
BRUXELLES, le 29 juillet 2026 — Des parlementaires de toute l’Europe expriment leur « profonde préoccupation face au traitement réservé aux bahá’ís » en Égypte, qui subissent une « discrimination et une persécution généralisées de la part de l’État », dans une déclaration commune signée par 114 députés européens et des parlements nationaux à travers l’Europe. Les signataires appellent également les autorités égyptiennes à « garantir pleinement la liberté de religion ou de conviction » pour les membres de la communauté bahá’íe, les chrétiens coptes et toutes les minorités religieuses.
Dans cette déclaration commune, les législateurs soulignent que les bahá’ís en Égypte « subissent une discrimination et une persécution étatique étendues ». Ils reprennent les préoccupations récemment exprimées par le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme et les rapporteurs spéciaux de l’ONU concernant la négation des droits civiques fondamentaux, y compris le fait que la communauté bahá’íe se voient « refuser le droit à des funérailles, les privant ainsi de leurs droits aussi bien dans la vie que dans la mort ». La déclaration met également en lumière les obstacles à l’obtention de cartes d’identité obligatoires, l’interdiction d’enregistrer les mariages bahá’ís, ainsi que la surveillance et le harcèlement exercés par les services de sécurité.
« Nous accueillons favorablement cette nouvelle marque de soutien de la part de parlementaires de toute l’Europe et de tous les partis politiques », a déclaré Alessandro Benedetti, représentant de la Communauté internationale bahá’íe (CIB) auprès des institutions européennes. « Cette déclaration est d’autant plus puissante en raison de son timing, alors que l’Union européenne et le gouvernement égyptien approfondissent leurs liens. Les bahá’ís en Europe et dans le monde espèrent que le gouvernement égyptien comprendra que les bahá’ís forment une communauté pacifique, loyale envers leur pays, et qu’ils ne demandent que les mêmes droits que leurs concitoyens pour contribuer de manière constructive à leur société. »
Si la Constitution égyptienne garantit la liberté de croyance, la déclaration souligne que son application défaillante prive les minorités religieuses — reconnues ou non — de toute protection juridique effective.
Plus tôt ce mois-ci, Nikos Papandreou, député du Parlement européen, qui a rencontré des bahá’ís égyptiens lors d’une visite de délégation du PE en Égypte, a écrit dans un article d’opinion pour Euronews que les bahá’ís en Égypte « ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale », ce qui les prive de droits civiques fondamentaux et de la possibilité de mener une vie normale. Il a appelé le gouvernement égyptien à veiller à ce que les groupes religieux pacifiques jouissent de droits juridiques égaux, affirmant que la protection des minorités « renforce la cohésion sociale ».
La représentante spéciale de l’UE pour les droits de l’homme, Mme Kajsa Ollongren, a également exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations concernant la situation des bahá’ís en Égypte, déclarant que les conditions s’étaient « dégradées » alors que les autorités avaient « renforcé les restrictions », notamment en refusant de reconnaître les mariages bahá’ís.
Depuis un décret présidentiel de 1960, les bahá’ís en Égypte se voient interdire, par des fatwas d’Al-Azhar et des politiques gouvernementales, l’accès à de nouveaux terrains pour cimetières. Les membres de la communauté bahá’íe rencontrent également de graves difficultés pour obtenir des cartes d’identité numériques, nécessaires pour accomplir tous les aspects de la vie quotidienne, car ils ne peuvent pas indiquer leur religion sur ces cartes. Une mesure qui consistait à remplacer la mention de la religion par un tiret (-) sur la carte, aurait dû, en théorie, aider la communauté bahá’íe à éviter la discrimination. Elle est, à l’inverse, devenue un marqueur entraînant des formes de persécution encore plus sévères. De plus, les couples bahá’ís ne peuvent pas faire enregistrer leurs mariages, une politique injuste qui a conduit certaines familles à subir des séparations forcées.
« La Constitution égyptienne garantit la liberté de religion et de conviction, et même le président Abdel Fattah el-Sissi a déclaré que les droits de toutes les minorités en Égypte doivent être protégés. Pourtant, la communauté bahá’íe continue de faire face à des restrictions difficiles à concilier avec ces engagements. Cela intervient à un moment où les principaux pays de la région progressent régulièrement dans l’adoption de politiques favorisant la coexistence, la tolérance et le respect de la diversité », a déclaré M. Benedetti.
Il a ajouté : « Les bahá’ís égyptiens ne demandent que les mêmes droits que leurs concitoyens : enterrer leurs proches dans la dignité, enregistrer leurs mariages, obtenir des documents d’identité valides et vivre en paix. Mettre fin à ces restrictions ne serait pas difficile et ne nécessiterait même pas que l’Égypte change ses lois. »
