Une grave erreur judiciaire : le Qatar condamne un éminent citoyen bahá’í à cinq ans de prison dans un acte de discrimination religieuse et de déni de la liberté d’expression

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Paris, le 28 août 2025 — La Communauté internationale bahá’íe (BIC) condamne avec la plus grande fermeté le verdict inique rendu par un tribunal de Doha, au Qatar, déclarant M. Remy Rowhani, un citoyen qatari et membre de la communauté bahá’íe, coupable de crimes qu’il n’a pas commis. Le 13 août 2025, M. Rowhani a été condamné à une peine de cinq années d’emprisonnement. Sa détention avait été prolongée à plusieurs reprises depuis son arrestation initiale, et son état de santé s’est considérablement dégradé.

Les documents judiciaires révèlent que M. Rowhani a été inculpé pour avoir prétendument promu une doctrine ou une idéologie « mettant en doute les fondements et les enseignements de l’islam », en vertu de l’article 259 du code pénal ; pour avoir enfreint les principes et valeurs sociaux en utilisant les technologies de l’information, conformément à l’article 8 de la loi sur la cybercriminalité ; et pour avoir diffusé des matériels appelant à l’adoption de principes destructeurs, en vertu de l’article 47 (b) de la loi sur les publications et l’édition.

La condamnation de M. Rowhani constitue une grave erreur judiciaire, motivée uniquement par des préjugés religieux et fondée sur des accusations sans fondement. Il a été arrêté le 28 avril 2025 pour des charges liées au compte de la communauté bahá’íe du Qatar sur la plateforme X, créé il y a cinq ans, où étaient publiés des extraits des Écrits bahá’ís et des messages célébrant des fêtes nationales du Qatar.

Bien loin d’attaquer l’islam ou de violer les valeurs sociales, comme le prétend la justice qatarienne, les publications de la communauté bahá’íe du Qatar mettaient en avant des principes bahá’ís tels que l’unicité de Dieu, la confiance en Lui, le service à l’humanité, le respect des parents, l’éducation des enfants à la bonne conduite, et appelaient aux bonnes actions et au service du prochain. Elles comprenaient également des messages de félicitations à l’occasion des fêtes islamiques et des jours fériés nationaux.

« Ce verdict injuste contre Remy Rowhani représente un inquiétant recul pour les droits humains au Qatar, » a déclaré la Dr Saba Haddad, représentante de la BIC auprès des Nations unies à Genève. « Les autorités qatariennes doivent reconnaître la profonde injustice de cette condamnation et libérer immédiatement M. Rowhani, qui n’a commis aucun crime, mais qui est connu de tous pour son dévouement à son pays et pour ses éminents services. »

Onze experts des Nations unies ont déclaré être « gravement préoccupés » par le traitement infligé à M. Rowhani et à d’autres bahá’ís qatariens, ainsi que par la discrimination touchant l’ensemble de la communauté bahá’íe. Une analyse menée par la Communauté internationale bahá’íe des fatwas émanant d’autorités religieuses qatariennes, affiliées au ministère des Biens religieux et des Affaires islamiques, met également en lumière le préjugé religieux qui nourrit l’incitation à la haine et à la discrimination, la déshumanisation de la communauté bahá’íe et la qualification de ses fidèles « d’infidèles ». Plusieurs de ces fatwas ont été citées dans les documents judiciaires comme fondement des charges retenues contre M. Rowhani.

« Sur la scène internationale, le Qatar affirme être un rempart contre la haine religieuse, défendant par exemple les communautés musulmanes face à l’islamophobie, mais ce même gouvernement pratique la discrimination à l’égard des minorités sur son propre sol, » a ajouté la Dr Haddad. « Une telle politique sélective et discriminatoire en matière de tolérance religieuse doit cesser. »

La BIC exhorte la communauté internationale à demander au Qatar des garanties qu’il respectera ses obligations en matière de droits humains, conformément au droit international, et qu’il prendra des mesures immédiates pour obtenir la libération de M. Rowhani et mettre un terme à la discrimination systématique envers les bahá’ís du pays.

 

Contexte

Le 23 décembre 2024, M. Remy Rowhani, un citoyen qatari, ancien directeur du bureau régional MENA de la Chambre de commerce internationale et président de l’Assemblée spirituelle des bahá’ís du Qatar, a été arrêté à l’aéroport international de Doha. Bien qu’il ait reçu l’assurance verbale de la part des autorités indiquant qu’il était libre de voyager, M. Rowhani a été arrêté et placé dans des conditions de détention insalubres.

Une affaire sans fondement contre M. Rowhani

L’affaire intentée contre M. Rowhani met en évidence des décennies de discrimination systémique à l’encontre de la communauté bahá’íe au Qatar. En 2021, M. Rowhani avait déjà fait face à des accusations fallacieuses et avait été condamné à six mois de prison et à une amende, peine réduite en appel en 2022 à un mois de prison et à une amende de 13 700 dollars.

La discrimination exercée par le gouvernement à l’encontre de la communauté bahá’íe du Qatar

Depuis plus de huit décennies, la communauté bahá’íe du Qatar a cherché à engager un dialogue avec les autorités afin de lever les malentendus et de surmonter les défis systémiques, tels que la discrimination. Mais ces efforts sont restés vains. La BIC n’a cessé de mettre en lumière la discrimination constante et organisée à laquelle est confrontée la communauté.

Les bahá’ís du Qatar sont privés de droits fondamentaux, ce qui leur impose de lourds obstacles : résiliations arbitraires de permis de séjour, refus d’attestations de bonne conduite, rejets soudains de demandes de résidence et restrictions injustes en matière de regroupement familial. Ces mesures font peser sur la communauté le risque de sa disparition totale du Qatar.

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