Perspectives du terrain : Un podcast étudie l’interaction entre le travail et le service au sein d’une vie cohérente

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Quels sont les principes fondamentaux qui, lorsqu’ils sont appliqués au monde du travail et à nos interactions avec celui-ci, garantissent l’épanouissement individuel et collectif ?

C’est l’une des questions abordées par Nava Ashraf, professeure d’économie à la London School of Economics et directrice fondatrice de Altruistic Capital Lab, dans le dernier épisode de la série Perspectives du terrain.

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« Le monde du travail traverse aujourd’hui une crise sans précédent », déclare la professeure Ashraf. L’automatisation a bouleversé des secteurs entiers, explique-t-elle, creusant les inégalités et engendrant chez de nombreuses communautés « un sentiment de plus en plus profond de perte de sens ». Ces dernières années, ce sentiment d’aliénation s’est propagé à tous les types de travail, les gens prenant le temps de se demander si la vie qu’ils se sont construite leur apporte véritablement de la joie.

La réponse habituelle – la reconversion professionnelle – laisse une question plus profonde sans réponse. « Nous ignorons quels seront les emplois de demain, déclare-t-elle. Dès lors, la question devient : que signifie contribuer à la société par notre travail, au-delà de la simple rémunération matérielle qu’il nous apporte ? »

Selon elle, une grande partie de la fatigue ressentie au travail trouve son origine dans des « crises de sens et d’objectif » au cours desquelles les individus traversent des cycles dans lesquels chaque nouvel avantage procure une satisfaction éphémère avant que la recherche du suivant ne reprenne.

« C’est dans ces moments-là que nous devons nous tourner vers des solutions spirituelles », poursuit Mme Ashraf. Elle considère cette période d’incertitude comme une occasion de renouer avec « ce qu’il y a de véritablement et profondément humain en nous » : une aspiration au transcendant que la plupart des gens tiennent à l’écart de leur vie professionnelle.

Elle décrit le double objectif moral, un concept qui lie le progrès individuel à celui de la collectivité : considérer le développement de ses propres qualités spirituelles et œuvrer pour le bien de l’humanité comme un processus indissociable.

Elle souligne que ces qualités spirituelles – la générosité, l’espoir et l’amour – ont tout autant de valeur dans le monde du travail. Elles se traduisent, explique Mme Ashraf, par des compétences telles que la patience, la coopération et la capacité à établir des liens et à communiquer avec les autres. S’engager pour le bien de sa communauté, précise-t-elle, consiste à allier ces qualités intérieures à une « volonté d’apprendre la vérité et de percevoir la réalité », c’est-à-dire de comprendre les véritables besoins de sa communauté afin d’identifier les domaines dans lesquels on peut apporter sa contribution.

Dans les initiatives bahá’íes de développement de communautés dont elle a été témoin à travers le monde, les enfants et les jeunes ont la possibilité de découvrir la joie du service rendu dès leur plus jeune âge. Elle a ainsi constaté qu’« ils ont une idée plus claire de ce qui leur procure de la joie, de ce qui leur apporte le vrai bonheur », et qu’ils peuvent commencer à orienter leur parcours professionnel en conséquence.

Mme Ashraf fait remarquer que « tout travail peut être considéré comme un service ». Repenser le travail dans cette optique, explique-t-elle, c’est « imaginer un monde où nous aurions tous envie d’aller travailler parce que nous y verrions le moyen d’apporter notre contribution ».

Ce podcast fait partie de la série Perspectives du terrain.

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