le seul état du Commonwealth situé en Amérique du Sud. Localisé au nord de l’Equateur mais dans les tropiques et dispose de côtes sur l’Océan Atlantique. C’est le troisième plus petit pays de l’Amérique du Sud et il fait partie des plus pauvres. 

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