Ouzbékistan : Autour d’un chaudron de sumalak, une nouvelle forme de vivre-ensemble voit le jour

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TACHKENT, Ouzbékistan, le 29 octobre 2026 – Le sumalak, ce pudding sucré à base de blé qui célèbre l’arrivée du printemps dans toute l’Asie centrale, n’est pas un plat que l’on peut préparer seul. Il mijote pendant la majeure partie d’une journée et d’une nuit, et quelqu’un doit toujours rester près du chaudron pour remuer. Dans un immeuble de Tachkent, c’est devenu l’occasion pour les habitants de se rassembler dans leur cour commune, de se relayer autour du chaudron et de discuter du genre de voisins qu’ils souhaitent être les uns pour les autres.

L’immeuble fait partie d’une makhalla, l’une de ces communautés de quartier traditionnelles qui sont au cœur de la vie sociale ouzbèke, chacune dotée de son propre comité local.

« J’avais très envie de ne pas aller à la makhalla pour demander quelque chose, mais pour venir dire : Comment puis-je vous aider ? Que pouvons-nous faire ensemble ? », a déclaré Zamira Kadirova, une habitante de l’immeuble et secrétaire de l’Assemblée spirituelle locale des bahá’ís de Tachkent, qui a contribué à l’organisation d’un récent forum sur la vie de la makhalla. Aujourd’hui, a-t-elle expliqué, ses voisins se réunissent également pour le hashar – travail communautaire pour le bien commun – et se concertent sur la rénovation de la façade de l’immeuble.

Dans le cadre d’un forum organisé par le Bureau bahá’í des affaires publiques d’Ouzbékistan, les participants ont examiné comment les habitants, les communautés et les institutions peuvent renforcer les liens d’harmonie au sein de leurs quartiers, au cours d’une année consacrée au développement des makhallas à l’échelle nationale.
Dans le cadre d’un forum organisé par le Bureau bahá’í des affaires publiques d’Ouzbékistan, les participants ont examiné comment les habitants, les communautés et les institutions peuvent renforcer les liens d’harmonie au sein de leurs quartiers, au cours d’une année consacrée au développement des makhallas à l’échelle nationale.
Farrukh Rasulov (à gauche), membre du Bureau bahá'í des affaires publiques d'Ouzbékistan, et Zamira Kadirova (à droite), secrétaire de l'Assemblée spirituelle locale des bahá'ís de Tachkent, lors d'un récent forum sur le renforcement de l'harmonie au niveau local, organisé par le Bureau bahá'í des affaires publiques d'Ouzbékistan.
Farrukh Rasulov (à gauche), membre du Bureau bahá’í des affaires publiques d’Ouzbékistan, et Zamira Kadirova (à droite), secrétaire de l’Assemblée spirituelle locale des bahá’ís de Tachkent, lors d’un récent forum sur le renforcement de l’harmonie au niveau local, organisé par le Bureau bahá’í des affaires publiques d’Ouzbékistan.
Des représentants du gouvernement, de la société civile, des communautés religieuses, du monde universitaire et des médias se sont réunis aux côtés d’habitants de différentes localités pour réfléchir aux principes spirituels qui renforcent les relations au sein d’un quartier.
Des représentants du gouvernement, de la société civile, des communautés religieuses, du monde universitaire et des médias se sont réunis aux côtés d’habitants de différentes localités pour réfléchir aux principes spirituels qui renforcent les relations au sein d’un quartier.

Organisé par le Bureau bahá’í des affaires publiques d’Ouzbékistan, ce forum s’est tenu au cours d’une année consacrée, à l’échelle nationale, au développement des makhallas. Une grande attention a été accordée, à juste titre, à la rénovation des routes, des cours et des services publics. Le forum s’est toutefois penché sur une dimension moins visible du bien-être d’un quartier : les relations de confiance, d’attention et de soutien mutuel qui, comme l’ont fait remarquer les participants, ne peuvent être créées par aucune infrastructure, quelle que soit son ampleur.

Cette rencontre, la quatrième d’une série organisée par le Bureau depuis janvier 2025, a réuni des représentants du gouvernement, du système des makhallas, de la société civile, des communautés religieuses, du monde universitaire et des médias, ainsi que des habitants engagés. Les forums précédents avaient abordé les valeurs spirituelles et morales au sein de la société et de la famille. Celui-ci a élargi son champ d’action au quartier, où, selon les termes de Mme Kadirova, « ce qui naît au sein de la famille trouve son prolongement ».

Les participants au forum ont discuté de la façon dont la confiance, la consultation et l’action collective peuvent renforcer les liens sociaux dans les makhallas.
Les participants au forum ont discuté de la façon dont la confiance, la consultation et l’action collective peuvent renforcer les liens sociaux dans les makhallas.

« Quand on dit makhalla, ce qui vient encore à l’esprit, c’est le comité de la makhalla », a fait remarquer Dilmurod Yusupov, chercheur et défenseur des droits des personnes en situation de handicap. « Mais pour que les gens s’impliquent, ils doivent avant tout se reconnaître dans la makhalla, y voir des personnes, et non un comité. »

Farrukh Rasulov, du Bureau des affaires publiques, a proposé une manière de concilier ces deux significations. Selon lui, la makhalla peut être considérée comme un tout vivant au sein duquel s’entremêlent trois acteurs : l’individu, la communauté de voisins et le comité de la makhalla qui est à leur service , chacun ayant son propre rôle et ses propres responsabilités. La tâche du comité, a-t-il précisé, « n’est pas de tout prendre en charge, mais de coordonner », en s’appuyant sur le potentiel de l’ensemble du quartier.

Les habitants d’un immeuble de Tachkent se rassemblent dans leur cour commune pour préparer le sumalak, une tradition printanière qui, dans certains quartiers, est devenue un moyen de renforcer les liens d’amitié tout au long de l’année.
Les habitants d’un immeuble de Tachkent se rassemblent dans leur cour commune pour préparer le sumalak, une tradition printanière qui, dans certains quartiers, est devenue un moyen de renforcer les liens d’amitié tout au long de l’année.
Participants aux efforts bahá’ís de renforcement de la communauté.
Participants aux efforts bahá’ís de renforcement de la communauté.

Dans plusieurs quartiers, a expliqué M. Rasulov, la coopération avec le comité de la makhalla s’est renforcée lorsque les habitants ont proposé d’apporter leur contribution – des cours d’éducation morale pour les jeunes et les enfants – et que le comité a pu constater l’impact de ces efforts sur la vie des jeunes.

Lors du forum, d’autres participants ont décrit des débuts similaires. « Nous sommes venus à la makhalla non pas pour demander, mais pour proposer notre aide », a déclaré Alyana Rasulova, enseignante à l’école primaire. « Au début, ils ne nous comprenaient pas, puis ils étaient très heureux. » Nilufar Khodjayeva, l’une des animatrices du forum, a chiffré cette possibilité : « Si ne serait-ce qu’un millier d’habitants d’une makhalla de cinq mille personnes mènent de petites actions constructives, la culture du quartier change du tout au tout. »

Partout en Ouzbékistan, les jeunes trouvent des moyens de contribuer au bien-être de leur quartier.
Partout en Ouzbékistan, les jeunes trouvent des moyens de contribuer au bien-être de leur quartier.

Shukriya Grafova, qui, avec d’autres jeunes et des mères, anime des cours d’éducation morale et spirituelle pour les enfants de son quartier, a évoqué le cas d’un garçon souffrant de troubles auditifs et de la parole qui a rejoint l’un de ces cours lors d’une leçon sur l’amitié et la dignité humaine. Aucun des quinze enfants présents ne l’a mis à l’écart, a-t-elle précisé. « C’est très important : la manière dont nous inculquons le respect de chaque être humain. »

Les participants sont revenus à maintes reprises sur la consultation comme voie à suivre. « Si les habitants ne font que formuler des exigences envers la makhalla, et la makhalla envers les habitants, nous n’arriverons à rien, a déclaré Mme Kadirova. Nous ne devons pas nous diviser en « vous et nous ». Nous formons un tout. »

Pour de nombreux habitants des nouveaux complexes d’immeubles de grande hauteur en Ouzbékistan, les initiatives de renforcement de la communauté offrent l’occasion de faire connaissance avec des voisins, qu’ils n’auraient autrement que rarement l’occasion de rencontrer, et de renforcer les liens d’amitié.
Pour de nombreux habitants des nouveaux complexes d’immeubles de grande hauteur en Ouzbékistan, les initiatives de renforcement de la communauté offrent l’occasion de faire connaissance avec des voisins, qu’ils n’auraient autrement que rarement l’occasion de rencontrer, et de renforcer les liens d’amitié.
Les programmes bahá’ís d’éducation morale en Ouzbékistan développent la capacité des jeunes à contribuer à la vie de leur quartier par des actes de service.
Les programmes bahá’ís d’éducation morale en Ouzbékistan développent la capacité des jeunes à contribuer à la vie de leur quartier par des actes de service.

La question de la confiance sous-tendait ces discussions. Lorsque les habitants et le comité de la makhalla ne se réunissent que pour résoudre des problèmes, a fait remarquer plus tard M. Rasulov, chacun peut en venir à considérer l’autre comme une fonction plutôt que comme une personne. La confiance, a-t-il suggéré, se construit à mesure que les gens apprennent à se connaître en tant qu’êtres humains. « Ce n’est que par le biais des relations qu’il y aura de la confiance », a-t-il déclaré. Le Bureau des affaires publiques prévoit d’approfondir le thème de la confiance à travers de futures initiatives.

Mme Kadirova a déjà constaté dans sa cour ce que peut devenir un quartier. Lorsque les habitants de son immeuble se sont réunis pour préparer et partager du sumalak, une nouvelle venue dans le quartier a observé avec émerveillement ses voisins partager un repas et organiser des activités pour les jeunes. Pour beaucoup de personnes vivant dans les nouveaux complexes d’immeubles de grande hauteur, a-t-elle expliqué, un tel esprit de communauté est inhabituel : les gens partent tôt le matin et rentrent tard le soir sans interagir les uns avec les autres. Elle a évoqué le type de voisin qu’elle espère avoir et être : « afin que, lorsque ma fille rentrera chez elle à la nuit tombée, un voisin soit là pour l’aider. »

Les rassemblements festifs organisés dans les quartiers où les rencontres visant à renforcer l’esprit communautaire se sont implantées aident les voisins à faire connaissance et favorisent un sentiment d’appartenance à la communauté.
Les rassemblements festifs organisés dans les quartiers où les rencontres visant à renforcer l’esprit communautaire se sont implantées aident les voisins à faire connaissance et favorisent un sentiment d’appartenance à la communauté.
Des familles d’une des makhallas d’Ouzbékistan partagent un repas.
Des familles d’une des makhallas d’Ouzbékistan partagent un repas.
Les initiatives communautaires favorisent les liens d’amitié entre voisins de différentes générations.
Les initiatives communautaires favorisent les liens d’amitié entre voisins de différentes générations.
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