
C’est grâce à Sabri Elias, un simple tailleur d’Alexandrie, que l’Ethiopie a connu en 1934 le message que Bahá’u’lláh a proclamé à l’humanité toute entière au 19ème siècle.
C’est pour répondre à un appel de Shoghi Effendi, appelé également le Gardien de la foi bahá’íe que Monsieur Elias s’était déplacé dans ce pays. Les débuts furent difficiles puisqu’il ne parlait que l’arabe mais bientôt il rencontra des éthiopiens qui le comprenaient et un an plus tard se formait la première Assemblée spirituelle locale de Addis Abeba, la capitale du pays.

Aziz Charles Mesbah, était présent pour le jubilé, il témoigne : « Cinquante et un ans et trois mois après avoir quitté l’Ethiopie, alors que j’étais encore un jeune adolescent boutonneux, me voilà ce 6 Janvier 2009, en train de descendre les marches de l’avion à Addis-Abeba. A mes cotés mes deux petits enfants, dont le quart du sang est teinté de couleur abyssine. J’avais passé quatre ans dans ce pays et ma mémoire était encore imprégnée des odeurs et des parfums des forêts d’eucalyptus et mes papilles gustatives se remémoraient la saveur du plat éthiopien le « Wat ». Je me souvenais de mon arrivée en 1955, par la Mer Rouge à Massaoua*, puis la montée vers les hauteurs pour arriver dans cette petite ville d’Asmara
1… La communauté bahá’íe était encore à ses débuts, soit une trentaine de croyants dans tout le pays. »
Aux côtés d’Aziz-Charles, d’autres croyants bahá’ís français, en raison de leurs racines ou de leurs attaches historiques avec l’Ethiopie, avaient fait également le voyage pour participer à ces trois jours de fête. Parmi eux Françoise et son mari Rebbi Teclemariam dont c’est le pays natal.


Et puis, il y a eu l’harmonie sculptée pendant des semaines par l’australienne Linda Safajou, qui associée, aux grands musiciens éthiopiens traditionnels, a réussi à monter une chorale composée de volontaires locaux qui n’avaient jamais eu la moindre expérience en musicologie occidentale.

En effet ce ne sont pas moins de 6000 croyants bahá’ís éthiopiens qui ont célébré sur tout le territoire cet anniversaire marquant les 75 ans de présence bahá’íe dans leur pays. Quant au jubilé lui même, il s’est déroulé à Addis Abeda en présence de quelques 500 congressistes en provenance d’Ethiopie bien sûr mais également de 40 pays différents.

Des bahá’ís éthiopiens sont venus des différentes régions du pays. En plus des récits historiques émouvants et de très belles représentations musicales, le point a été fait sur la situation actuelle au sujet des activités que proposent les bahá’ís en Ethiopie, comme partout ailleurs dans le monde, à destination de leur entourage.

Aziz-Charles conclut ces trois jours de célébration intense et riche par ces mots émouvants : “J’ai retrouvé des grands-pères, autrefois jeunes et aujourd’hui un peu moins jeunes, des anciens qui se souvenaient des voyages d’enseignement dans les villages. Alors quelle émotion en voyant cette foule de bahá’ís, s’étreignant, se retrouvant, se congratulant, devant ce magnifique centre bahá’í construit par les propres mains des bahá’ís éthiopiens. Nous avons regardé avec frémissement la procession de tous ces croyants, amenés par cars entiers au pied de la colline, montant vers le sommet à l’emplacement de ce qui sera dans le futur la Maison d’adoration bahá’íe d’Addis-Abeba afin de prier en amharique, anglais et en arabe et je me suis dit : que de changement, que de changement. Voila les prémices du nouvel ordre mondial bahá’í.

Asmara et Massaoua sont deux villes d’Érythrée qui était en 54-59 une province de l’Ethiopie. L’Erythrée est depuis 1993 un pays indépendant représenté aux Nations Unies comme pays souverain. ↩
Ali Nakhjavani a eu le privilège de grandir pendant sa jeunesse en Terre sainte en présence du Gardien. Lorsqu’il partit en Iran, il servit au sein de comités nationaux bahá’ís, puis il fut élu à l’Assemblée spirituelle nationale de ce pays. A l’appel du Gardien, il partit en Afrique avec sa famille et sa belle-famille Banani pour s’installer en Ouganda. Il a été membre de la Maison universelle de justice où il a servi de 1963 à 2003. En 2003 il a choisi de s’installer en France d’où il voyage pour enseigner et partager ses connaissances de la Communauté bahá’íe et l’Ordre administratif partout dans le monde. Il a rédigé des publications et des livres relatifs à l’Ordre mondial de Bahá’u’lláh, dans lesquels il en analyse précisément les divers aspects et mécanismes. ↩
Violette Nakhjavani est la fille de la Main de la Cause Monsieur Moussa Banani. Elle a eu le grand privilège d’accompagner Amatu’l-Bahá Rúhíyyih Khánum, épouse de Shoghi Effendi et également Main de la Cause, dans ses nombreux voyages à travers les continents du monde pendant une période de quarante ans. Elle est l’auteur de trois livres sur son amie et Main de la Cause. ↩
