Londres, Royaume-Uni, publié le 16 janvier 2007 – Au Royaume-Uni, le groupe des « Parlementaires Amis des bahá’ís », issus de tous partis politiques, sponsorise des séminaires de réflexion et d’échange sur des sujets de société méritant réflexions et informations tels que « la liberté de croyance » ou « le respect des droits des minorités ». Par ailleurs, chaque année, à Naw-Ruz (Nouvel An bahá’í fêté le 21 mars), ce groupe de parlementaires organise une réception au Parlement à Londres.
Un des séminaires, proposé en 2006, par ce groupe parlementaire aidée de la Communauté bahá’íe, a porté sur la liberté religieuse. Bien que reconnue par presque toutes les nations comme un droit fondamental, la liberté de religion ou de croyance est faiblement appliquée par beaucoup de gouvernements et elle mérite de ce fait plus d’attention. La discussion fut introduite par M. Ian Stewart, membre du parlement, qui déclara que ce séminaire avait pour objectif de promouvoir la liberté de religion et de croyance comme une question de principe. « Cet évènement ne concerne pas seulement les bahá’ís, mais les défis que nous partageons tous, et ils ne sont pas la propriété d’un seul groupe », a dit Monsieur le Député Stewart.
La réflexion s’est articulée autour d’une discussion entre trois experts des droits de l’Homme sur la liberté de religion et de croyance.
L’un d’entre eux, Kevin Boyle, professeur au centre des droits de l’Homme de l’université d’Essex a déclaré : « Il est honteux que les persécutions pour convictions
religieuses soient aussi largement répandues. »
Il a ajouté que « ce problème demeure, malgré la présence d’un solide cadre légal international en matière de droit à la liberté de religion et de croyance, comme exposé dans le Pacte international des droits civils et politiques. En droit international, les difficultés viennent de l’incapacité des états à observer les standards fixés ».
Selon le Professeur Boyle, les Etats ont le devoir primordial de protéger la diversité de croyances tout en restant neutre concernant les diverses convictions.
Cependant, si une religion a une position privilégiée au sein même de cet état, il lui sera alors plus difficile de promouvoir l’égalité entre les religions, même si la neutralité d’un état dans ce domaine n’équivaut pas à la laïcité. Il conclut enfin que « Le droit à la liberté de religion et de croyance ne peut pas être envisagé seul, il doit être appréhender en parallèle avec d’autres droits comme la liberté d’expression, la liberté d’association et ce, au sein d’une culture démocratique».
Pour Samantha Knights, une autre intervenante, l’un des contextes les plus difficiles au maintien par un état de la liberté de religion ou de croyance, est celui où les pratiques religieuses entrent en conflit avec la culture majoritaire.
Mme Knights qui a étudié et travaillé sur des cas de liberté de religion ou de croyance en Grande-Bretagne et aux États-Unis a déclaré que le cas de la lycéenne Shabina Begun, qui a revendiqué le droit de porter la burqa (le voile intégral islamique pour les femmes) à l’école, illustre la complexité du problème dans ce contexte. « Lorsque les Cours statuent sur des affaires relatives à la liberté de religion ou de croyance, elles doivent se demander si de telles pratiques ou croyances sont essentielles à une religion ou plus ou moins secondaires. Il faut de plus concilier les droits des individus et la protection de l’intérêt général. » a –t- elle déclaré.
Selon Docteur Nazila Ghanea, la troisième intervenante de ce séminaire, la liberté de religion ou de croyance est insuffisamment protégée, en partie parce qu’elle est considérée dans la pensée dominante comme distincte des autres droits de l’Homme. Spécialiste des Droits de l’Homme à l’université de l’institut de Londres des études du Commonwealth, nommée récemment à un poste à l’université d’Oxford et membre de la communauté bahá’íe, elle a déclaré que lorsque la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme a été adoptée en 1948, le droit à la liberté de religion et de croyance énoncé à l’article 18, était égal aux autres droits de la Déclaration.
Mme Ghanea a expliqué qu’il y avait eu un divorce entraînant une séparation entre le Droit à la liberté de religion et de croyance et le Droit à la protection des minorités définies par la race, la langue, etc .
« Une partie du problème, suggère-t-elle, vient de la difficulté pour un état dont le système patrimonial favorise une religion en particulier, de maintenir la liberté religieuse. Il est nécessaire que la liberté de religion soit vue comme un droit commun, a dit le Docteur N. Ghanea. C’est ce qui manque aujourd’hui et ce qui contraste avec les mesures contre la torture, par exemple, qui sont elles, universellement reconnues. »
Après l’intervention des trois spécialistes, une discussion animée incluant beaucoup de personnes du public a permis à chacun de s’exprimer sur ce sujet important et de conclure ce séminaire très enrichissant.
« Le succès de cet évènement confirme notre conviction que la société civile est prête à débattre des Droits de l’Homme », a déclaré Barney Leith, secrétaire aux affaires extérieures de la communauté bahá’íe de Grande-Bretagne.
