GENÈVE, publié le 25 août 2011– Trois nouvelles importantes études menées par des organisations internationales des droits de l’homme, ont identifié le traitement appliqué par l’Iran à ses citoyens bahá’ís comme un sujet majeur de préoccupations.
Ces rapports ont été publiés par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), le Minority Rights Group International ou MRG (Groupe international des droits des minorités), et Amnesty International.
La Communauté internationale bahá’íe a salué la reconnaissance de la situation des bahá’ís iraniens mise en évidence dans le cadre des violations des droits internationaux de l’homme.

« Chacun de ces rapports d’enquête examine un problème important : les minorités, les femmes prisonnières ou le Moyen-Orient en général et chacun réserve une place à la persécution permanente dont les bahá’ís font l’objet dans ce contexte, mettant ainsi en évidence le caractère coordonné des violations des droits fondamentaux », a expliqué Diane Ala’i, la représentante de la Communauté internationale bahá’íe aux Nations unies à Genève.
Elle poursuit en disant : « Nous exprimons également nos graves préoccupations au sujet des violations des droits de l’homme vis-à-vis d’autres groupes en Iran, comme les femmes, les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme aussi bien qu’aux citoyens ordinaires à la recherche du droit à la liberté d’expression. »
Dans son rapport concernant les femmes emprisonnées, la section parisienne de la FIDH appelle l’Iran à « libérer toutes les prisonnières de conscience, immédiatement et sans condition ».
En date du 13 août, l’Iran détient actuellement et injustement, au moins 47 de ces femmes, écrit la FIDH.
Six femmes bahá’íes sont répertoriées par la FIDH, y compris Mahvash Sabet et Fariba Kamalabadi, toutes deux condamnées à 20 ans de prison pour leur appartenance à un groupe national ad hoc, composé de sept personnes, qui veillait aux besoins de la communauté bahá’íe d’Iran forte de 300 000 âmes. L’année dernière, elles ont été injustement accusées d’espionnage et d’autres chefs d’inculpation fabriqués de toute pièce, entièrement en relation avec leur adhésion à la foi bahá’íe.
Dans le rapport, on évoque également Nasrin Sotoudeh, avocate, représentante de nombreuses victimes d’abus des droits de l’homme, comme des bahá’ís ou des prisonniers condamnés à mort pour des crimes commis alors qu’ils étaient mineurs. En janvier de cette année, Mme Sotoudeh a été condamnée à 11 ans de prison pour des charges telles que « activités à l’encontre de la sécurité nationale » ou « propagande contre le régime ». De plus, il lui a été interdit de pratiquer son métier et de quitter l’Iran pour une durée de 20 ans. D’autres cas ont été mis en lumière par la FIDH comme celui de Mahbouheh Karami, défenseure des droits des femmes, condamnée à trois ans de prison ; de la journaliste Hengameh Shahidi, emprisonnée pour six ans, de l’étudiante et activiste Bahareh Hedayat, condamnée à neuf ans et demi et de l’actrice Marzieh Vafammehr, détenue de manière arbitraire.
« La communauté internationale devrait exprimer son entier soutien au mouvement des femmes iraniennes et à leur combat dans l’établissement des libertés de base, l’égalité des droits et le respect des droits de l’homme en Iran », avoue Karim Lahidji, Vice-président de la FIDH et Président de la Iranian League for the Defence of Human Rights in Iran (LDDHI) (Ligue iranienne de défense des droits de l’homme en Iran).
Dans la revue annuelle, publié à Londres le mois dernier par MRG, concernant les minorités dans le monde, l’accent était mis sur les problèmes auxquels les femmes appartenant à des minorités et à des communautés autochtones doivent faire face.
Elles sont souvent la cible de viols et autres violences sexuelles, de tortures et de meurtres, précisément en raison de leur appartenance ethnique, religieuse ou autochtone.
« La situation des bahá’ís en Iran reste tragique », constate la section du rapport consacrée à l’Iran, mettant en lumière l’absence de tout « observateur indépendant » lors du procès et de l’énoncé des sentences appliquées aux dirigeants bahá’ís.
Elle précise également que les bahá’ís iraniens ont dû faire face à l’interdiction d’accès à l’enseignement et à « la destruction arbitraire de leurs maisons, à des arrestations, à la confiscation et à l’anéantissement de leurs propriétés ».
Amnesty International, dans un supplément spécial de son magazine Wire sur le thème de « Cinquante ans de défense des droits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord » observe que les bahá’ís sont, parmi les nombreuses minorités religieuses qui peuplent le Moyen-Orient, « parfois considérés avec suspicion et hostilité, ce qui les rend vulnérable aux abus de leurs droits humains fondamentaux ».
Ce dossier spécial peut être consulté surhttp://news.bahai.org/human-rights/iran/yaran-special-report/
Pour des informations en français, vous pouvez consulter sur ce site officiel des bahá’ís de France le dossier Iran.
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