
Un groupe représentatif de dirigeants communautaires, de responsables politiques et d’éducateurs partagent leurs réflexions dans un nouveau film qui, a été présenté en première à Kampala le mois dernier, devant un public, comprenant l’ancien Premier Ministre Kinto Musoke et d’autres dignitaires.
« Le développement n’a pas tenu ses promesses », déclare l’homme d’affaires Gimoro Laker-Ojok au début du film qui s’intitule “Ouvrir un espace – Le discours sur la science, la religion et le développement en Ouganda”.
« Dans les années 50 et 60, les disparités entre les riches et les pauvres en Ouganda n’étaient pas aussi marquées, poursuit Daisy Namono de « CELSOL Consulting Services », il est donc nécessaire de rechercher ce qui n’a pas fonctionné. »
Selon le Révérend Sam Ebukalin qui travaille avec un programme appelé Yiga Ng’ Okola (Apprenez en travaillant) : « Le développement a, pendant les 50 dernières années, manqué ses objectifs. … Que manque-t-il? »
« Dans certains cas, nous avons besoin de revenir à la case départ », explique Elizabeth Kharono, coordinatrice de programme pour « Living Earth Uganda ».
Produit par l’Institut d’études pour un monde prospère (« Institute for Studies in Global Prosperity »), association à but non lucratif associée à la Communauté internationale bahá’íe, le film développe ensuite l’argument que les programmes de développement ont tendance à considérer les pauvres comme “des ramassis de besoins” plutôt que comme « des contributeurs à la recherche de solutions ».
« Ils jugent les pauvres comme des gens qui n’ont rien à offrir », atteste Basil Wanzira de la Fondation pour le développement communautaire et l’atténuation de la pauvreté (« Poverty Alleviation Community Development Foundation »).
“Ouvrir un espace” promeut l’idée que les gens ne doivent pas être considérés comme des bénéficiaires passifs d’assistance, mais plutôt qu’ils devraient aider à formuler des plans d’action et ainsi être eux-mêmes vecteurs de changements. Et ils devraient pouvoir le faire en utilisant à la fois les connaissances acquises de la science et de la religion.
« Il est nécessaire d’acquérir une participation plus large, précisément de la part de ceux qui seront concernés par la procédure, explique dans le film le docteur J.J. Otim, conseiller présidentiel pour l’agriculture, nous croyons maintenant fermement en Ouganda que si le gouvernement désire mettre en place un projet, il doit alors suivre une approche participative, […] il ne doit pas être conçu dans des bureaux. »
Quelques autres thèmes clés apparaissent dans le film.
• Les êtres humains sont des êtres spirituels, aussi pour qu’un changement effectif se produise, les réalités spirituelles devraient être autant considérées que le bien-être matériel.
• La science et la religion proposent des systèmes de connaissance complémentaires, qui devraient tout deux être appliqués à la question du développement.
• Non seulement les pauvres ont besoin d’accéder à la connaissance afin de pouvoir s’atteler aux nombreux défis auxquels ils ont à faire face, mais ils devraient aussi contribuer à fournir les informations qui guident l’élaboration des décisions.

Rebecca Kadaga, députée, porte-parole du parlement, a prononcé le discours d’ouverture, en disant que les idées proposées dans le film étaient tellement convaincantes qu’elle ferait en sorte que tous les membres du parlement puissent voir le film.
« Il y avait beaucoup d’enthousiasme autour des possibilités que ce dialogue pourrait offrir, a déclaré George Olinga du Bureau Ougandais Bahá’í des Affaires Extérieures, Ce DVD a suscité de nombreuses idées nouvelles et différentes autour de la manière de penser le développement. »
Selon le docteur Haleh Arbab, directeur de l’ l’Institut d’études pour un monde prospère (Institute for Studies in Global Prosperity) il existe désormais en Ouganda quatre groupes de travail qui discutent du développement tel qu’il pourrait être mis en oeuvre en se basant sur les concepts énoncés dans le film.
« Nous souhaitons que les gens ne deviennent pas des consommateurs des programmes établis offerts par les organisations de développement, mais qu’ils deviennent des créateurs, des preneurs de décisions », ajoute-t elle.
L’Institut qu’elle dirige a promu, le dialogue sur le thème de la science, de la religion et du développement dans plusieurs pays et notamment en Inde, en sus de l’Ouganda, dans le cadre de sa mission d’explorer de nouveaux concepts et modèles de transformation sociale.
