
Quand il l’a annoncé à sa mère, celle-ci était assez inquiète. « Après tout, c’est un jeune homme de faible constitution » s’est-elle inquiétée, ayant peur pour sa santé.
« C’est un privilège de faire le jeûne! » lui répond-t’il dit avec solennité. « C’est uniquement une fois par an et c’est un commandement de Dieu. »
Dans le monde entier, les bahá’ís âgés de 15 à 70 ans ont entamé le 2 mars 2007 leur jeûne annuel de 19 jours qui consiste à s’abstenir de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil. Ils le font par obéissance à une loi établie par Baha’u’lláh. Certaines personnes en sont dispensées tels les malades, les femmes enceintes, celles qui allaitent et encore quelques autres catégories de gens comme par exemples certaines professions ou encore ceux qui voyagent.
« Il s’agit d’une évolution du principe du jeûne qui a existé dans les religions précédentes », explique Baharieh Rouhani Ma’ani, co-auteur du livre intitulé « Les Lois du Kitáb-i-Aqdas. »
« Des prescriptions de l’ordonnance du jeûne peuvent être trouvés dans presque toutes les religions pratiquées actuellement, excepté dans le Zoroastrisme qui stipule catégoriquement dans ses Ecrits que le jeûne est interdit. »
Mme Ma’ani, qui a donné des cours au sujet des lois et enseignements de Dieu, estime que Bahá’u’lláh a rendu le jeûne bahá’í bien plus facile que dans certaines autres religions.
« Par exemple, les juifs ne jeûnent qu’un seul jour lors du « Yom Kippour » c’est à dire le Jour de Pénitence, mais ils ne mangent et ne boivent pas pendant plus de 24 heures d’affilées », explique-t elle.
« La tradition musulmane est identique aux pratiques bahá’íes, excepté que chaque jour les musulmans jeûnent de l’aube au crépuscule, c’est une durée plus longue que celle du lever au coucher du soleil. De plus, les musulmans suivent un calendrier lunaire, ce qui fait que le jeûne tombe parfois pendant l’été, lorsque les jours sont longs et parfois très chauds » raconte encore Mme Ma’ani.
Le jeûne bahá’í est toujours situé juste avant l’équinoxe de printemps de mars afin que dans la plupart des régions du monde il n’y ait pas plus de 12 heures d’abstinence. Dans les quelques lieux de la terre où les jours sont considérablement plus longs et où on ne peut donc se fonder sur les horaires de lever et coucher de soleil, les croyants jeûnent environ 12 heures en se basant sur leur horloge. « Bahá’u’lláh ne souhaite pas nous souffrions juste pour le fait de souffrir » estime Mme Ma’ani.
Abdu’l-Bahá, le fils et successeur de Bahá’u’lláh, décrit comment les prophètes de Dieu, dont Moise, Jésus et Bahá’u’lláh, ont tous jeûné. Ainsi, dit-il, la période de jeûne bahá’í permet aux croyants de se rapprocher des fondateurs des grandes religions en vivant la même expérience.
Duane L. Herrmann, auteur d’une compilation sur le jeûne baha’i, note que s’abstenir de manger et de boire n’est pas le point essentiel. Le but du jeûne, dit-il, est d’arriver à un « détachement spirituel intérieur ; s’abstenir de manger n’est que simplement un symbole ou un reflet extérieur de cet état. »
Ainsi que M. Ponte, du Venezuela, le résume en se fondant sur sa compréhension nouvellement acquise, « Pendant le jeûne, nous faisons un effort pour mieux connaître Dieu. »
