Dernière mise à jour : 8 mai 2012
Note : Ce compte rendu est fourni comme un service aux médias et aux personnes désirant prendre connaissance des dernières informations sur les bahá’ís en Iran. Tous les détails ont été vérifiés par la Communauté internationale bahá’íe. Les mots en italique ont été modifiés ou ajoutés depuis la dernière mise à jour du 4 avril 2012.
Les publications sur ce site (lien)
Publications, déclarations, réactions internationales et médias en langue anglaise du site officiel international de la Communauté internationale bahá’íe le « Bahá’í World News Service »
Des gouvernements, des organisations et des sympathisants à travers le monde demandent la libération des responsables et des enseignants bahá’ís emprisonnés ainsi que la fin de la persécution des bahá’ís en Iran.
Le 27 avril, le Sénat de l’île de Guam, territoire du Pacifique ouest, a demandé aux États-Unis d’Amérique de maintenir sa pression sur l’Iran concernant les violations des droits de l’homme. Les 15 membres de la législature de l’île ont adopté à l’unanimité une résolution qui cite précisément la politique officielle gouvernementale de l’Iran visant à « assurer que "les progrès et le développement "des bahá’ís "sont bloqués" avec ces directives explicites que les bahá’ís "doivent être expulsés des universités"... » Lire Guam se joint à la condamnation mondiale des violations des droits de l’homme par l’Iran
Le 2 avril, à l’ouverture de la conférence de presse quotidienne au Département d’État américain, la porte-parole, Victoria Nuland, a attiré l’attention sur le total de 10 000 jours d’incarcération cumulés pour les sept responsables bahá’ís dans les prisons iraniennes. « Nous condamnons la persécution continue et les arrestations de membres de la communauté bahá’íe par l’Iran, et nous continuons d’être profondément préoccupés par le harcèlement et l’intimidation de toutes les minorités religieuses en Iran », a-t-elle déclaré. Voir http://www.state.gov/r/pa/prs/dpb/2012/04/187303.htm # IRAN
Dans une initiative coordonnée par le groupe de défense des droits de l’homme United4Iran, une affiche représentant les sept prisonniers a été largement placardée le dimanche 1er avril dans 12 grandes métropoles afin de marquer le total cumulé de 10 000 jours que les sept bahá’ís ont passés en prison jusqu’à présent. Voir : Appel mondial pour la libération sans condition des responsables bahá’ís et des autres prisonniers de conscience iraniens
Le 29 mars, le sénat des États-Unis a adopté une résolution qui condamne le gouvernement d’Iran pour sa campagne systématique de persécution des bahá’ís. Elle demande également la libération de tous les prisonniers iraniens détenus en raison de leurs convictions religieuses. Lire la résolution du sénat. Lire aussi : « Le sénat américain demande la libération des prisonniers pour motifs religieux en Iran
Lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme à Genève, le lundi 12 mars, 15 pays ont particulièrement insisté sur la situation des bahá’ís d’Iran. Le délégué du Brésil – João Genésio de Almeida Filho – a déclaré que son gouvernement avait « des inquiétudes marquées » à propos « des allégations de persécution systématique de membres de communautés religieuses non reconnues et en particulier la communauté bahá’íe ». Lire à ce sujet : L’observateur des Nations unies souligne la défaillance du système judiciaire iranien
Pour les détails de ces déclarations et d’autres encore, voir, en langue anglaise, la section « réaction internationale », ainsi que la section reprenant « La couverture de cette situation par les médias partout dans le monde » du site officiel international de la Communauté internationale bahá’íe, le Bahá’í World News Service.
Descentes, arrestations et condamnations
Depuis août 2004, quelque 556 bahá’ís ont été arrêtés en Iran. Actuellement il y a environ 109 bahá’ís iraniens en prison à cause de leur religion. À ce jour, les procès de quelque 451 bahá’ís sont toujours engagés par les autorités. Ils comprennent des individus en prison, ceux qui ont été libérés sous caution, ceux qui ont fait appel de leur verdict, ceux qui attendent les notifications pour commencer à purger leur peine de prison, et quelques-uns qui purgent des périodes d’exil intérieur.
De plus, des milliers de personnes ont été privées d’éducation, interrogées, menacées, privées de leurs retraites ou encore empêchées de gagner leur vie.
La plupart des emprisonnements suivent le schéma bien connu des agents du ministère des Renseignements faisant éruption au domicile des bahá’ís, fouillant les locaux et confisquant des biens tels que ordinateurs et livres, puis arrêtant les occupants.
Le 18 avril, par exemple, un grand nombre d’officiers du Renseignement de Ghaemshahr ont assailli et fouillé les maisons de quatre bahá’ís, confisquant des livres et de la documentation. Le 4 avril 2012, un couple marié bahá’í de Bojnourd a été arrêté et leur maison a été fouillée par les agents du ministère du Renseignement.
Le 17 février, des agents ont attaqué une exposition d’artisanat organisée par des bahá’ís afin de récolter des fonds pour les enfants défavorisés. La vente avait lieu sur le parking d’une maison appartenant à l’un des bahá’ís. Les agents, trois hommes et deux femmes, le visage couvert, sont arrivés dans les 30 minutes qui ont suivi l’ouverture de la vente. Ils ont réclamé les téléphones portables de tous ceux qui étaient présents, ont séparé les hommes des femmes et les ont placés sur deux lignes et, pendant qu’ils les filmaient, ils leur ont demandé de se présenter en citant leur nom et leur religion. Ils ont aussi filmé l’artisanat qui était à vendre. Après avoir eu fini de filmer, les agents ont attendu que plus de gens entrent et ils les ont alors traités de la même manière. Des visiteurs musulmans ont été questionnés séparément sur leur relation avec les bahá’ís. Un grand nombre d’entre eux étaient des enfants et des jeunes dont les parents avaient prévu de les rejoindre plus tard. Huit personnes ont été arrêtées.
Une femme bahá’íe de Semnan a été condamnée le 8 décembre à sept ans d’emprisonnement pour « atteinte à la sécurité nationale » et « propagande anti régime ». Elle avait été précédemment arrêtée le 12 mars 2011 et relâchée le 3 avril 2011, après avoir payé la somme exorbitante de 100 millions de tomans de caution (100.000 dollars américains).
Un bahá’í à Kerman a été arrêté et emprisonné alors qu’il se rendait à son travail, le 20 février. Il avait été maître de cérémonie lors d’une célébration bahá’íe de la journée de la jeunesse en janvier, date à laquelle les organisateurs de la réunion et leur fille avaient été arrêtés.
Le 3 février 2012, des agents du gouvernement ont effectué des descentes dans les maisons de nombreux bahá’ís de Chiraz. Les maisons ont été fouillées de fond en comble, dans certains cas pendant quasiment cinq heures. Ces fouilles ont été accompagnées de violence. Des ordinateurs, des livres bahá’ís, des photos et du matériel ont été confisqués.
Persécutions par les institutions éducatives
Les enfants bahá’ís scolarisés à tous les niveaux d’étude continuent à être surveillés et calomniés par les équipes enseignantes dans les écoles. Des étudiants d’écoles secondaires font souvent face à des pressions et des harcèlements, et quelques-uns ont été menacés d’expulsion. Des professeurs d’études religieuses sont connus pour avoir insulté et ridiculisé les croyances bahá’íes. Dans quelques cas rapportés, lorsque des étudiants bahá’ís essayent de clarifier certains thèmes à la demande de leurs pairs, ils sont convoqués par les autorités scolaires et menacés d’expulsion s’ils continuent à « enseigner » leur religion.
Dans un exemple récent, deux enfants ont été expulsés de leur école à Najafabad après que leurs parents ont défendu leurs croyances contre les insultes durant la partie de questions-réponses d’une conférence pour les parents, dans laquelle le capitaine de police, parlant de la corruption morale, a insulté la foi bahá’íe. Quand les insultes se sont aggravées, certains parents musulmans dans le public ont pris la défense des bahá’ís. Après la réunion, les parents se sont plaints du comportement du chef de la police aux autorités scolaires et au Department of Education Security Office où l’administration de l’école les avait envoyés. On les a informés le lendemain au sujet des expulsions. Quand ils sont retournés au Department of Education Security Office, on leur a dit que, en tant que bahá’ís, ils n’avaient pas le droit de parler de leur religion, que les autres parents à la réunion n’auraient pas dû savoir qu’ils étaient bahá’ís et que tout cela était pour le bien des bahá’ís eux-mêmes, afin de les protéger de l’embarras. Après quoi, les parents ont été envoyés au chef du Department of Education Security Office à Ispahan, où des visites répétées pour rencontrer celui-ci se sont avérées vaines. Les expulsions ont été confirmées et les parents ont été informés qu’ils devaient inscrire leurs enfants dans une autre école.
Emprisonnement des enseignants bahá’ís
Les appels légaux introduits par les enseignants bahá’ís emprisonnés pour leur participation à l’Institut bahá’í d’enseignement supérieur ont échoué. La cour d’appel a jugé que les premiers verdicts et condamnations restaient toujours valables. Mahmoud Badavam, Noushin Khadem, Farhad Sedghi, Riaz Sobhani et Ramin Zibaie doivent purger quatre années de prison. Kamran Mortezaie continue de purger une peine de cinq ans de prison. Vahid Mahmoudi, incarcéré à l’origine pour cinq ans avec ses six anciens collègues, a été relâché le 9 janvier 2012 après que sa peine a été suspendue. Faran Hesami et son époux Kamram Rahimian, qui enseignaient la psychologie à l’IBES, ont été condamnés à quatre ans de prison. Ils ont fait appel de leur sentence.
Les biographies résumées des prisonniers de l’IBES sont disponibles en anglais sur : Profiles of Baha’i educators et en français sur ce site : Profils des enseignants bahá’ís.
Vous pouvez aussi vous référer au dossier « Campagne du gouvernement iranien d’exclusion des étudiants bahá’ís de l’enseignement supérieur » pour en apprendre plus sur ce sujet.
La pression économique exercée sur les membres de la communauté bahá’íe iranienne s’est accrue, l’accès à l’emploi et aux licences professionnelles leur étant dénié. Les emplois publics, non seulement dans l’administration civile mais également dans les domaines de l’éducation et de la justice, ont été refusés aux bahá’ís depuis la période qui a immédiatement suivi la révolution, de plus les musulmans sont souvent poussés à licencier les bahá’ís de leur emploi dans le secteur public.
Une femme bahá’íe à Gonbad a été emprisonnée pendant cinq jours après que sa boutique et sa maison avaient été fouillées. Lors de son procès, son crime a été défini comme « invitant les gens à participer à la corruption, à la prostitution et à des relations illicites » ; une façon courante pour les autorités de définir l’appartenance à la foi bahá’íe. Quelques jours après sa libération sous caution, son commerce a été mis sous scellés par les autorités et elle a été forcée de le fermer de façon définitive.
Les perquisitions effectuées par les autorités des lieux de travail et des magasins de bahá’ís se sont récemment intensifiées à Ispahan. Beaucoup de lieux de travail appartenant à des bahá’ís ont été perquisitionnés. Tous les documents et les textes bahá’ís trouvés sont mentionnés comme preuves de propagande. Les propriétaires sont traités grossièrement et menacés du retrait de leurs licences professionnelle ou commerciale. Plus de 70% des commerces appartenant à des bahá’ís à Sari et à Ghaemshahr, et un certain nombre à Gorgan et à Gonbad, représentant au moins 50 magasins, ont été récemment fouillés afin de trouver un quelconque prétexte pour menacer ou arrêter les bahá’ís. Les autorités ont même fouillé les maisons de bahá’ís propriétaires de magasins qui ont été fermés depuis plus de deux ans et qui ont réimplanté leur activité à leur domicile.
Résumé des différents types de persécution
La persécution des bahá’ís est omniprésente et comprend de nombreux types d’incidents dont :