Des expulsions soudaines font craindre l’effacement religieux de la communauté bahá’íe du Qatar

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2026-05-06 - qatar

Paris, le 6 mai 2026 – L’état du Qatar menace plus de 40 % de la population bahá’íe du Qatar d’être expulsée du pays de façon imminente.

La Communauté internationale bahá’íe (BIC) s’alarme de ce que le gouvernement qatari mène une campagne délibérée d’effacement religieux visant l’une des communautés religieuses présentes dans la région depuis plus de 100 ans, dont la présence au Qatar—bien avant la création de l’État qatari moderne—est documentée sur plusieurs décennies.

Ces dernières semaines, la situation s’est encore dégradée : près de la moitié des bahá’ís restants dans le pays sont ciblés, notamment par des détentions illégales, des menaces, des intimidations et des notifications de non-renouvellement de permis de travail, les forçant à quitter le pays.

La majorité de ceux qui sont visés appartiennent à des familles bahá’íes bien établies au Qatar, connues pour leur foi depuis plusieurs générations et décennies avant l’indépendance du pays, et n’ont donc aucune autre patrie vers laquelle se tourner.

Les familles risquent la séparation ou l’éclatement, tandis que ces mesures entraîneront la fermeture de nombreuses entreprises familiales prospères, construites sur des décennies, et priveront de nombreux foyers bahá’ís de leurs moyens de subsistance.

L’année dernière, dans une décision largement saluée, la Cour de cassation du Qatar a annulé un verdict de tribunal inférieur contre un dignitaire bahá’í éminent et a confirmé le droit à la liberté religieuse et à la liberté d’expression.

Il convient également de noter que ce que subissent les bahá’ís au Qatar contraste fortement avec le rôle positif joué par les pays du Golfe depuis de nombreuses années dans la promotion des valeurs de coexistence, de diversité et de tolérance.

La petite communauté bahá’íe du Qatar, respectueuse des lois, a été systématiquement réduite au fil des décennies par des schémas de discrimination et de pression, incluant emprisonnements, séparations familiales, refus d’emploi et départs forcés du pays, uniquement en raison de leur identité bahá’íe.

La BIC appelle le gouvernement qatari à s’abstenir d’utiliser les outils d’immigration pour effacer une minorité religieuse entière et à respecter ses garanties constitutionnelles de liberté de croyance. Elle l’exhorte à mettre fin aux expulsions et à renouveler tous les permis de séjour. Elle l’exhorte également à cesser les actes de discrimination et de déplacement forcé, qu’ils passent par des pressions intolérables sur la vie quotidienne ou par des expulsions, et demande le renouvellement de tous les documents et permis.

Le précédent juridique bienvenu de l’année dernière laisse espérer que les autorités qataries décideront d’inverser ce processus malheureux tant qu’il est encore possible ; en cette période de difficultés régionales, nous faisons appel à leur sens de la justice et de l’équité.

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