
BIC NEW YORK, le 2 mars 2026 – Alors que les représentants des gouvernements et d’organisations de la société civile s’apprêtent à se réunir aux Nations unies pour la 70e session de la Commission de la condition de la femme (CSW), la Communauté internationale bahá’íe (BIC) a publié une déclaration appelant à une reconceptualisation en profondeur de la justice : une justice qui aille bien au-delà des mécanismes juridiques et judiciaires pour englober les valeurs, les relations et les normes sociales qui façonnent le quotidien des femmes et des filles.
Selon la BIC, le thème prioritaire de la Commission cette année est axé sur « la garantie et le renforcement de l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles », une question qui, dans les forums internationaux, est souvent abordée sous l’angle de la réforme des politiques, des mécanismes judiciaires et des changements législatifs.
La déclaration, intitulée Reconceptualizing Justice: Laying Foundations for a Gender-Equal World (Repenser la justice : Jeter les bases d’un monde où règne l’égalité entre les genres), reconnaît l’importance de ces efforts tout en affirmant qu’ils ne suffisent pas à eux seuls pour instaurer le type de société juste que les peuples du monde aspirent à construire.
« La justice est souvent perçue de manière restrictive comme un recours offert à ceux qui ont subi un préjudice », a déclaré Liliane Nkunzimana, représentante de la BIC.
« Mais à un niveau plus profond, a-t-elle poursuivi, la quête de justice est indissociable de la quête de la vérité, y compris la vérité sur ce que nous sommes en tant qu’êtres humains. Lorsque nous reconnaissons la noblesse et la dignité inhérentes à chaque personne, nous commençons à considérer la justice non seulement comme quelque chose à rendre, mais aussi comme une capacité à cultiver chez les individus, au sein des communautés et au sein des institutions qui les servent. »

Mme Nkunzimana a fait remarquer que, malgré d’importantes avancées juridiques dans de nombreux pays, d’importantes questions liées à la confiance et à l’équité demeurent largement irrésolues. Elle a fait observer que lorsqu’une personne a le sentiment de ne pas être traitée équitablement, aucune loi ne peut combler le fossé qui en résulte. Il est donc nécessaire d’entreprendre une réflexion collective sur ce que signifie en pratique la justice dans les relations sociales, dans les normes sociales et dans la culture des communautés elles-mêmes.
Cette déclaration s’inspire d’une initiative nationale d’inspiration bahá’íe au Brésil, qui a vu des centaines de participants issus du monde universitaire, du gouvernement, de la société civile et de différentes communautés religieuses se réunir dans le cadre d’une série de discussions visant à analyser comment approfondir les conceptions de la justice afin de promouvoir plus efficacement l’égalité, l’unité et la paix.
Décrivant la démarche de cette initiative, la déclaration souligne que la recherche de la justice exige un engagement non seulement en principe, mais aussi en pratique : « C’est une chose de reconnaître une valeur telle que la justice en principe ; c’en est une autre de l’adopter sans réserve dans sa conduite personnelle, et c’en est une autre encore, plus difficile, de remodeler les normes et les institutions sociales de manière à lui donner une expression collective. »
La déclaration suggère enfin que les progrès réalisés grâce à l’initiative brésilienne pourraient être adaptés de manière créative à l’échelle internationale. Elle propose que la Commission organise des lieux dans lesquels se feront une étude approfondie des fondements de la justice, en réunissant diverses parties prenantes d’une façon qui minimisera la concurrence, réduira l’importance de l’affiliation institutionnelle, encouragera un engagement commun envers les principes moraux et favorisera l’action collaborative. Elle ajoute que de telles mesures pourraient également inspirer des efforts plus larges en matière de réforme multilatérale, notamment l’Initiative UN80 et la revitalisation de la Commission elle-même.
La déclaration de la BIC à la 70e session de la Commission, qui se tiendra du 9 au 19 mars au siège des Nations unies à New York, peut être consultée ici.
Reconceptualizing Justice: Laying Foundations for a Gender-Equal World
