Le « Youth art project » vaut des éloges à une résidente du Nunavut

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Qaluit, Nunavut, Canada, publié le 8 juin 2009 – En 1999, Beth McKenty s’est déplacée dans la partie peu peuplée du nord-est du Canada – à Iqaluit sur l’île de Baffin – pour accomplir un engagement, pris 45 ans plus tôt, à savoir consacrer une partie de sa vie à réduire le suicide des jeunes.

Ces travaux ont été créés par Ooleepeeka Ipeelie et Seepoola Innuaraq pendant leur participation au programme
Ces travaux ont été créés par Ooleepeeka Ipeelie et Seepoola Innuaraq pendant leur participation au programme « Arctic Youth Art Initiative ». (Photo de courtoisie de la communauté bahá’íe du Canada)
Moins de deux semaines après son arrivée, elle avait déjà commencé un projet pour aider les enfants à développer leur estime de soi par l’exploration de leur créativité. Arctic Youth Art Initiative s’est depuis développé et concerne des centaines d’enfants.

Une bahá’íe du Nunavit reconnue comme « une Canadienne ayant le cœur sur la main »

Les efforts de Madame McKenty ont été reconnus au mois d’avril dernier lorsque la gouverneure générale, Michaelle Jean, a annoncé les lauréats, pour recevoir le Caring Canadian Awards 2009, Prix du Gouverneur général pour l’entraide. Créée en 1996 par le gouverneur général canadien, cette distinction est décernée aux individus et aux groupes dont les contributions bénévoles et volontaires fournissent, pendant un certain nombre d’années, une aide ou un service exceptionnel à des gens de leur communauté.

Beth McKenty, à gauche, était âgée de presque 70 ans quand elle a commencé, il y a une décennie, le programme d’art. (Photo utilisée avec la permission du
Beth McKenty, à gauche, était âgée de presque 70 ans quand elle a commencé, il y a une décennie, le programme d’art. (Photo utilisée avec la permission du « Nunatsiaq News » © 2004)
La route a été longue et souvent surprenante pour Mme McKenty, de son lieu de naissance à Snowflake dans le Manitoba, jusqu’à Iqaluit, la capitale du territoire de Nunavut, qui ne compte que 7 200 habitants. Outre plusieurs décennies de résidence dans le Wisconsin, où elle a travaillé en tant que journaliste freelance et élevé une famille, elle a vécu aussi au Japon, en Chine et en Russie. Elle a également enseigné au Navajo College à Tsaile en Arizona, aux États-Unis.

« J’ai été élevée dans une ferme du Manitoba, parmi une fratrie de sept enfants, a-t-elle expliqué. Mon père était un descendant de pionnier et un vétéran qui avait servi à Vimy Ridge. Ma mère, une infirmière, était une immigrée islandaise. Nous avons grandi dans une maison ouverte au monde entier ».

« En 1954, mon jeune frère s’est ôté la vie. Une manière de traiter mon angoisse a été de me faire une promesse qu’un certain jour, d’une manière ou d’une autre, je ferais quelque chose pour aider à réduire le suicide des jeunes ».

C’est le jour de l’enterrement de son frère qu’elle entend parler pour la première fois de la foi bahá’íe. Quand elle a appris le principe d’unité de Bahá’u’lláh, embrassant le monde entier, elle a senti que cela correspondait aux valeurs avec lesquelles elle avait grandi. S’en est donc suivie une vie d’activités bahá’íes.

« J’ai été très occupée et les années ont passé, mais mon plan incluait toujours d’accomplir ma promesse à mon frère, a-t-elle ajouté. Puis en 1999, deux choses se sont produites simultanément. J’ai lu que le taux de suicide des jeunes dans le Nunavut, récemment formé, était sept fois supérieur à la moyenne canadienne. À peu près en même temps, j’ai assisté à la convention nationale bahá’íe à Montréal où j’ai découvert des occasions de service dans l’Arctique. Voilà, c’était ma chance ».

En octobre suivant, elle a emménagé dans le centre bahá’í d’Iqaluit, situé dans la toundra arctique, juste au sud du cercle polaire.

« Je suis venue avec un but »

« Je suis venue avec un but, mais je n’avais pas de méthode, indique-t-elle. Auparavant, j’avais eu mon propre studio d’artiste pendant deux ans et j’avais donc apporté mes peintures avec moi à Iqaluit. Deux semaines après mon arrivée, j’ai entendu des bruits étranges et j’ai découvert deux garçons essayant de jeter des pierres au-dessus de la maison, mais sans grand succès. J’ai ouvert la porte et je leur ai demandé s’ils voulaient entrer pour prendre du chocolat chaud.

Sur cette photo d’archives du
Sur cette photo d’archives du « Nunatsiaq News », Beth McKenty prépare des matériaux pour les plus jeunes enfants d’Iqaluit qui viennent à ses séances de création artistique. (Photo utilisée avec la permission du « Nunatsiaq News » © 2002)
« Comme j’étais en train de peindre, je leur ai demandé s’ils aimeraient aussi peindre. J’ai expliqué qu’avec le rouge, le jaune et le bleu, ils pourraient préparer n’importe quelle couleur sauf le blanc. Ils étaient intimidés, mais ils ont accepté. J’ai été stupéfaite par ce qu’ils pouvaient peindre. Leur travail était si nordique. L’héritage merveilleux des Inuits était évident chez ces enfants. Ils sont revenus plus tard avec un ou deux amis. C’est ainsi que ce projet a commencé ».

« Je n’ai jamais vraiment instruit ces enfants. Je les ai juste aidés en fournissant un espace et des matériaux de bonne qualité. En plus de la peinture, les enfants apprécient les jeux, les récompenses, le déjeuner et occasionnellement les « multiples » fêtes d’anniversaire ».

Les jeunes gens se voient offrir l’espace et les matériaux pour leur travail, mais Beth McKenty indique qu’elle « n’a jamais vraiment instruit ces enfants ». (Photo utilisée avec la permission du
Les jeunes gens se voient offrir l’espace et les matériaux pour leur travail, mais Beth McKenty indique qu’elle « n’a jamais vraiment instruit ces enfants ». (Photo utilisée avec la permission du « Nunatsiaq News » © 2004)
Bien que localisé dans le centre bahá’í, le projet est séparé des réunions bahá’íes, c’est un service offert à la communauté. Peu à peu, une formule spéciale s’est développée avec un temps d’accueil suivi par la préparation des palettes, des pinceaux, du papier et de la peinture pour chaque enfant.

« J’ai vite appris, se souvient Madame McKenty, qu’il est important de donner exactement la même quantité de matériaux à chaque enfant pendant qu’ils observent attentivement la préparation. Je demande six ou sept minutes de silence au début de la peinture. J’ai appris que parler perturbe le moment créateur. Souvent, le silence se poursuit aussi longtemps que les jeunes artistes sont absorbés par ce qu’ils sont en train de créer ».

Séances du samedi matin

Progressivement, de plus en plus d’enfants sont venus en amenant leurs amis. Aujourd’hui, les ateliers du samedi matin regroupent toujours une moyenne de 5 à 20 participants, âgés de 4 à 14 ans.

« Au-delà de l’art, il y a beaucoup d’avantages à ce projet, explique Madame McKenty. Il est également important que les enfants se fassent des amis ici. Un enfant qui a été très impopulaire auprès des autres peut produire quelque chose d’original ou de très beau. Ceci change les sentiments des autres et le perception de la valeur de l’enfant ».

Beth McKenty (au centre) lors de l’exposition 2008.
Beth McKenty (au centre) lors de l’exposition 2008.
« Je ne peux pas dire à coup sûr, en tant qu’adulte, qu’ils ne mettront pas fin à leur vie, mais je sais que le risque que cela arrive est moindre s’ils sont devenus fiers de leur travail, s’ils donnent et reçoivent des éloges, et en apprennent plus au sujet des rapports humains ».

« Mon expérience me prouve que chaque être humain est un artiste. Quand nous en prenons conscience, cela aide à nous éclairer sur notre propre âme ».

The Arctic Youth Art Initiative s’est progressivement élargi, incluant des visites aux écoles. Avec l’appui d’autres particuliers et organismes, des ateliers ont été organisés dans huit autres territoires du Nunavut, y compris les deux situés le plus au nord, Resolute et Grise Fiord. Le travail des participants a été montré à la Nunavut Legislature, au Iqaluit’s Nunatta Sanukkataangit Museum, ainsi qu’au Glenbow Museum de Calgary et à la Marion Scott Inuit Art Gallery à Vancouver.

Cet été, l’Ottawa School of Art a offert à deux jeunes artistes, particulièrement doués, deux semaines d’enseignement individuel et des visites aux galeries et aux musées. Ceci en récompense des huit années où ils ont régulièrement participé aux ateliers.

« La vie est si riche pour moi en tant que bahá’íe, a déclaré Madame McKenty. J’ai appris à regarder, au sens propre, chaque être humain comme un membre de ma famille. Mon espoir est que ceci fasse partie de ce que les enfants ressentent ici, que nous sommes vraiment unis dans ce que nous faisons, que je ne suis pas un professeur venant d’un endroit différent, juste une amie ».

« Ce fut bouleversant pour moi, lorsque revenant il y a deux ans de l’enterrement de mon fils Jack Jr. à Los Angeles, de répondre à la sonnette et de trouver un énorme panier d’orchidées et de lys livré avec une note de « vos amis, les chauffeurs de taxi d’Iqaluit ». Bien que ce projet soit centré sur les enfants, apparemment, il a atteint d’autres cœurs, et le mien continue à bénéficier du privilège d’habiter et de travailler à Iqaluit ».

Note de la rédaction : cet article a été publié la première fois par Canadian Baha’i News Service.

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