L’oppression des bahá’ís du village d'Ivel

Vue sur le village d'Ivel, en Iran
Vue sur le village d’Ivel, en Iran

Le village d’Ivel, au nord de l’Iran, est situé en altitude, dans la province du Mazandaran, aux abords de la plaine côtière de la mer Caspienne.
La moitié de la population est devenue bahá’íe au cours de la deuxième moitié du 19e siècle.
Le clergé, les autorités et la population ont œuvré, pendant de nombreuses décennies, à leur expulsion, à la destruction de leurs maisons et bâtiments agricoles et à la confiscation de leurs terres.
Une décision rendue au mois d’octobre 2020, par une Cour d’appel, met un terme judiciaire à cette longue histoire en approuvant la confiscation définitive de tous les terrains appartenant aux villageois bahá’ís d’Ivel. Cette décision crée un nouveau précédent inquiétant pour l’ensemble des populations rurales bahá’íes ainsi que pour tout propriétaire immobilier parmi les 300 000 bahá’ís d’Iran.

Contexte historique

Le village d’Ivel a une longue histoire bahá’íe remontant à la deuxième moitié du 19e siècle, lorsqu’une première communauté s’y est formée et que la moitié de la population du village est devenue bahá’íe.

Fréquentez les fidèles de toutes les religions
dans un esprit d’amitié et de camaraderie.
– Bahá’u’lláh
Tablette du Monde (Lawh-i-Dunyá)

Les bahá’ís s’impliquèrent dans le développement social, économique et culturel de la localité, en construisant entre autres des écoles et des bains publics et plus tard en portant secours aux victimes de tremblement de terre et de guerre.

Malgré leur bon vouloir, les bahá’ís d’Ivel ont connu une longue suite de persécutions caractérisées pour l’essentiel par des expulsions et des déplacements, par la démolition et le rasement au bulldozer de leurs habitations, et la confiscation de leurs terres.

Parmi ces événements, on peut citer celui de juin 1983, lorsque les bahá’ís d’Ivel furent expulsés de leurs maisons et du village. Après avoir été autorisés à rentrer au village, plus de 130 d’entre eux furent emprisonnés et détenus dans une mosquée pendant trois jours, sans eau ni nourriture. La plupart des bahá’ís ne purent réintégrer leurs demeures, et ceux qui tentèrent d’y retourner en furent empêchés par les autorités, dans le cadre d’un plan d’expulsion permanente de tous les bahá’ís d’Ivel, et cela en vue de s’approprier leurs terres. Depuis lors, les maisons appartenant aux bahá’ís n’ont cessé d’être démolies et rasées et leurs terres confisquées, ce qui a eu pour conséquence un déplacement massif des bahá’ís d’Ivel.

Événements récents – Décisions de justice

Destruction d’habitations en 2010

En 2010, environ 50 maisons de bahá’ís d’Ivel ont été incendiées et démolies, ce qui entraîna une suite de réclamations et plaintes intentées par les bahá’ís, aux niveaux local et national auprès des autorités adminsitratives, des membres du clergé et d’autres instances.

Décision d’octobre 2020 entérinant la confiscation définitive des terres appartenant aux bahá’ís d’Ivel

Le 1er août 2020, la section 54 du Tribunal spécial pour l’application de l’article 49 de la Constitution, à Téhéran, s’est prononcée de manière définitive et obligatoire sur la propriété des terrains des bahá’ís d’Ivel, estimant qu’elle était illégale. Confirmant ainsi le jugement rendu le 4 novembre 2019 par un tribunal provincial.

En dépit de nombreuses visites auprès des autorités concernées, et sans que les avocats aient pu avoir accès au dossier afin de préparer leur mémoire en défense, ni produire des documents pour soutenir la cause de leurs clients, le 13 octobre 2020, la section 8 de la Cour d’appel du Mazandaran s’est prononcée contre la reconnaissance de la légalité du droit à la propriété relatif à 27 des demeures et terrains bahá’ís à Ivel. La Cour d’appel a entériné la décision, fondée sur la Sitád-i-Ijrá’íy-i-Farmán-i-Imám (mise en œuvre de l’injonction de l’Imam Khomeini, connue sous l’acronyme EIKO) en vertu de laquelle les terrains dont les bahá’ís sont propriétaires devront être vendus. Enfin, cette même section 8 de la Cour d’appel du Mazandaran a mis un terme aux réclamations des bahá’ís concernant la destruction de leurs maisons et bâtiments d’Ivel en approuvant la décision du Tribunal spécial pour l’article 49 de la Constitution.

Mobilisation internationale

Lettre ouverte d’un groupe de Canadiens exerçant une profession juridique

Condamnation par la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF)

Personnalités politiques

Pour plus de déclarations, voir le site de la Communauté internationale bahá’íe.