Iran : Vol d’État contre les bahá’ís, des alliances aux jouets d’enfants

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Paris, le 27 août 2026 — Entre le 22 et le 25 août, des agents du gouvernement iranien ont pris d’assaut des domiciles bahá’ís dans sept provinces, sans mandat, sans inculpation et sans motif. Ils ont escaladé les murs des habitations, arrêté des parents sous les yeux de leur enfant de deux ans, emporté des instruments de musique et fouillé jusque dans les pots de fleurs et les sacs de riz. Dans certains cas, 14 agents, 5 véhicules et un représentant du parquet se sont déplacés pour perquisitionner le domicile d’une femme afin de l’arrêter. Le motif donné à chacun d’eux était sans équivoque : vous êtes bahá’í.

Entre le 22 et le 25 août, en moins d’une semaine, les autorités iraniennes ont, à travers tout le pays, transformé des domiciles et des lieux de travail bahá’ís en scènes d’arrestations et de confiscations, saisissant véhicules, bijoux personnels, argent liquide, ordinateurs, matériel professionnel, instruments de musique, biens domestiques et jusqu’à des jouets d’enfants. Dans un cas, les agents ont rempli les valises mêmes de la famille avec ses affaires avant de les emporter.

Onze personnes ont été arrêtées sous les yeux de leurs proches, contraints d’assister à la saisie de leurs biens. Lors de l’une de ces nombreuses perquisitions, les agents ont emporté le véhicule d’une famille ainsi que des objets de valeur et des outils de travail ; lors d’une autre, ils ont saisi des instruments de musique et des machines avant de sceller le commerce familial. Ces confiscations et arrestations ont eu lieu sans le moindre mandat. Il ne s’agit pas de simples perquisitions, mais d’opérations par lesquelles l’État dépouille illégalement les bahá’ís de leurs biens, de leurs moyens de subsistance et de leur sécurité économique.

« Il s’agit d’un vol d’État commis au grand jour, qui dépossède des individus de leurs biens personnels au nom du gouvernement », a déclaré Simin Fahandej, représentante de la Communauté internationale bahá’íe auprès des Nations Unies à Genève. « Ce n’est pas parce que c’est un gouvernement qui pénètre dans votre domicile et confisque vos bijoux, vos alliances et vos autres biens personnels, ou qui s’empare de votre véhicule, que cela devient légal. Depuis près de cinq décennies, le gouvernement iranien dépouille les bahá’ís de leurs biens au nom de l’État, mais à son propre profit. Intensifier ce vol dans un contexte économique déjà difficile ne vise qu’à précipiter la ruine économique des bahá’ís. Ces vols doivent cesser, maintenant. »

Parmi les onze personnes arrêtées, certaines avaient été convoquées pour purger des peines déjà prononcées ; d’autres ont été directement incarcérées à l’issue des perquisitions. Cette dernière vague d’arrestations, de perquisitions et de confiscations s’inscrit dans une campagne de persécution des bahá’ís qui s’est intensifiée, ayant doublé au cours de la dernière année, et qui touche des milliers de familles bahá’íes à travers l’Iran.

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Parmi les incidents récents, à Ispahan, plus de 20 agents en civil ont simultanément investi les domiciles de trois membres de la famille Tebyanifard, perquisitionnant les lieux et proférant des menaces physiques et violentes devant un enfant de deux ans.

Des agents armés ont connecté sur place les téléphones de la famille à des ordinateurs afin d’en extraire les données, avant de confisquer des ordinateurs portables, de l’argent liquide, des bijoux, un appareil photo professionnel et une collection d’instruments de musique faits main, dont un piano, un violon, un setâr, un violoncelle, un kamântché, une guitare et une clarinette. Le magasin de musique de la famille a ensuite été scellé.

Ce cas est emblématique de l’absurdité de cette persécution : des instruments de musique saisis sans mandat ni le moindre semblant de légalité, et le gagne-pain d’une famille ordinaire, de fait détruit et criminalisé, au seul motif que ses membres sont bahá’ís.

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« Le recours au pouvoir de l’État pour déposséder des familles bahá’íes est d’autant plus révoltant que les mêmes autorités qui saisissent les biens contrôlent aussi les tribunaux, les services de sécurité et les mécanismes chargés de statuer sur leur restitution, alors que les bahá’ís, déjà privés de droits civils et sociaux fondamentaux, disposent de très peu de recours effectifs », a déclaré Mme Fahandej. « Économies personnelles et familiales, véhicules, biens domestiques, matériel professionnel, instruments de musique et même jouets d’enfants ont été confisqués. Le pouvoir même de l’État, qui devrait protéger les citoyens et leurs biens, est au contraire utilisé pour les en déposséder. »

Les conséquences économiques sont dévastatrices. Déjà exclus de l’enseignement universitaire et de la fonction publique — des mesures conçues pour ruiner économiquement la communauté —, les bahá’ís voient désormais l’État s’employer à démanteler et détruire les modestes moyens de subsistance que leurs familles ont mis des décennies à bâtir. Des années de travail peuvent être anéanties en une seule perquisition. Le préjudice se propage ensuite à l’ensemble de la famille — conjoints, enfants, parents âgés et autres personnes à charge —, laissant les foyers financièrement exposés, économiquement exsangues et démunis pour reconstruire ce que l’État leur a pris.

Ces saisies constituent la dernière manifestation en date d’une politique de persécution économique vieille de plusieurs décennies. Depuis 1979, les autorités iraniennes confisquent systématiquement les maisons, terres agricoles, entreprises et autres biens appartenant à des bahá’ís, se servant des tribunaux et des organes de l’État pour déposséder une communauté religieuse que l’État refuse de reconnaître.

Ces dernières années, les autorités ont de plus en plus invoqué l’article 49 de la Constitution iranienne — une disposition censée permettre à l’État de récupérer des richesses acquises par des moyens illicites — pour confisquer des maisons, terres, entreprises, véhicules et comptes bancaires bahá’ís pourtant parfaitement légitimes. Aucune preuve ni aucun fondement juridique n’a jamais été présenté pour justifier ces confiscations, perquisitions et arrestations. Les biens saisis dans le cadre de procédures fondées sur l’article 49 peuvent être transférés à l’Exécution de l’ordre de l’imam Khomeiny, une entité placée sous l’autorité directe du guide suprême iranien. Des milliers de biens bahá’ís ont été confisqués ou expropriés au cours des quarante dernières années. Les bahá’ís ont maintes fois cherché à obtenir réparation par voie judiciaire, sans résultat, les familles se retrouvant à devoir réclamer la restitution de leurs biens aux mêmes institutions étatiques responsables de leur confiscation.

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« La Communauté internationale bahá’íe appelle le gouvernement iranien à cesser d’utiliser abusivement le pouvoir de l’État pour s’emparer des biens, des propriétés et des moyens de subsistance des bahá’ís. Ces pratiques infâmes, menées depuis des décennies, doivent cesser. Le gouvernement doit au contraire remplir son devoir le plus sacré : protéger ses citoyens, garantir leurs droits et préserver leurs domiciles et leurs biens », a déclaré Mme Fahandej.

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