Une résolution historique du Parlement européen défend les droits des bahá’ís en Iran et condamne la persécution par la République islamique

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Les députés européens dénoncent la campagne menée par l’Iran contre les bahá’ís comme une « persécution planifiée », « un crime contre l’humanité orchestré par l’État » et un « schéma continu de tyrannie ». La résolution exige la fin de la persécution des bahá’ís, la libération de tous les prisonniers de conscience, l’annulation des condamnations arbitraires, la restitution des biens confisqués, la protection des lieux d’inhumation et l’imposition de sanctions européennes à l’encontre de responsables iraniens.
Les députés européens dénoncent la campagne menée par l’Iran contre les bahá’ís comme une « persécution planifiée », « un crime contre l’humanité orchestré par l’État » et un « schéma continu de tyrannie ».
La résolution exige la fin de la persécution des bahá’ís, la libération de tous les prisonniers de conscience, l’annulation des condamnations arbitraires, la restitution des biens confisqués, la protection des lieux d’inhumation et l’imposition de sanctions européennes à l’encontre de responsables iraniens.

STRASBOURG, le 28 novembre 2025 — Cette semaine, le Parlement européen a « fermement condamné » les violations commises par la République islamique d’Iran à l’encontre de la minorité religieuse bahá’íe, dénonçant plus de quarante-cinq années de « persécution systématique » et appelant les responsables européens à transmettre ces préoccupations au gouvernement iranien.

Cette condamnation s’inscrit dans le cadre d’une résolution d’urgence sans précédent et historique — la plus récente initiative autonome du Parlement témoignant de la gravité de la situation des bahá’ís. Elle a été adoptée par 549 députés européens, dans une démonstration remarquable d’unité transpartisane.

Les résolutions d’urgence sont des instruments majeurs du Parlement européen destinés à exprimer publiquement des préoccupations en matière de droits humains et d’autres enjeux — en l’occurrence, plusieurs décennies d’attaques contre les bahá’ís en Iran.

La résolution, intitulée « Recrudescence des répressions contre les Baha’is en Iran », documente l’absence de reconnaissance constitutionnelle de la communauté bahá’íe, les arrestations et emprisonnements arbitraires, les disparitions forcées, le refus de sépultures dignes, la confiscation des biens, la privation d’éducation et d’emploi, ainsi que l’incitation à la haine par les médias contrôlés par l’État.

Elle intervient quelques jours après que l’Assemblée générale des Nations unies a condamné les effets « cumulatifs » de la persécution des minorités par le gouvernement iranien, exprimant une inquiétude particulière concernant les droits des bahá’ís.

La résolution européenne rappelle également un mémorandum de 1991 signé par le Guide suprême de la République islamique, qui codifie ces politiques et ordonne que le « progrès et le développement » des bahá’ís soient « bloqués ».

« Nous saluons le Parlement européen pour avoir adopté — avec une majorité si décisive — cette résolution d’urgence historique concernant la persécution des bahá’ís en Iran », a déclaré Alessandro Benedetti, représentant de la Communauté internationale bahá’íe à Bruxelles.

« Les États européens et les institutions de l’UE soutiennent les droits des bahá’ís iraniens depuis des décennies, et ces dernières années, ce soutien s’est encore renforcé à mesure que la persécution orchestrée par le gouvernement iranien s’intensifie, » a-t-il ajouté. « Le message adressé aux responsables iraniens est désormais clair : ils doivent abroger leurs politiques discriminatoires contre les bahá’ís et leur accorder l’ensemble des droits garantis par les conventions internationales relatives aux droits humains auxquelles l’Iran est signataire de longue date. »

Des parlementaires unis pour défendre les droits des bahá’ís

Plusieurs députés européens sont intervenus en soutien aux bahá’ís d’Iran lors d’un débat précédant le vote. Hannah Neumann, députée allemande et présidente de la Délégation pour les relations avec l’Iran du Parlement européen, a déclaré : « Un État qui emprisonne des personnes pour leur foi ou leur genre n’est pas fort ; il est terrifié. Un régime qui saisit les maisons des bahá’ís n’est pas puissant ; il révèle simplement la fragilité de ses propres murs. »

« Lorsqu’on réduit une femme au silence, » a-t-elle ajouté, en référence au fait que la majorité des bahá’ís visés par des actions judiciaires en Iran sont des femmes, « sa voix revient portée par des millions. »

La députée tchèque Danuše Nerudová a qualifié cette persécution de « schéma continu de tyrannie » et de « tentative d’effacer l’histoire et l’identité d’une communauté tout entière ». La députée suédoise Evin Incir a, quant à elle, affirmé que les politiques iraniennes à l’encontre des bahá’ís constituaient une « persécution planifiée » et « un crime contre l’humanité orchestré par l’État ».

La députée slovaque Miriam Lexmann a souligné que les bahá’ís étaient « un exemple pour les peuples du monde entier, car, face à la persécution et à l’injustice, ils se soutiennent mutuellement — et soutiennent leurs concitoyens — avec un courage et une résilience remarquables ».

« Notre message est clair : les bahá’ís ne sont pas seuls — les femmes d’Iran ne sont pas seules », a affirmé le député autrichien Helmut Brandstätter.

« L’Europe doit se tenir aux côtés des bahá’ís », a insisté Danuše Nerudová, incluant l’ensemble des minorités religieuses. Le député maltais Daniel Attard a, pour sa part, déclaré : « Des paroles sans conséquence ne protègent personne. Si l’Iran refuse la reconnaissance et les droits fondamentaux, l’UE doit répondre par une pression réelle. »

Dans sa réponse officielle au débat, la commissaire européenne Maria Luís Albuquerque a indiqué que l’Union européenne « continuera à faire entendre sa voix et exhortera l’Iran à garantir les libertés fondamentales pour tous, y compris pour les membres de la communauté bahá’íe et d’autres minorités ethniques et religieuses du pays ».

Des exigences inédites en faveur de la liberté religieuse des bahá’ís

La résolution d’urgence « condamne fermement » l’intensification de la persécution des bahá’ís, ainsi que toute forme de répression des minorités religieuses, ethniques et des femmes. Elle exige la fin immédiate de la discrimination, du harcèlement, de la détention arbitraire, de la confiscation des biens et d’autres violations fondamentales des droits humains.

Les bahá’ís et autres personnes emprisonnées en raison de leur religion ou de leurs convictions — y compris celles accusées à tort d’atteinte à la sécurité nationale ou de blasphème — doivent être « immédiatement » libérées, déclare le Parlement.

Les députés expriment par ailleurs leur « profonde inquiétude » face au fait que les femmes représentent désormais plus de la moitié des bahá’ís confrontés à des procédures judiciaires, mentionnant plus de 1 200 affaires en instance. Les condamnations injustifiées visant plusieurs femmes — dont Mahvash Sabet et Fariba Kamalabadi — doivent être annulées.

La résolution stipule également que le gouvernement iranien doit « restituer tous les biens confisqués » aux bahá’ís, indemniser les victimes de violations économiques et leur permettre un accès à l’éducation, à l’emploi et à d’autres services essentiels. Les cimetières ne doivent plus être saisis ou profanés — comme cela s’est produit à Téhéran, Ahvaz, Rafsanjan, Hamadan et ailleurs.

Le Parlement appelle en outre les institutions européennes, les États membres et leurs représentants à soulever la question des droits humains en Iran — notamment les violations de la liberté de religion ou de conviction — dans leurs échanges bilatéraux avec le gouvernement iranien, et à imposer des sanctions à l’encontre des juges, procureurs et agents de renseignement responsables de la persécution des bahá’ís.

Enfin, il demande que sa Présidente transmette la résolution d’urgence aux institutions européennes, aux États membres de l’UE et, surtout, aux plus hauts responsables iraniens.

Un soutien européen déjà marqué aux droits des bahá’ís d’Iran

Cette résolution d’urgence fait suite à trois autres résolutions du Parlement européen ayant mentionné la persécution des bahá’ís en Iran au cours de la dernière année — signe d’un consensus durable et d’une inquiétude croissante, toutes tendances politiques confondues, face à l’urgence de la situation. Les résolutions de novembre 2024, janvier 2025 et avril 2025 avaient chacune condamné la persécution systématique exercée par l’Iran et appelé à la protection des droits fondamentaux.

Plus tôt cette année, 125 députés européens et parlementaires ont signé une déclaration commune attirant l’attention sur l’intensification des abus commis contre les femmes bahá’íes en Iran, exhortant la communauté internationale à réagir avec détermination et célérité.

Durant l’année passée, 24 députés européens issus de divers groupes politiques ont également soumis trois questions parlementaires à la Haute Représentante Kaja Kallas pour dénoncer l’ampleur de la persécution, la campagne de haine religieuse et l’utilisation abusive des fondations et entités financières de l’État pour s’emparer des biens appartenant aux bahá’ís.

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