Intensification du soutien international pour les sept responsables bahá’ís

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Genève, publié le 29 août 2010 – Un nombre toujours croissant de gouvernements, d’organisations de défense des droits de l’homme et de personnalités renommées élèvent la voix contre les dures peines de prison prononcées au début du mois à l’encontre des sept responsables bahá’ís iraniens.

Alors que les avocats des prisonniers se préparent à faire appel du jugement les condamnant à 20 ans d’emprisonnement, le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a exprimé sa préoccupation face à un procès « conduit d’une manière qui n’est ni équitable, ni transparente ».

« La Nouvelle-Zélande est consternée du fait que l’Iran a négligé de respecter ses engagements internationaux en matière de droits de l’homme, tout autant que ses propres règles en matière de justice », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Murray McCully.

« Les peines semblent intégralement fondées sur le fait que ces personnes sont membres d’une minorité religieuse », a ajouté M. McCully dans une déclaration publiée le 20 août.

« La Nouvelle-Zélande appelle le gouvernement d’Iran à protéger les droits fondamentaux de l’ensemble de ses citoyens et à mettre fin à la persécution continuelle et systématique des bahá’ís. »

Les gouvernements d’Allemagne, d’Australie, du Canada, des États-Unis, de France, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, ainsi que l’Union européenne et le président du Parlement européen ont d’ores et déjà condamné les peines prononcées à l’encontre des sept bahá’ís.

À la suite d’appels à la libération des prisonniers lancés par de nombreuses organisations internationales, des groupes focalisés particulièrement sur l’Iran comme Human Rights Activists News Agency et United4Iran, ainsi qu’Amnesty International ont à présent lancé une campagne de protestations épistolaires encourageant leurs sympathisants à en appeler à la justice pour les sept prisonniers. Des personnalités renommées, dont l’avocate anglaise Cherie Blair, ont apporté leur soutien aux responsables bahá’ís iraniens.

Le Minority Rights Group International (MRG) – qui milite pour les minorités défavorisées et les populations autochtones – a exprimé sa profonde préoccupation au sujet des longues peines de prison.

« Étant donné que des observateurs indépendants n’ont pas été autorisés à assister au procès et l’histoire de la persécution à laquelle a été confrontée la communauté bahá’íe en Iran , l’issue ne favorise pas la confiance dans le système judiciaire iranien », a déclaré Carl Soderbergh, le directeur de la stratégie et de la communication du MRG.

« Le MRG demande à l’Iran de revenir sur les condamnations et de libérer immédiatement les accusés. »

Campagnes pour les droits de l’homme

Avant leur arrestation en 2008, les sept prisonniers faisaient tous partie d’un groupe au niveau national connu sous le nom de « Yaran », ou « Les amis », qui aidait à veiller aux besoins minimums de la communauté bahá’íe d’Iran, forte de 300 000 membres.

L’agence de presse Human Rights Activists News Agency (HRANA), une des organisations pour les droits de l’homme qui réclament à présent justice, lance un appel mondial demandant aux personnes de se joindre à une campagne épistolaire intitulée « We are Yaran » (Nous sommes des Yaran).

Le projet de lettre de HRANA dit notamment : « Aucune preuve ne vient justifier les accusations portées contre ces bahá’ís et le jugement final requérant l’emprisonnement est injuste et insupportable. »

United4Iran, réseau mondial non-partisan pour la promotion des droits civils et humains en Iran, demande aux visiteurs de son site web de s’intéresser à la situation désespérée des prisonniers en envoyant des courriels aux dirigeants du monde et aux autorités iraniennes.

Ce groupe ajoute que, vu l’âge avancé de plusieurs des dirigeants bahá’ís, « la RII (République islamique d’Iran) a, en fait, prononcé des peines d’emprisonnement à perpétuité ».

Un porte-parole de United4Iran a déclaré que plus de 1 100 messages avaient déjà été envoyés via le lien du site.

Aux États-Unis, Amnesty International encourage ses membres à écrire au chef de l’institution judiciaire iranienne pour protester contre le procès et la sentence.

Réactions individuelles

La célèbre avocate britannique Cherie Blair a qualifié la procédure intentée contre les sept responsables de « simulacre de procès » dans un article publié mercredi dans le quotidien britannique The Guardian.

Madame Blair a écrit : « Pendant deux ans d’emprisonnement, les avocats travaillant avec [le prix Nobel Shirin] Ebadi n’ont pu s’entretenir avec leurs clients que durant moins de deux heures. Ils n’ont eu que quelques heures pour examiner le dossier d’accusation qui comprenait des centaines de pages. Pendant le peu de temps qui leur a été accordé, ils ont découvert que les dossiers avaient été rassemblés par des agents du ministère des Services secrets, bien que la loi iranienne stipule que ces agents « ne devraient pas être impliqués dans l’enquête… sur les inculpés ».

« L’accusation passe-partout d’espionnage met à jour la réalité qui se cache derrière le comportement cruel du régime. Au cours des années, les bahá’ís se sont vus accusés d’être des instruments de l’impérialisme russe, du colonialisme britannique, de l’expansionnisme américain et, plus récemment, du sionisme.

« Mais quand on apprend qu’on propose aux bahá’ís, accusés d’espionnage au profit d’Israël, d’être disculpés et de recouvrer tous leurs droits de citoyens s’ils renient leur foi, on constate que ces accusations ne sont absolument pas fondées.

« La profanation de cimetières bahá’ís, la destruction de mausolées et la confiscation de propriétés bahá’íes ne peuvent constituer des sanctions contre une bande d’espions.

« La vérité qui se cache derrière cette condamnation, c’est qu’elle vise à décapiter la communauté bahá’íe d’Iran forte de 300 000 membres. En tant qu’adeptes de la plus forte minorité religieuse d’Iran, ils ont subi des décennies de discrimination, de harcèlement et de traitement épouvantable. Tout récemment, 50 habitations bahá’íes ont été rasées dans le nord de l’Iran et nous savons aussi qu’au moins 47 autres bahá’ís sont actuellement emprisonnés. »

Le primat de l’église catholique romaine d’Écosse, l’archevêque de St Andrews et d’Édimbourg, a qualifié les peines de 20 ans de prison pour les dirigeants bahá’ís, « d’un déni de justice des plus épouvantables et, au fond, d’une violation flagrante du droit de l’homme à la liberté de conviction ».

« Je prie en union pour ceux de la foi bahá’íe qui souffrent en ce moment en Iran et aussi pour le grand nombre d’autres personnes de bonne volonté qui souffrent pour leur foi dans d’autres parties du monde », a déclaré le cardinal Keith Patrick O’Brien.

L’acteur et comédien Omid Djalili a déclaré dans une vidéo mise sur YouTube qu’il avait été « très bouleversé » par la nouvelle des peines de prison.

Son clip a été vu plus de 8 000 fois dans les premiers jours de sa mise en ligne. M. Djalili a encore ajouté : « La foi bahá’íe est une religion pacifique avec une vision mondiale d’unité pour tous les peuples de toutes les croyances. Elle défend ardemment les droits de l’homme. C’est pourquoi le fait que ces sept personnes soient maintenues en prison comme si elles avaient commis les crimes les plus abominables est absolument ridicule. »

« La protestation internationale se poursuit »

Les prisonniers sont Fariba Kamalabadi, Jamaloddin Khanjani, Afif Naeimi, Saeid Rezaie, Mahvash Sabet, Behrouz Tavakkoli, et Vahid Tizfahm. Ils ont nié toutes les allégations portées à leur encontre. Celles-ci comprenaient l’espionnage, la propagande contre la république islamique et l’établissement d’une administration illégale. Ils sont à présent incarcérés à la prison de Gohardasht à Karaj, à quelque 20 kilomètres à l’ouest de Téhéran.

« En tout état de cause, les accusations portées contre eux n’avaient aucun fondement et le procès lui-même n’a été qu’une comédie », a déclaré Diane Ala’i, représentante de la Communauté internationale bahá’íe auprès des Nations unies à Genève.

« Aussi longtemps qu’ils resteront en prison, cette protestation internationale se poursuivra », a-t-elle ajouté.

Un rapport spécial du service de nouvelles mondiales bahá’íes contenant des articles et des informations de référence à propos des sept dirigeants bahá’ís iraniens – leur vie, leur emprisonnement, leur procès et les allégations portées contre eux, se trouve à l’adresse suivante en langue anglaise : http://news.bahai.org/human-rights/iran/yaran-special-report/

Pour des informations en la langue française, vous pouvez vous connecter sur le dossier Iran ce ce site

La page International Reaction du site Baha’i World News Service est régulièrement mise à jour avec des réactions de gouvernements, d’organisations non gouvernementales et de personnalités. La page Media Reports présente un résumé des articles de presse à travers le monde.

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