
Dans une déclaration conjointe, vingt-cinq parlementaires français (chiffre provisoire) s’alarment du sort de Peyvand et Borna Naimi, deux prisonniers en Iran qui endurent tortures et simulacres d’exécutions, en raison de leur appartenance à la plus large minorité religieuse non-musulmane en Iran, la foi bahá’íe.
“Nous sommes profondément alarmés par les tortures endurées par Peyvand et Borna Naimi” a déclaré Hamdam Nadafi, directrice du Bureau des affaires extérieures des bahá’ís de France. “C’est pourquoi, a-t-elle ajouté, le soutien de ces vingt-cinq parlementaires est si précieux et nous les remercions sincèrement pour leur engagement. Cela démontre que notre pays, par ses institutions, est concerné par le sort des minorités en Iran, et par les atteintes aux droits des bahá’ís. Nos parlementaires dénoncent avec clarté le traitement inhumain réservé à ces deux hommes. Ils n’ont commis aucun crime et ont refusé de renoncer à leurs convictions religieuses bahá’íe, qui les encouragent notamment à contribuer activement au progrès social, matériel et spirituel de leur pays et de sa population”.
Depuis début mars, ces deux cousins sont détenus par les gardiens de la révolution qui les accusent de crimes qu’ils n’ont pas commis. Ils endurent les pires horreurs en détention.
Dans leur déclaration, les parlementaires s’indignent : “Nous apprenons avec effroi et dénonçons avec fermeté la situation que subissent Peyvand et Borna Naimi”. Ils décrivent “des tortures physiques et psychologiques insoutenables, incluant des simulacres d’exécution”, précisant que celles-ci ont pour objectif de “leur extorquer de faux aveux, qui pourraient servir de prétexte pour une condamnation à mort”.
En effet, Peyvand a tout d’abord été forcé de formuler de faux aveux sous la contrainte, aveux diffusés à la télévision nationale, qui prétendaient qu’il faisait partie d’un groupe clandestin qui coordonnait les manifestations. Menacé de mort, il a accepté le faux témoignage. Son cousin a ensuite été arrêté et torturé. Il a enduré coups, éléctrochocs sur les pieds -désormais brûlés-, la torture psychologique, notamment les menaces d’emmener sa fille de trois ans à l’adoption. Il a fini par signer une déclaration attestant que lui et Peyvand avaient conduit cette attaque sur les gardiens de la révolution.
“Ce faux aveu a malheureusement eu de lourdes conséquences sur Peyvand, qui a son tour s’est retrouvé privé de nourriture et d’eau, battu, attaché à un mur, durant des jours et des jours entiers, afin qu’il “avoue” à son tour” a décrit Hiram Bouteillet, responsable des droits humains et qui supervise le dossier Iran au sein du BAEBF.
Les députés et sénateurs issus de dix régions de France appellent le gouvernement à “user de tous les leviers diplomatiques pour faire pression sur le régime iranien, afin qu’il mette fin à ces persécutions” et soulignent le caractère systémique de la persécution des bahá’ís en Iran, persécution orchestrée sciemment et prévue par la loi.
Ils soulignent également les pendaisons simulées que les deux cousins ont subi. Ces dernières sont allées très loin : yeux bandés, ils ont été amenés dans une salle pour y être exécuté, une corde leur a été passée autour du au cou… avant que les geôliers ne s’interrompent. Entre temps, ils ont eu tout le temps d’imaginer leur mort. Chacun d’eux a vécu cela à deux reprises.
Après le premier simulacre d’exécution, Peyvand a dit à sa famille qu’il avait refusé d’avouer. Il était « visiblement traumatisé et bouleversé » en décrivant le deuxième épisode. Pourtant, il continue d’affirmer son innocence. On lui refuse aujourd’hui des soins médicaux indispensables.
“Borna et sa fille entretiennent une relation très proche » a ajouté Hiram Bouteillet. “Les pressions psychologiques exercées autour de son enfant visent à le briser. La situation cause une grande détresse à sa fille, qui croit que son père l’a abandonnée. Par ailleurs, lors de ses premiers jours en prison, Borna a été détenu dans une section spéciale de la prison appelée la « suite de la mort » où les prisonniers condamnés à mort sont détenus avant leur exécution. Il a été placé en isolement dans une petite pièce d’environ deux mètres sur deux, sans pouvoir distinguer le jour de la nuit.”
Les parlementaires ont dénoncé cela dans leur déclaration disponible ci-dessous dans son intégralité :
Nous, parlementaires français, apprenons avec effroi et dénonçons avec fermeté la situation que subissent Peyvand et Borna Naimi, jeunes bahá’ís iraniens, détenus arbitrairement respectivement depuis le 8 janvier et le 1er mars 2026, et aujourd’hui en danger de mort. Emprisonnés à Kerman, ils subissent des tortures physiques et psychologiques insoutenables, incluant des simulacres d’exécution, dans le but de leur extorquer de faux aveux, qui pourraient servir de prétexte pour une condamnation à mort. Accusés sans preuve d’avoir participé à des manifestations et à des attaques contre les Gardiens de la révolution, les véritables raisons pour lesquelles ils sont ciblés sont leurs convictions religieuses. Ce cas illustre la violence systématique exercée contre les bahá’ís en Iran, une communauté particulièrement persécutée depuis des décennies.
Depuis 1979, le gouvernement iranien désigne les bahá’ís comme boucs émissaires lors de chaque crise politique ou sociale. En l’absence de toute preuve, ils sont accusés, marginalisés et réprimés, accusés d’espionnage ou de complot, faisant peser sur eux le poids d’une persécution accrue, comme nous le constatons aujourd’hui devant la torture que subit M. Naimi. Cette stratégie de persécution, qui vise à déshumaniser et à exclure, s’inscrit dans une politique d’État de discrimination systématique envers les minorités, en violation flagrante des droits humains les plus fondamentaux.
Face à cette urgence, nous, parlementaires français, demandons à notre gouvernement de se prononcer sans délai pour exiger la libération immédiate de Peyvand et Borna Naimi, ainsi que celle de tous les prisonniers bahá’ís et de conscience en Iran. La France doit user de tous les leviers diplomatiques pour faire pression sur le régime iranien, afin qu’il mette fin à ces persécutions et respecte les droits humains de tous les iraniens, en particulier ceux des bahá’ís, ciblés depuis 47 ans.
Ayda Hadizadeh
Députée du Val d’Oise
Yannick Jadot
Sénateur de Paris
Jérémie Patrier-Leitus
Député du Calvados
Mickaël Bouloux
Député d’Ille et Vilaine
Pouria Amirshahi
Député de Paris
Rodrigo Arenas
Député de Paris
Sandra Regol
Députée du Bas-Rhin
Sandrine Rousseau
Députée de Paris
Marie-Noëlle Battistel
Députée de l’Isère
Karim Benbrahim
Député de la Loire Atlantique
Sandrine Runel
Députée du Rhône
Alexis Corbière
Député de la Seine-Saint-Denis
Christian Cambon
Sénateur du Val-de-Marne
Eric Martineau
Député de la Sarthe
Pierre Pribetich
Député de la Côte d’Or
Léa Balage El Mariky
Députée de Paris
Hervé Saulignac
Député de l’Ardèche
Dorine Bregman
Députée de Paris
Fabrice Barusseau
Député Charente-Maritime
Paul Christophle
Député de la Drôme
Fatiha Keloua Hachi
Députée de la Seine Saint-Denis
Guillaume Garot
Député de la Mayenne
Joël Aviragnet
Député de la Haute-Garonne
M. Thierry Sother
Député du Bas-Rhin
Laurent Lhardit
Député des Bouches-Du-Rhône
