Paris, le 13 février 2009 – Une fois encore, les bahá’ís de France sont inquiets : une dépêche de l’agence iranienne ISNA annonce comme imminent le procès des sept administrateurs bahá’ís arrêtés et incarcérés depuis mai 2008. Il s’agit des deux femmes et des cinq hommes responsables de la gestion des affaires courantes de la communauté baha’ie d’Iran, désignés comme les « Amis d’Iran ».
Leur avocate, le Prix Nobel de la Paix, Me Shirin Ebadi, n’a toujours pas été autorisée à rencontrer ses clients ni à accéder à leurs dossiers. Depuis qu’elle a eu le courage de prendre leur défense, Me Shirin Ebadi a été victime de harcèlement, d’intimidations et de menaces.
Détenus à la prison d’Evin à Téhéran, dans la section 209 qui dépend des services de renseignement, les cinq hommes seraient enfermés dans une même cellule de 10m2, sans lit.
Mercredi dernier, après neuf mois de détention sans chef d’accusation formel, le vice-procureur de Téhéran a annoncé que les sept bahá’ís allaient être jugés pour: « appartenance à l’organisation illégale baha’ie », « espionnage au profit d’Israël », « blasphèmes » et « propagande contre la République islamique d’Iran ».
Selon un communiqué d’Amnesty International, ces chefs d’accusation sont motivés par des considérations d’ordre purement politique. Pour l’organisation, ce sont des prisonniers de conscience, incarcérés au seul motif de leurs convictions et leurs activités pacifiques au service des bahá’ís d’Iran. En cas de condamnation, les sept administrateurs bahá’ís risquent la peine capitale.
« Ces accusations sont montées de toutes pièces et le gouvernement iranien le sait », a déclaré Diane Alai, représentante de la Communauté internationale bahá’íe auprès de l’ONU à Genève. Elle réclame leur libération inconditionnelle.
Pour ce qui est de l’accusation d’«espionnage au profit d’Israël», elle est également pure invention. Depuis le début des années 1930 en Iran, cette religion est qualifiée par les autorités chiites de «secte politique» créée par des «gouvernements impérialistes» pour «affaiblir l’islam». Les bahá’ís ont été accusés tour à tour d’être à la solde de l’impérialisme russe, du colonialisme britannique, de l’expansionnisme américain, et, à présent du sionisme, au motif que le centre international et une partie des lieux saints de la religion bahá’íe se trouvent en Israël. C’est là que son fondateur, Bahá’u’lláh, y fut exilé par les autorités ottomanes, en 1868, à Acre, à l’époque une ville de l’Empire ottoman. Il y fut emprisonné jusqu’à la fin de ses jours et c’est là qu’il repose.
Les bahá’ís demandent avant tout la justice. Si procès il y a, qu’il soit au minimum équitable. Cela implique, entre autres, que Me Shirin Ebadi puisse rencontrer ses clients, aie accès à leurs dossiers et puisse avoir suffisamment de temps pour préparer leur défense. Le procès doit être public et avoir lieu en présence d’observateurs internationaux.
Les poursuites judiciaires contre les «Amis en Iran» ne sont qu’un pas de plus dans la tentative d’éliminer la communauté bahá’íe d’Iran depuis 30 ans. Aujourd’hui, environ 30 bahá’ís sont détenus en Iran. Près de 80 ont été libérés sous caution de titres de propriétés ou de licences commerciales et attendent leur procès. Tous sont innocents.
Les 300 000 bahá’ís d’Iran constituent la minorité religieuse la plus importante du pays. Considérés comme des « infidèles non protégés », ils ne sont pas reconnus par la Constitution de la République islamique et, 30 ans après la révolution islamique, continuent de faire l’objet de persécutions intenses et systématiques.
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Pour plus d’informations sur la situation en Iran : http://www.bahai.fr/iran
