HAGATNA, Guam, le 8 juin 2004 (BWNS) – Cynthia et Edgar Olson ont d’abord été connus dans cette île du Pacifique pour l’introduction des « crêpes suédoises » mais leur legs durable est un cadeau bien plus précieux.
Le couple, originaire du Delaware aux USA, a introduit ici les enseignements de Bahá’u’lláh et la Foi bahá’íe s’est ensuite répandue à travers les quatre îles habitées de l’archipel des Îles Mariannes.
Trois années après leur arrivée les Olsons ont ouvert une boutique de crêpes suédoises, qui est devenue tellement populaire que les familles venaient en voiture des coins les plus éloignés de l’île pour goûter leurs mélanges exotiques.
Le bâtiment a ultérieurement servi de Centre bahá’í et c’est à partir de ce moment que des plans ont été fait pour établir solidement la Foi.
Aujourd’hui la communauté comprend sept Assemblées spirituelles locales et vit actuellement un afflux d’adhésions alors que ses réunions dévotionnelles, classes pour enfants et cercles d’études attirent l’assistance de l’ensemble de la communauté.
L’extraordinaire histoire des Olsons a été rappelée le 2 mai 2004 sur la tombe de Mme Olson à l’occasion d’une cérémonie pour le 50e anniversaire de l’arrivée de la Foi aux Îles Mariannes.
Les Olsons étaient des pionniers inattendus – une journaliste et un commerçant, tous deux d’âge moyen, Cynthia frêle et fine et Edgar, corpulent et chauve – et ils ont failli ne pas arriver pour la date limite du 2 mai 1954.
Cette date limite pour l’arrivée de bahá’ís à leur poste de service, fixée par Shoghi Effendi alors chef de la Foi, faisait partie d’une décennie (1953-1963) de stratégies riches en succès pour l’expansion de la Foi à travers le monde. Ceci impliquait généralement, comme ce fut le cas pour les Olsons, que des bahá’ís quittent volontairement leur pays pour s’établir dans un pays où il n’y en avait pas.
A l’époque de l’arrivée des Olsons, les Îles Mariannes étaient encore une zone militaire sous contrôle exclusif de la marine militaire US. Même pour de brèves visites, une autorisation spéciale de sécurité et une très bonne raison, approuvée par la marine, étaient nécessaires.
Cynthia Olson était venue la première, franchissant la dernière étape de son voyage de 12.000 kilomètres, dans un des rares vols civils de la Pan Am vers les îles. Elle avait convaincu la marine qu’elle pouvait être utile à Guam. Son mari était resté derrière pour fermer son magasin et attendait anxieusement de nouvelles de son arrivée à bon port.
Elle atterrit après la fermeture du bureau du télégraphe et attendit toute la nuit pour envoyer un télégramme, le lendemain matin à la première heure. Son message fut immédiatement lu à une assistance enthousiaste pendant la Convention nationale bahá’íe des USA à l’autre bout du monde.
Shoghi Effendi nomma Cynthia, Chevalier de Bahá’u’lláh pour ses efforts.
Son premier travail fut d’être l’invitée d’un populaire programme quotidien « Le monde des femmes » sur la seule station radio commerciale de l’île. Edgar, très connu sous le nom de « Olie », arriva un an plus tard et devint un célèbre présentateur et directeur de TV, ainsi que le propriétaire de la crêperie.
Les Olsons furent vite séduits par la convivialité et la générosité des autochtones, les Chamorros. Entre autres groupes ethniques de l’endroit, il y avait aussi des Philippins, des Micronésiens, des Asiatiques et une toute petite minorité de continentaux US, souvent appelés « haoles » ou « statesiders. »
Dans un message lu à la commémoration, Mme Madeleine Bordallo, l’actuelle représentante de Guam au Congrès américain, a affectueusement évoqué le soutien et l’encouragement que Cynthia lui avait apporté en tant que collègue à la radio et par la suite dans son rôle officiel de Première Dame de Guam.
« Nous nous souvenons combien Cynthia était aimable en paroles, riche en foi et en espoir et généreuse en amour », a écrit Mme Bordallo.
« Elle est venue sur nos îles, tout comme je l’ai fait, et elle est tombée amoureuse de celles-ci, de leur culture et de leurs traditions, mais par-dessus tout, de leurs habitants », a-t-elle dit.
Mme Olson est ensuite devenue journaliste pour le « United States Trust Territory of the Pacific », puis responsable de l’attribution des bourses d’études pour les étudiants insulaires. Beaucoup de ces étudiants, dont quelques-uns séjournaient chez les Olsons, sont devenus plus tard des membres éminents de la société de Guam, avocats, professeurs et hommes d’affaires.
Dans ses mémoires, Mme Olson décrit la première Fête bahá’íe à Guam, prières et pique-nique au bord de l’eau dans le village méridional de Inarajan, avec Robert Powers, un jeune marin bahá’í provisoirement là en poste. M. Powers a aussi reçu le titre de Chevalier de Bahá’u’lláh.
Le premier bahá’í insulaire micronésien a été Joe Erie Ilengelkei, qui est devenu le neuvième membre de la communauté, réunissant ainsi le nombre nécessaire pour former la première Assemblée spirituelle locale des bahá’ís de Guam, le 21 avril 1956.
Lorsque l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís du Pacifique du Nord-Ouest, comprenant les Îles Mariannes, fut formée en 1972, Mme Olson en était membre. En 1978 elle devint aussi membre de la jeune Assemblée spirituelle nationale des Îles Mariannes.
Au cours des 50 dernières années, les Îles Mariannes ont accueilli de nombreux visiteurs bahá’ís distingués, dont Madame Ruhiyyih Rabbani et deux autres Mains de la cause, Rahmatullah Muhajir et Collis Featherstone.
Cynthia Olson est décédée en 1988, et Edgar Olson une année après.
La Communauté bahá’íe des Îles Mariannes organisera en novembre un banquet officiel faisant partie des célébrations du jubilé de la Foi que ce couple de loyaux adeptes a apportée sur ces îles.
(Éditorial de Tom Howe.)
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