Une importante délégation française se déplace au jubilé des 75 ans de la foi bahá’íe en Éthiopie

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Vue d’ensemble d’Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie
Vue d’ensemble d’Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie
Paris, Addis-Abeba, Ethiopie, publié le 5 mars 2009 – L’Ethiopie, pays fascinant par la beauté de ses paysages et de ses habitants, a fêté du 9 au 11 janvier dernier la présence sur son sol depuis 75 ans déjà, de la foi bahá’íe.

C’est grâce à Sabri Elias, un simple tailleur d’Alexandrie, que l’Ethiopie a connu en 1934 le message que Bahá’u’lláh a proclamé à l’humanité toute entière au 19ème siècle.

C’est pour répondre à un appel de Shoghi Effendi, appelé également le Gardien de la foi bahá’íe que Monsieur Elias s’était déplacé dans ce pays. Les débuts furent difficiles puisqu’il ne parlait que l’arabe mais bientôt il rencontra des éthiopiens qui le comprenaient et un an plus tard se formait la première Assemblée spirituelle locale de Addis Abeba, la capitale du pays.

Dans les jardins du Centre national bahá’í à Addis Abeba. De gauche à droite : Françoise et Rebbi Teclemariam venus de France. Asfaw Tessema, secrétaire de l'Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís d’Ethiopie, Belete Worku, Ethiopien qui vit en Namibie et Aziz Charles Mesbah, venu de France
Dans les jardins du Centre national bahá’í à Addis Abeba. De gauche à droite : Françoise et Rebbi Teclemariam venus de France. Asfaw Tessema, secrétaire de l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís d’Ethiopie, Belete Worku, Ethiopien qui vit en Namibie et Aziz Charles Mesbah, venu de France
Durant sa première année de présence sur le sol éthiopien, Monsieur Elias avait fait traduire et publier en amharique, langue locale écrite, le livre « Bahá’u’lláh et l’Ère nouvelle ». Lors de l’invasion par les troupes fascistes, il dut s’éloigner pendant quelques temps de son pays d’adoption mais il revint ensuite pour continuer à propager les enseignements bahá’ís. Bien d’autres personnes devaient ensuite apporter leurs connaissances des écrits bahá’ís et leur sens dévoué du service au sein de ce pays, telle la famille franco-iranienne Mesbah.

Aziz Charles Mesbah, était présent pour le jubilé, il témoigne : « Cinquante et un ans et trois mois après avoir quitté l’Ethiopie, alors que j’étais encore un jeune adolescent boutonneux, me voilà ce 6 Janvier 2009, en train de descendre les marches de l’avion à Addis-Abeba. A mes cotés mes deux petits enfants, dont le quart du sang est teinté de couleur abyssine. J’avais passé quatre ans dans ce pays et ma mémoire était encore imprégnée des odeurs et des parfums des forêts d’eucalyptus et mes papilles gustatives se remémoraient la saveur du plat éthiopien le « Wat ». Je me souvenais de mon arrivée en 1955, par la Mer Rouge à Massaoua*, puis la montée vers les hauteurs pour arriver dans cette petite ville d’Asmara
1… La communauté bahá’íe était encore à ses débuts, soit une trentaine de croyants dans tout le pays.
»

Aux côtés d’Aziz-Charles, d’autres croyants bahá’ís français, en raison de leurs racines ou de leurs attaches historiques avec l’Ethiopie, avaient fait également le voyage pour participer à ces trois jours de fête. Parmi eux Françoise et son mari Rebbi Teclemariam dont c’est le pays natal.

Les familles Teclemariam et Mesbah ont participé au jubilé en raison de leurs racines ou attaches historiques avec l’Ethiopie.De gauche à droite : Rébecca Teclemariam- Mesbah, son père Rebbi, sa mère Françoise, son beau-père Aziz Charles Mesbah, ses enfants, Benjamin et Desta, et son conjoint Laurent Mesbah
Les familles Teclemariam et Mesbah ont participé au jubilé en raison de leurs racines ou attaches historiques avec l’Ethiopie.De gauche à droite : Rébecca Teclemariam- Mesbah, son père Rebbi, sa mère Françoise, son beau-père Aziz Charles Mesbah, ses enfants, Benjamin et Desta, et son conjoint Laurent Mesbah
Madame Teclemariam relate : « Ce mois de janvier 2009 – 2002 selon le calendrier éthiopien qui nous rajeunit de 7 ans dès qu’on pose le pied sur son sol – a vu le fruit de beaux efforts de préparatifs : l’éclosion de l’enthousiasme de bahá’ís en provenance de toutes les régions du pays, accompagnés par des représentants bahá’ís d’une quarantaine d’autres pays. Autour de Monsieur2 et Madame3 Nakhjavani, représentants la Maison universelle de justice et des descendants des premiers croyants, tous étaient réunis dans la joie et la ferveur pour honorer les premiers bahá’ís à avoir présenté la foi bahá’íe en Ethiopie.

Une représentation publique au Grand Théâtre d'Addis Abeba par la chorale locale, fondée quelques semaines plus tôt par Linda Safajou d’Australie. Le spectacle musical comportait une harmonie éblouissante entre la musique occidentale composée pour l’occasion et les instruments traditionnels du pays
Une représentation publique au Grand Théâtre d’Addis Abeba par la chorale locale, fondée quelques semaines plus tôt par Linda Safajou d’Australie. Le spectacle musical comportait une harmonie éblouissante entre la musique occidentale composée pour l’occasion et les instruments traditionnels du pays
Il fallait sentir la communion des amis éthiopiens avec le chœur des bahá’ís américains dont les voix étaient autant d’actions de grâce spontanées, immédiatement instillés dans les cœurs des participants. Ils ne s’étaient jamais vus. Leurs vies n’avaient rien de commun. Mais quelle communion à travers leur croyance en Bahá’u’lláh !

Et puis, il y a eu l’harmonie sculptée pendant des semaines par l’australienne Linda Safajou, qui associée, aux grands musiciens éthiopiens traditionnels, a réussi à monter une chorale composée de volontaires locaux qui n’avaient jamais eu la moindre expérience en musicologie occidentale.

Au 1er plan, Monsieur et Madame Nakhjavani, représentants la Maison universelle de justice, avec à leurs côtés Desta Mebash venue de Bosnie-Herzégovine avec sa famille. Au second plan, les croyants bahá’ís venus spécialement du Soudan
Au 1er plan, Monsieur et Madame Nakhjavani, représentants la Maison universelle de justice, avec à leurs côtés Desta Mebash venue de Bosnie-Herzégovine avec sa famille. Au second plan, les croyants bahá’ís venus spécialement du Soudan
Les instruments vieux de 5 siècles répondaient aux mélodies composées tout exprès pour l’événement, scandées par le son puissant du tambour de prières coptes. Et puis, il y a eu le message de la Maison universelle de justice lu dans le plus grand recueillement. N’oublions pas la spontanéité des habitants du nord dans leurs beaux costumes, ni les groupes de jeunes et d’enfants, beaux, convaincus, fiers, appliqués, souvent au moins bilingues… Quel travail les amis éthiopiens ont-ils fait pour que cette fête se déroule facilement avec si peu de moyens matériels ! Chez ce peuple, la consultation n’a jamais été un vain mot mais que dire des résultats lorsqu’elle se fait dans le but de servir ? Une réussite ! De Makele au Sidamo en passant par les montagnes, ils sont tous venus dans les bus bringuebalants et ont témoigné que les précieuses graines semées 75 ans auparavant avaient décidément bien joliment fleuries”.

En effet ce ne sont pas moins de 6000 croyants bahá’ís éthiopiens qui ont célébré sur tout le territoire cet anniversaire marquant les 75 ans de présence bahá’íe dans leur pays. Quant au jubilé lui même, il s’est déroulé à Addis Abeda en présence de quelques 500 congressistes en provenance d’Ethiopie bien sûr mais également de 40 pays différents.

Malgré des tempêtes de neige sur la côte est du Canada et des Etats-Unis, la chorale bahá’íe était spécialement venue pour le jubilé. Elle est dirigée par Monsieur Van Gilmer
Malgré des tempêtes de neige sur la côte est du Canada et des Etats-Unis, la chorale bahá’íe était spécialement venue pour le jubilé. Elle est dirigée par Monsieur Van Gilmer
Laurent est le fils d’Aziz-Charles Mesbah, il est marié à Rebecca, la fille de Françoise et Rebbi Teclemariam. Il réside avec sa famille en Bosnie-Herzégovine: « La célébration des 75 ans d’existence de la foi bahá’íe en Ethiopie était un événement à ne pas manquer pour notre famille. Les liens qui me rattachent à l’Ethiopie sont multiples. Mon père Aziz y a vécu dans sa jeunesse avec sa sœur car leurs parents Jeanne et Amine Mesbah s’y étaient installés pour servir la communauté bahá’íe dans les années cinquante. Ma femme Rebecca y est née et y a passé son enfance. Nous avons ainsi pu partir ensemble avec nos deux enfants Benjamin et Desta, dont la signification en langue amharique est “ joie ”. Pour moi ce voyage était aussi comme un retour car j’en ai si souvent entendu parler que je me suis beaucoup intéressé à ce pays fascinant.

Des bahá’ís éthiopiens sont venus des différentes régions du pays. En plus des récits historiques émouvants et de très belles représentations musicales, le point a été fait sur la situation actuelle au sujet des activités que proposent les bahá’ís en Ethiopie, comme partout ailleurs dans le monde, à destination de leur entourage.

A droite, Marie R. de la région parisienne. Elle est en Ethiopie pour quelques mois où elle effectue un temps de service bénévole pour la communauté bahá’íe
A droite, Marie R. de la région parisienne. Elle est en Ethiopie pour quelques mois où elle effectue un temps de service bénévole pour la communauté bahá’íe
Madame Nakhjavani nous a raconté son expérience lors de sa visite en Ethiopie avec Amatu’l-Bahá Rúhíyyih Khánum auprès de l’empereur Haile Selassie au début des années 70. Monsieur Nakhjavani, qui a vécu en Ouganda et qui a été membre de la Maison universelle de justice durant 40 ans, nous a rappelé l’énorme potentiel spirituel de l’Afrique. »

Aziz-Charles conclut ces trois jours de célébration intense et riche par ces mots émouvants : “J’ai retrouvé des grands-pères, autrefois jeunes et aujourd’hui un peu moins jeunes, des anciens qui se souvenaient des voyages d’enseignement dans les villages. Alors quelle émotion en voyant cette foule de bahá’ís, s’étreignant, se retrouvant, se congratulant, devant ce magnifique centre bahá’í construit par les propres mains des bahá’ís éthiopiens. Nous avons regardé avec frémissement la procession de tous ces croyants, amenés par cars entiers au pied de la colline, montant vers le sommet à l’emplacement de ce qui sera dans le futur la Maison d’adoration bahá’íe d’Addis-Abeba afin de prier en amharique, anglais et en arabe et je me suis dit : que de changement, que de changement. Voila les prémices du nouvel ordre mondial bahá’í.

Le fils de Monsieur Sabri Elias, celui qui a été le premier croyant bahá’í en Ethiopie, au sommet de la colline où sera édifié dans le futur la Maison d’adoration
Le fils de Monsieur Sabri Elias, celui qui a été le premier croyant bahá’í en Ethiopie, au sommet de la colline où sera édifié dans le futur la Maison d’adoration

  1. Asmara et Massaoua sont deux villes d’Érythrée qui était en 54-59 une province de l’Ethiopie. L’Erythrée est depuis 1993 un pays indépendant représenté aux Nations Unies comme pays souverain. 

  2. Ali Nakhjavani a eu le privilège de grandir pendant sa jeunesse en Terre sainte en présence du Gardien. Lorsqu’il partit en Iran, il servit au sein de comités nationaux bahá’ís, puis il fut élu à l’Assemblée spirituelle nationale de ce pays. A l’appel du Gardien, il partit en Afrique avec sa famille et sa belle-famille Banani pour s’installer en Ouganda. Il a été membre de la Maison universelle de justice où il a servi de 1963 à 2003. En 2003 il a choisi de s’installer en France d’où il voyage pour enseigner et partager ses connaissances de la Communauté bahá’íe et l’Ordre administratif partout dans le monde. Il a rédigé des publications et des livres relatifs à l’Ordre mondial de Bahá’u’lláh, dans lesquels il en analyse précisément les divers aspects et mécanismes. 

  3. Violette Nakhjavani est la fille de la Main de la Cause Monsieur Moussa Banani. Elle a eu le grand privilège d’accompagner Amatu’l-Bahá Rúhíyyih Khánum, épouse de Shoghi Effendi et également Main de la Cause, dans ses nombreux voyages à travers les continents du monde pendant une période de quarante ans. Elle est l’auteur de trois livres sur son amie et Main de la Cause. 

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