L’optimisme fonde le succès télévisé au Brésil

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Shideh Granfar
Shideh Granfar
Blumenau, Brésil, publié le 8 janvier 2008 – « Rester positif! » : tel est le slogan du succès de Shideh Granfar, l’animatrice d’une émission de débats pour les femmes.

Elle se souvient de l’époque où, sous l’œil de la caméra, un cafard se promenait sur de la nourriture, menaçant ainsi la réputation du restaurant objet du reportage.

Elle retourna rapidement la situation par une plaisanterie, puis dirigea les caméras vers un coin mal rangé du studio, montrant ainsi que le cafard n’était pas de la faute du restaurateur.

« J’ai expliqué aux téléspectateurs que la nourriture était restée longtemps dans les studios et que ceux-ci n’étaient pas les endroits les plus propres, raconte-t-elle. Je les ai rassurés en leur disant que les standards de propreté du restaurant étaient réellement différents. Puis, j’ai fait un tour des studios avec le cameraman pour montrer aux téléspectateurs que, même si le plateau paraissait beau, les studios, c’était une autre histoire. »

« L’épisode a été un succès et tout le monde en a parlé, poursuivit-elle. Le restaurateur était content aussi. »

Shideh – tous les téléspectateurs l’appellent par son prénom – a animé plus de 500 épisodes de Mulheres (femmes en portugais) pour TV Galega. Cette année, elle a été citée par l’agence locale de l’Office national brésilien de la formation commerciale pour services exceptionnels rendus par une femme dans le domaine de la communication et des arts.

« Shideh est une de ces personnes que l’on voudrait toujours avoir à ses côtés : pour son rire, pour sa joie de vivre, pour sa façon de considérer qu’il y a une solution à tout, que le chemin difficile est simplement le « chemin le moins facile », disait Walter Ostermann, un éminent éditorialiste d’un journal local, présent lors de la cérémonie de remise de récompense à Shideh.

En fait, Shideh, qui est créatrice, productrice, directrice et animatrice de son programme, est connue pour son rire contagieux et sa capacité à donner un tour positif à tout ce que la vie lui réserve.

Sa conception de la vie, explique-t-elle, vient de sa pratique de la foi bahá’íe.
« En tant que bahá’ís, nous croyons en ce qu’il y a de meilleur dans l’homme. Avec les participants de mon émission, j’essaye de faire en sorte qu’ils se sentent bien. Je n’essaye pas de les coincer et qu’ils apparaissent sous leur mauvais jour. Nous essayons de faire ressortir le meilleur de ce que les gens ont à donner. Je pense que l’émission est un modèle de positivisme, particulièrement pour les femmes. »

Les sujets que Shideh traite dans son émission ont un rapport direct avec sa croyance religieuse.

« L’émission Mulheres se rapporte à la foi bahá’íe à travers les sujets que nous choisissons. Ils abordent le développement et l’amélioration de la qualité de vie des femmes, dit-elle. Les écrits bahá’ís parlent beaucoup de ces problèmes. Nous avons également un éditorial d’ouverture dans lequel nous utilisons des pensées, des prières et des documents des écrits de la foi bahá’íe qui ont un rapport avec le thème du jour. »

Elle voit le rôle de l’émission comme celui d’une expérience enrichissante pour les téléspectateurs, étant donné qu’elle pense que les gens ont tendance à être mécontents de nombreux aspects de leur vie.

« Lorsque vous leur montrez des choses bonnes et positives, les gens aiment ça tout simplement, dit-elle. Ils sont si reconnaissants et me disent « Vous riez tout le temps ! » Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que leur donner l’opportunité de voir le bien dans la vie est ce qui me rend heureuse. »

L'émission traite des problèmes des femmes, mais d'après l'audimat la moitié de l'audience est composée d'hommes
L’émission traite des problèmes des femmes, mais d’après l’audimat la moitié de l’audience est composée d’hommes
Elle pense que c’est cette attitude optimiste et ses opinions sur l’égalité entre les hommes et les femmes qui ont conduit le propriétaire de TV Galiega, Altair Carlos Pimpao, à l’engager, il y a 10 ans. L’émission à lieu à Blumenau, une ville de 300 000 habitants dans le sud du Brésil.

Monsieur Pimpao, qui avait vu Shideh animer une réunion bahá’íe, avait trouvé qu’elle s’exprimait bien et était une animatrice née. Il a réalisé, par dessus tout, qu’elle et d’autres bahá’ís croyaient fermement à la promotion de la femme et à l’égalité des sexes. Il n’est pas bahá’í, mais il a compris qu’à cause de leurs croyances et de leurs idées, c’était le genre de personnes dont il avait besoin pour sa nouvelle émission.

Les invités du programme d’une heure sont souvent des experts locaux dans les domaines de l’éducation et de la santé. Le débat se centre sur la façon dont les problèmes se rapportent aux femmes bien que, dit Shideh, l’audimat montre que la moitié de ses téléspectateurs sont des hommes.

« Les hommes sont curieux et intéressés par les sujets concernant les femmes, remarque-t-elle. Les hommes essayent de comprendre le monde des femmes, nos rêves et nos buts dans la vie et ils peuvent avoir ainsi de meilleures relations avec nous. C’est formidable de voir que tant d’hommes sont intéressés… En cours de l’émission, nous prenons des appels d’hommes qui nous demandent des renseignements pour leurs femmes et leurs amies. En agissant ainsi, ils contribuent au développement des idées et, en même temps, élargissent leur propre vie et leurs relations. »

Mulheres est diffusée en direct le mardi soir. Les téléspectateurs peuvent nous appeler pour poser des questions et faire des commentaires. La bande enregistrée de chaque programme est rediffusée les mercredi et dimanche et l’émission peut être vue sur internet sur le site Jump TV.

« Animer l’émission a été une expérience gratifiante, dit Shideh. C’est fou, je peux avoir eu la pire journée de ma vie, dès que j’entre dans le studio je suis heureuse et souriante. »

Shideh, qui a été mariée pendant 26 ans et a 2 enfants, voyage fréquemment. Elle dit qu’à travers ses voyages, elle a appris quelque chose qu’elle essaye de faire partager dans son émission : « L’humanité est l’humanité où que l’on aille, dit-elle. Tout le monde cherche le bonheur. »

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